Développement durable dans les villes du Nord et du Sud

Sur le thème « La ville en mutation », nous avons décidé de travailler sur le développement durable dans les villes développées et non développées, en nous demandant si les villes du Nord peuvent se permettre d’imposer un modèle de développement durable aux villes du Sud. Afin de répondre à notre problématique, nous nous sommes appuyées sur des documents rédigés par des écologistes (Nicolas Hulot, Pierre Rahbi)  des économistes (Sylvie Brunel), des experts en développement durable, comme Anne-Marie Ducroux, ou encore au porte parole du plus grand réseau écologiste mondial, « Les amis de la Terre France », Ben Lefetey.

Le développement durable dans les villes du Nord

Les premiers concepts mis en place en faveur du développement durable datent de 1948 avec la création de l’union internationale pour la protection de la nature. Mais la notion de développement durable n’apparait qu’en 1987 lorsque la Commission mondiale sur l’environnement et le développement publie Notre avenir à tous. La citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien, est retenue comme définition du développement durable. Ce sera donc « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». L’homme d’aujourd’hui ne doit pas gaspiller les ressources non renouvelables, il doit se contenter de consommer que ce dont il a besoin, limiter au maximum la pollution, des terres, comme de l’eau ou de l’air. Il se base sur trois piliers : économie, société et environnement.

Pour que le développement soit durable il faut donc prendre en compte tous les piliers. Seulement il n’est pas abordé de la même manière selon les pays, certains ont une logique de soutenabilité faible, ce sont principalement les pays en développement. C’est-à-dire qu’il substitue du capital naturel (environnement) au capital physique (économie), tandis que la majorité des pays occidentaux se base sur une soutenabilité forte.

La population prend conscience qu’il faut agir en faveur d’une soutenabilité forte. Plusieurs associations, qui ont pour but de défendre la nature, ont vu le jour, telles que WWF (1961), Greenpeace (1971), Guerilla Gardening (2004)… Ces associations ont permis de montrer à la population le danger qu’encoure la planète. Dans les villes du Nord des moyens sont mis en œuvre pour purifier l’air que les citadins respirent au quotidien. Pour cela la nature est réintroduite dans les villes. Grace par exemple aux parcs, comme en Espagne, à Valence, où l’ancien lit du fleuve Turia, qui a été détourné, à été réaménagé en parc. Les architectes des pays du Nord, par exemple Vincent créent de nouveaux concepts, tel que les fermes verticales, bien que leur but premier soit de nourrir la ville, elles ont aussi comme avantage de purifier l’air. De plus elles sont plus écologiques qu’une ferme classique puisqu’elles utilisent moins d’eau et moins d’énergie. Au cœur de Singapour, sur 120 tours de 9 mètres de haut poussent des légumes depuis 2013. Une forêt verticale, Bosco Verticale, à été construite à Milan, fin 2013. En effet, cette ville fait partie des 4 villes les plus polluée d’Europe. Le centre commercial parisien Beaugrenelle, possède une toiture végétalisée de 7000 mètres carrés ainsi que des ruches. Pour que cela soit vraiment efficace il faut limiter l’émission de CO2 au niveau des entreprises avec la création de lois. Par exemple la règlementation, la taxation ou la mise en place d’un marché de quotas d’émissions. Mais l’une des plus grande sources de pollution en ville est la voiture, c’est pour quoi les villes mettent en place des moyens de locomotion pour limiter la pollution. Ville desservie par le train, transport en commun tels que le bus, le tramway, les vélos … Les voitures sont aussi de moins en moins polluantes et invention de la voiture électrique. Les villes du Nord mettent en œuvre des moyens pour lutter contre la pollution mais cela suffit-il pour un développement durable ?

La pollution des villes du Sud

Les villes du Sud privilégient leur développement à l’environnement. La santé de la population vivant dans ces villes, ainsi que la destruction de la nature ne préoccupent pas les entreprises installées dans ces villes, car leur seul objectif est d’augmenter leur profit personnel. Ainsi, de nombreuses villes du Sud polluent l’air en émettant des gaz à effets de serre en grande quantité, tel que le CO2. Une telle émission peut alors produire des nuages de pollutions, appelés « SMOG », contraction des mots anglais « smoke » (fumée) et « fog » (brouillard). Ces nuages sont présents dans de nombreuses villes, comme par exemple Pékin, plongée dans un brouillard presque permanent, comme nous pouvons le voir dans l’article du journal « Le Monde » du 17 octobre 2013, ou encore la ville d’Hairbin, située dans le nord de la Chine, recouverte d’un immense nuage de pollution appelé « Airpocalypse » par les chinois, visible depuis l’espace. Il est difficile d’éliminer les polluants des smogs, car la pluie peut donner des pluies acides, et si la ville est située entre deux montagnes, les courants d’air sont réduits, ce qui entraîne l’accumulation de smog et l’incapacité de la réduire.

 Smog en Chine

Source : Flickr

Pourtant, une forte pollution peut entraîner des dommages pour la santé.

En effet, d’après l’article du Monde, paru le 17 octobre 2013, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) ont démontré que l’air pollué est à l’origine de plusieurs cancers, notamment du cancer du poumon, et très certainement de la vessie, mêmes si les effets de cette pollution étaient déjà « connus pour augmenter les risