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Consommer autrement

Le cacao : un mets savoureux et désastreux

Photo prise le jeudi 07 Février et publiée le 22 décembre 2020 par Eva Elijas
(site internet : Pexel)
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/nourriture-gens-cafe-espace-6261690/

Aujourd’hui le chocolat est un produit disponible partout dans nos supermarchés et à la portée de tous. Noir, au lait, blanc, en tablette à partager, ou sous format individuel, le chocolat est à notre époque un produit décliné sous diverses formes et très abordable. Cependant cela n’a pas toujours été le cas. En effet, les premières cultures de cacaoyer en Mésoamérique remontent à il y a 2000 ans, où les Mayas et les Aztèques consommaient le cacao, en boissons chocolatées amères, très loin du chocolat actuel additionné de sucre. Grâce à sa rareté, ces civilisations précolombiennes s’en servaient également de monnaie d’échange puisque c’était un produit de distinction ou encore d’offrande pour leurs dieux. Mais durant le colonialisme du XVIème siècle, le conquistador Hernan Cortès, débarque et s’empare de la fève qui régalera petits et grands jusqu’à aujourd’hui. 

Afin de répondre à l’engouement de l’aristocratie et de la bourgeoisie pour les boissons à base de cacao, des monocultures sont créées dans des pays colonisés tels que la Côte d’Ivoire ou encore le Ghana car ils répondent aux critères environnementaux de la  culture des cacaoyers. Plus tard, accélérée par la révolution industrielle du XIXème siècle, le chocolat se démocratise, et l’industrie chocolatière élabore une large gamme de produits sous lesquels le chocolat est porposé. On peut donc se demander : en quoi l’évolution de la consommation de chocolat reflète-t-elle le mode de consommation des sociétés modernes en Europe ?

Pour répondre à cette question, nous verrons dans une première partie quels sont les enjeux économiques liés à la consommation et à la production de chocolat. Puis nous évoquerons les différents problèmes qu’elle fait émerger. Et enfin nous présenterons les initiatives mises en place pour lutter contre les problèmes liés à la consommation de chocolat.

Des chocolats à la St-Valentin, est-ce un larcin ?

Le marché du cacao, un marché asymétrique

Actuellement, l’Afrique de l’Ouest concentre les trois quarts de la production mondiale de cacao et c’est la Côte d’Ivoire qui est le leader mondial dans ce domaine, car elle produit à elle seule 40 % du cacao mondial, suivi par le Ghana, loin devant l’Amérique (17 %), et l’Asie (15 %). Ces pays producteurs de cacao constituent ce qu’on appelle la “ceinture du cacao”.

Malgré cela, ce sont seulement six grandes multinationales (Mars, Nestlé, Ferrero, Mondelez Hershey’s, Lindt & Sprüngli et Barry Callebaut ) qui transforment plus de 40 % du cacao produit dans le monde.

« Répartition de 40% du commerce de cacao mondial »
https://www.youtube.com/watch?v=VJYy8k62JuE, publiée le 20 novembre 2021

Le marché mondial du chocolat est florissant, car il représente 7 millions de tonnes vendues par an et si l’on prend l’exemple du salon du chocolat qui s’est déroulé à Paris en 2017, on estime que le chiffre d’affaires total s’élève à 3280 millions d’euros.  Or de nombreuses enquêtes ont dénoncé l’envers du décor de ce marché très lucratif pesant plus de 100 milliards de dollars et dont tout juste 6 % reviendraient aux producteurs. Seules quelques multinationales engrangent des profits mirobolants alors que les petits producteurs peinent à vivre décemment.

Prenons pour exemple la répartition des profits générés par le commerce du chocolat :

  • 44% reviennent à la vente au détail,
  • 35% reviennent au fabricant,
  • 8% pour le broyage et la transformation,
  • 4% pour les taxes et le marketing,
  • 2% pour le transport et le négoce,
  • Et seulement 7% reviennent aux cacaoculteurs.

En 2019, le prix d’achat du cacao au kilo en conventionnel était d’environ 750 francs CFA ce qui correspond à 1,10 €, contre 825 francs CFA soit 1,25 € pour le chocolat équitable auquel il faut ajouter une prime de 30 francs CFA pour la coopérative. De plus, comme il n’existe pas de barème minimum sur ce marché pour l‘achat de la fève de cacao aux producteurs, le prix fluctue constamment en fonction de l’offre et de la demande.

On constate que le marché des fèves de cacao est marqué par de fortes disparités entre les pays producteurs du Sud et les pays consommateurs qui sont principalement des pays du Nord. Le marché du cacao est donc asymétrique entre les petits producteurs et les grandes firmes qui contrôlent l’ensemble de la chaîne de production du chocolat.

L’amour des Européens pour le chocolat

Chaque année, c’est environ 3 millions de tonnes de chocolat qui sont engloutis dans le monde, dont 60 % sont consommés en Europe. Et c’est l’Union Européenne qui est le premier importateur, fabricant et consommateur de chocolat dans le monde. Par exemple, 11 kilos de chocolat sont consommés par personne et par an en Suisse, contre 7 kilos pour la France (cinquième plus grande consommatrice de chocolat dans le monde et septième plus grosse importatrice mondiale de fèves de cacao). Le chocolat demeure le péché mignon des Français avec près de 378 850 tonnes vendues en 2017 et près de 70 % de ce chocolat est vendu dans les grandes surfaces.

 Cependant, Il existe des périodes dans l’année ou les ventes de produits à base de chocolat sont naturellement portées par les fêtes ( Pâques et  Noël), qui représentent à elles seules 12.4 % du chiffre d’affaires annuel, avec 60 % des ventes qui s’effectuent sur la période de décembre.

Fin de partie pour la tablette ?

Depuis que les conquistadors ont rapporté l’or brun du Mexique, le cacao est devenu un produit phare de la mondialisation. Ce marché est lucratif et très fermé, car contrôlé uniquement par quelques multinationales au détriment des pays producteurs. On voit un nouveau problème émerger : la diminution de l’offre des fèves de cacao. En effet, les prévisions sont mauvaises car  les industriels anticipent une possible baisse de l’offre de fèves due à un vieillissement des plantations avec des rendements qui stagnent, voire qui décroissent. Enfin, avec le réchauffement climatique, les scientifiques estiment que la fin du chocolat pourrait intervenir vers 2050.

L’Afrique de l’Ouest est-elle suffisamment défrichée ?

Pas d’arbres pas de chocolat 

Comme nous l’avons vu précédemment, la culture du cacao date de plusieurs siècles. Cette ancienneté des plantations a un impact environnemental direct sur les régions de culture et plus globalement sur le climat. En effet, le cacaoyer vieillit plus vite que les planteurs et la monoculture précipite de surcroît le vieillissement des arbres. Ce décalage dans le temps pousse les cultivateurs à défricher des terrains pour y planter de nouveaux arbres et ainsi assurer leur production de cacao. 

Ces dernières décennies ce “cycle de vie” imposé par les cacaoyers a été la principale raison de la déforestation de masse en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux premiers pays assurant la production mondiale de cacao. En moins de trente ans 85 % des forêts tropicales de la Côte d’Ivoire, soit  13 millions d’hectares de forêts ont été rayées de la carte. De cette déforestation massive découlent de grandes conséquences environnementales, en l’occurrence un appauvrissement des sols, des dérèglements climatiques, l’effondrement de la faune et de la flore locale et la menace des 8 réserves naturelles que compte la Côte d’Ivoire. De ces différents constats résulte un paradoxe : l’éléphant, symbole de la Côte d’Ivoire, est sur le point de s’éteindre. Son habitat étant détruit au profit de cultures nécessaires à l’approvisionnement du pays en richesses indispensables à sa survie.

Photo importée le 22 février 2016 par Pixabay
(site internet : Pexel)
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/homme-cueillant-des-fruits-de-cacao-jaune-50707/

L’or brun c’est salissant

S’ajoutent à l’impact environnemental de lourdes conséquences sociétales. A présent,  la Côte d’Ivoire produit 40 % du cacao mondial et cette production représente une part essentielle du PIB ivoirien (14 %).

La Côte d’Ivoire a donc longtemps privilégié cette culture rémunératrice du cacao. Néanmoins les profits dus au produit de la culture ivoirienne sont répartis de façon très inéquitable. De nombreuses enquêtes ont démontré que sur les 100 milliards de dollars que pèse le marché du cacao, seulement 7 % reviennent aux producteurs. Il faut rappeler que six grandes multinationales se partagent la plus grosse part du marché (40 %). Cette énorme disparité dans la répartition des profits est à l’origine de problèmes sociétaux chez les producteurs. Ces derniers ne sont pas suffisamment rémunérés pour permettre à leurs plantations de perdurer et sont contraints d’avoir recours à des méthodes immorales pour se fournir de la main d’œuvre à bas coût. Dans les plantations de cacao, en moyenne un cultivateur gagne moins d’un dollar par jour, sans parler du travail forcé et de l’esclavage d’enfants qui y est encore d’usage. Chez des familles de cultivateurs les parents ne sont pas suffisamment payés pour pouvoir nourrir et envoyer leurs enfants à l’école, alors ces derniers sont embauchés pour subvenir comme leurs parents aux besoins de la famille. De plus, un trafic d’enfants sévit en Côte d’Ivoire. Des enfants de pays limitrophes plus pauvres sont recrutés de force pour travailler dans les plantations, alors que le travail d’enfant y est illégal. France Info indique qu’ils seraient jusqu’à un million d’enfants à trimer dans les plantations de cacao. 

Et si on desserrait la ceinture du cacao ?

Aux soins de l’homme

Pour pallier les impacts environnementaux, sociétaux, et économiques liés au marché du cacao des projets sont en cours et des initiatives ont été mises en place.

En 2008, la SCEB (Société Coopérative Équitable du Bandama) a été créée pour aider les producteurs à devenir détenteurs de la certification biologique et équitable. Cette certification leur confère un pouvoir de négociation sur le prix de vente du cacao qui sans cela est complètement tributaire des fluctuations et du bon vouloir des multinationales qui se chargent de transformer le cacao et de revendre des produits de gammes variées. 

Le nombre de coopératives pratiquant le commerce équitable est en constante augmentation mais il représente encore une goutte d’eau comparé à la production annuelle de Côte d’Ivoire. 

Consciente de son statut de premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire n’hésite plus à imposer une hausse des prix d’achat du cacao et le paiement d’une prime de 400 dollars par tonne de cacao pour que les producteurs soient décemment rémunérés. 

A terme, régler la question du revenu mettrait fin aux déviances qui gangrènent les cultures de cacao comme le travail forcé, et l’esclavage d’enfants.

Il faut savoir qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Auparavant, les caisses de stabilisation ivoiriennes donnaient aux producteurs de cacao un pouvoir de négociation sur le prix d’achat du cacao. Malheureusement, ces caisses de stabilisation ont été dissoutes en 1999 par perte et profit.

« Enfants cultivateurs dans les plantations de cacao »
publiée sur Arte.TV et YouTube le 20 novembre 2021
https://www.youtube.com/watch?v=VJYy8k62JuE

Aux soins de l’arbre

L’agriculture biologique quant à elle permettrait d’amoindrir l’impact environnemental déjà bien avancé. Dans ce cas présent, un mode d’agriculture moins agressif empêcherait l’appauvrissement précipité des sols, la déforestation de masse légale ou non, la perte de la flore et de la faune locale et enfin l’émission de CO2 responsable de dérèglements climatiques. Concernant la déforestation, la stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI https://www.deforestationimportee.fr/fr/la-sndi-2) s’est fixée pour objectif de stopper la déforestation d’ici 2030. Pour la Côte d’Ivoire, il est essentiel d’œuvrer dans le but de refertiliser les sols car d’autres pays souhaitent devenir producteurs de cacao. Sachant que la Côte d’Ivoire a déjà sacrifié plus de 85 % de ses forêts tropicales pour ce commerce, voir d’autres pays se l’approprier serait un désastre économique et humain pour le pays.

La France agit également dans ce sens. Le mardi 5 octobre 2021, elle a lancé une initiative pour “un cacao plus durable”. Cette initiative réunit les entreprises de la filière du chocolat, les pouvoirs publics, les ONG pour lutter contre la déforestation, le travail forcé d’adultes et d’enfants, et la rémunération indécente des cultivateurs. Les objectifs sont de supprimer l’achat de cacao issu de la déforestation ainsi que le travail d’enfants d’ici 2025 et de faire en sorte que les revenus des cacaoculteurs atteignent un montant correct d’ici 2030.

Retour aux sources 

A propos des solutions envisageables en matière d’écologie pour le cacao, une étude belge publiée sur DailyScience fait part d’un retour à un mode de culture traditionnel moins agressif pour les sols : l’agroforesterie. Contrairement aux cultures intensives, l’agroforesterie consiste à cultiver plusieurs types d’essences en association avec le cacaoyer. Ce mode d’exploitation est plus durable. L’ombre apportée par les autres arbres protège le cacaoyer des maladies et accentue la rétention d’eau, soit empêche l’assèchement des sols. A cela s’ajoute une absorption plus importante du CO2 atmosphérique, ce qui est favorable au ralentissement de l’effet de serre. 

La reprise d’un mode de culture traditionnel constitue aussi un enjeu économique. En diversifiant les essences au sein de leurs plantations, les cultivateurs varient leurs sources de bénéfices. Progressivement, ces nouveaux apports de revenus permettraient aux cultivateurs de devenir moins dépendants du marché du cacao qui règne en maître en Afrique de l’Ouest.

Conclusion 

Il ressort de cette analyse que la transformation du cacao et la consommation de chocolat se concentrent essentiellement dans les pays au Nord du globe, notamment l’Amérique du Nord, les pays de l’Union Européenne, ainsi que l’Asie et l’Inde en moindre part.

L’analyse démontre également que d’importantes disparités perdurent dans la répartition des profits générés par le commerce du cacao et du chocolat. Ces profits sont pour la plupart récoltés par des multinationales au détriment des petits producteurs, ce qui engendre des impacts environnementaux, sociétaux et économiques considérables. 

Cependant des initiatives pour pallier les effets néfastes du commerce du cacao sont en cours de réflexion ou déjà mises en œuvre sur le terrain. Pour l’heure, ces initiatives visant à rendre le marché du cacao plus durable et moins nocif concernent qu’une infime proportion des coopératives de cacaoculteurs. Mais cette proportion de cultures se tournant vers le commerce équitable et l’agriculture biologique ne cesse de croître. Reste à savoir si les objectifs fixés par les ONG, les industriels du chocolat et les autres acteurs de ce commerce seront respectés. 

En attendant cette version du commerce de cacao respectueuse de l’humain et de l’environnement, il reste un rôle à jouer. Les consommateurs sont de mieux en mieux informés sur la nature des produits qu’ils consomment et sur la manière dont ils sont élaborés. Il ne tient qu’à eux, à nous, de nous tourner vers des produits dont la conception répond aux critères des initiatives évoquées plus tôt. Il est aussi envisageable de s’intéresser de nouveau à l’achat de matières premières afin de réaliser soi-même ses produits chocolatés maison. A force de subir des transformations à outrance, le cacao se retrouve noyé dans une multitude d’ingrédients et d’additifs, parfois néfastes pour la santé, qui en altèrent la saveur plus qu’ils ne la subliment.

Peut-être est-il temps de redécouvrir le goût du cacao. Ce goût offert aux dieux Aztèques, jadis.

« Préparation de boisson à base de cacao chez les Aztèques » Photo tirée du livre « La nourriture des dieux : un récit populaire du cacao » de Brandon Head et publié dans le journal « L’âge de faire », en janvier 2020

Joséphine SCHNEUWLY et Valentine VIEILLE

Etudiantes en BTSA ANABIOTEC (Analyses agricoles biologiques et biotechnologiques ) à l’ENIL (Ecole Nationale d’Industrie Laitière) de Mamirolle (Besançon, 25)

Article publié le 4 janvier 2022

BIBLIOGRAPHIE :

 Claudia COHEN. Le chocolat, les Français en consomment plus de 7kg par an. Publié le 31/10/2018 à 05:30 sur le journal Le Figaro numéro 23084 [en ligne]. [Consulté le 28/12/2021]. Disponible sur :

https://www.lefigaro.fr/conso/2018/10/31/20010-20181031ARTFIG00004-chocolat-les-francais-en-consomment-plus-de-7kg-par-an.php

  • Camille Stassart.“Un cacao durable et éthique par le retour des pratiques traditionnelles” Publié le 10/09/2020 sur le site web Science Daily . [en ligne]. [Consulté le 28/12/2021]. Disponible sur :

  • Emission ARTE.  “Cacao : à qui profite le chocolat ? – le dessous des cartes”. Mis en ligne le 20 novembre 2021 sur Youtube par le compte “ARTE”. [En ligne]. Consulté le 01/01/2022. Disponible sur :
  • France 24, avec pour invité de l’émission Frédéric Amiel.  “Le cacao symbole de la mondialisation”. Publié le 24/12/2021 sur la plateforme “Youtube” [en ligne]. [Consulté le 28/12/2021]. Disponible sur :
  • Nicole Gellot (journaliste) / Fabien Ginisty (journaliste).  De la fève de cacao à la tablette de chocolat. Publié en janvier 2020, sur le journal Age de faire [en format papier ]. [Consulté le 28/12/2021]. Disponible dans les archives de l’ENIL. 
  • Non mentionné mais le  directeur de publication : Damien Coméliau.“La France lance à son tour une initiative sur le cacao durable” Publié le 5 octobre 2021 sur le site internet ID [en ligne].[Consulté le 28/12/2021]. Disponible sur :

https://www.linfodurable.fr/conso/la-france-lance-son-tour-une-initiative-sur-le-cacao-durable-28915

  • Non mentionné . Une initiative française pour un cacao durable. Publié le mardi 5 octobre 2021 sur le site du ministère de la transition écologique [en ligne]. [Consulté le 28/12/2021]. Disponible sur :

https://www.ecologie.gouv.fr/initiative-francaise-cacao-durable

  • Non mentionné (Directeur de la Rédaction : Nicolas BARRÉ). “Dissolution de la caisse ivoirienne de stabilisation des produits agricoles”  Publié le 22/01/1999 sur le journal LesEchos . [en ligne]. [Consulté le 28/12/2021]. Disponible sur :

https://www.lesechos.fr/1999/01/dissolution-de-la-caisse-ivoirienne-de-stabilisation-des-produits-agricoles-761759

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La consommation éco-responsable ? Une solution ? Pourquoi ?

Pour commencer

De nos jours, nous vivons dans une société où notre modèle économique est dominé par la volonté d’augmenter les volumes de production et les volumes de consommation. De plus, l’économie mondiale repose sur le pétrole, ce qui pose problème car c’est une énergie non renouvelable. Ainsi, les experts et les agences environnementales essaient de repenser notre mode de production et de consommation. Ils incitent les citoyens à réaliser de plus en plus d’action écoresponsable. Mais qu’est-ce que la consommation éco-responsable ? La consommation responsable consiste à consommer en conscience, c’est-à-dire bien choisir son mode de consommation dans le but de respecter au maximum l’environnement. Ce mode de consommation est basé sur 3 piliers du développement durable, c’est à dire le respect de la planète, bénéfique d’un point de vue économique et avantageuse pour la santé et la société. Et peu à peu, il y a une prise de conscience des citoyens sur les ravages de l’hyper consommation. En effet, la production de toutes sortes de produits a un effet néfaste sur l’environnement alors réduire sa consommation ou consommer de façon responsable réduirait la pollution de l’environnement. Nous verrons dans un premier temps le point de vue des citoyens puis celui des agences environnementales et des experts. Enfin nous verrons les exemples d’entreprises qui changent leur mode de production pour avoir un impact environnemental plus faible.

Photo de Tom Fisk provenant de Pexel

En France, les 3/4 des importations et exportations sont font par voies maritimes. Les navires français transportent annuellement plus de 300 millions de tonnes de marchandises. La pollution d’un seul cargo équivaut à environ 50 millions de voitures dans les cas où la teneur en soufre est encore de 3,5 %

Et les citoyens ? Que pensent-ils de la consommation écoresponsable ?

Depuis quelques années, il y a une vraie prise de conscience des citoyens, d’après Catherine Vincent, ils sont 77% à déclarer préférer utiliser un produit plutôt que de le posséder et 62% à acheter des vêtements d’occasions, une étude montre que les français achètent de moins en moins de biens matériels. 

Selon l’Obsoco, une partie des français aspire à consommer mieux. Les Français ont de plus en plus tendance à recourir à des produits locaux et bio, ou à des produits d’occasions. D’après ces chiffres on peut percevoir une volonté chez les français de consommer mieux. En effet, les citoyens ont de plus en plus conscience que ce qu’ils achètent ont un impact sur l’environnement et leur santé, on voit aussi apparaître une défiance des citoyens envers les lobbies.

 Cette prise de conscience est aussi dû à une éducation plus « éco responsable ». Depuis les années 2000 le ministère de l’éducation développe l’éducation au changement climatique dans les collèges et lycées par exemple avec la création des éco-délégués depuis 2019. Et donc la question de la consommation éco-responsable se pose et crée des débats dans les salles de classe. L’éducation à l’écologie et au respect de l’environnement peut aussi être enseignée dans les entreprises. Par exemple à Cholet un fabricant de pneu sensibilise ses salariés sur ces enjeux. Ces initiatives favorisent la prise de conscience des citoyens et permettent à terme une augmentation de la consommation éco-responsable. 

Même si la consommation responsable progresse, les français ne veulent pas endosser l’effort du développement durable seul. Il attendent que chacun assume son rôle, chacun peut individuellement changer son mode de consommation mais les institutions et les entreprises doivent aussi faire leur part de travail. Dans le mode de consommation des français, il y a plusieurs critères comme le respect du bien-être animal, leur propre santé, l’impact environnemental, les conditions et la rémunération des producteurs. Ainsi 69% des français considèrent le bien-être animal dans leurs décisions d’achats. De plus, de nombreux français préfèrent consommer autant mais mieux et même moins mais mieux. Ils sont également nombreux à privilégier les circuits et les produits bio. Enfin les consommateurs français peuvent faire changer les entreprises en réclamant des produits plus éco-responsables. Par exemple, c’est le cas de l’entreprise McDonald’s qui a créé un burger végétarien à la suite de demandes des consommateurs. 

Photo de Anete Lusina venant de pexels

Petit à petit le gouvernement et les collectivités territoriales se mettent à inciter les citoyens à recycler, à réparer, de plus en plus de pub incite à manger mieux comme depuis quelques années déjà, “manger 5 fruits et légumes par jour”. Par exemple, la collectivité de l ‘intercommunalité Est Ensemble, en Seine-Saint-Denis, va lancer la première convention citoyenne locale pour la transition écologique. Elle a pour but de créer un électrochoc au niveau de la population mais aussi de regarder les problèmes en face. D’après eux les villes sont 70%  des émissions de gaz et donc 70% de solution aux problèmes climatiques. Il propose des solutions comme travailler sur le recyclage massif des déchets. 

Le point de vue des experts et agence environnementales

Le GIEC, qui est un groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a révélé que l’élevage et notre consommation de produits d’origine animale, notamment celle de ruminants (bœuf et agneau), est un des facteurs les plus importants de la crise climatique. Les Européens et les Américains, pour éviter des dommages environnementaux catastrophiques et irréversibles, devraient en moyenne réduire leur consommation de viande de 90 %, et celle de produits laitiers de 60 %.

Depuis les années 1990, on observe un intérêt renouvelé des institutions publiques pour la sphère de la consommation, afin d’en éliminer les effets jugés négatifs. A l’aide d’initiatives et de projets engagés, ils cherchent à faire prendre conscience au individue de la nécessité d’adapter ces habitude de consommation. Depuis quelques années, l’Éducation National s’implique de plus en plus dans l’éducation des plus jeunes sur le changement climatique et ses solutions par des interventions d’associations pour l’écologie et par leurs professeurs qui doivent recevoir des connaissances nécessaires pour l’enseigner. 

Selon l’ADEME (Agence de la transition écologique), il faudrait mieux connaître les impacts et les produits plus respectueux de l’environnement pour agir sur les modes de production et de consommation. Notre modèle économique est dominé par le fait de vouloir augmenter les volumes de consommations et les volumes de production. Mais de plus en plus les consommateurs prennent conscience de la crise climatique et préfèrent acheter des produits de qualités avec de meilleures performances environnementales ce qui fait évoluer nos pratiques de consommation vers plus de durabilité

Les exemples des entreprises qui changent leur mode de production.

De nos jours, il y a de nombreuses entreprises qui se créent avec pour seul but, le recyclage. l’entreprise Dumpster Diving Mama et un label connu pour revendre des produits trouvés dans les poubelles des magasins. D’autres déjà existantes se renouvellent en faisant des innovation verte et écologique comme les montre solaire de Cartier.

Une entreprise en Meurthe et Moselle achète des rouleaux de papiers recyclés pour en faire des flocons qui servent à caler les produits qui doivent voyager. Ainsi ça prend moins de place et c’est donc plus facile et moins cher à transporter.

En résumé

Pour conclure nous voyons que l’écologie et la consommation éco-responsable est devenue omniprésente dans nos vies. Nous apprenons à vivre et consommer écologiquement et nous éduquons les plus jeunes à une consommation éco-responsable et vivre écologiquement. De plus en plus les entreprises s’adaptent, créent de nouvelles technologies vertes et innovation écologique. Les consommateurs s’orientent de plus en plus à acheter des produits recyclés, d’occasion et durables pour moins consommer. Les villes et collectivités travaillent sur des solutions comme la création d’espaces verts.

Il y a une vraie prise de conscience chez les consommateurs, les français ont en effet de plus en plus conscience que ce qu’ils achètent ont un impact sur leur santé et sur l’environnement. et donc qu’ils peuvent modifier cet impact en achetant des produits plus éco-responsables. La consommation de produits peu importe le domaine et donc la production des produits polluent énormément notre planète. Acheter des produits éco-responsables, faire réparer, les produits de seconde main sont autant de solutions aux problèmes climatiques.  

Bibliographie :

L’ADEME Grand Est. (Agence de la transition écologique). Limiter les impacts par nos choix de consommation. https://grand-est.ademe.fr/expertises/consommer-autrement/comportements-eco-responsables/limiter-les-impacts-par-nos-choix-de-consommation

Ceerd, centre ressource du développement durable (association à but non lucratif) [en ligne]   http://www.cerdd.org/Parcours-thematiques/Changement-climatique/Production-consommation-responsables

L’Est Républicain (journal)  « Il n’y a pas de solution sans éducation » https://nouveau.europresse.com/Link/U032720T_1/news%c2%b720211117%c2%b7ERP%c2%b7ac2bfe9c484b4780abc743748c6ce386

Madame Figaro : Ecologie 30 idées pour agir https://nouveau.europresse.com/Link/U032720T_1/news%c2%b720211126%c2%b7LFB%c2%b7902%c3%9720%c3%9723384796854

L’Humanité : Les villes représentent 70 % des solutions https://nouveau.europresse.com/Link/U032720T_1/news%c2%b720201223%c2%b7HU%c2%b7460894

Lucie Moy : Sensibiliser au réchauffement climatique, à ses causes… https://nouveau.europresse.com/Link/U032720T_1/news%c2%b720201005%c2%b7OF%c2%b7613a92de-066e-11eb-811d-56b219be1267

Yannick Rumpala. La « consommation durable » comme nouvelle phase d’une gouvernementalisation de la consommation. https://www.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2009-5-page-967.htmSee?contenu=resume

Catherine Vincent. Consommer mieux, une philosophie de vie. Le Monde https://0251202w.esidoc.fr/document/id_mmf2019_489226.html

Catherine Vincent et interview d’Emilie Hache. Vous ne prendrez pas le réchauffement climatique comme une fatalité. Le Monde https://0251202w.esidoc.fr/document/id_0251202w_40020.html

Catherine Vincent et interview de Jonathan Safran Foer. Jonathan Safran Foer « Il nous faut devenir des gens qui ne volent rien à la planète ». Le Monde https://0251202w.esidoc.fr/document/id_0251202w_33410.html

Le Monde : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/11/14/un-cargo-pollue-t-il-autant-que-toutes-les-voitures-francaises_5383604_4355770.html

Thomas CHAPUIS et Mattéo RAVIER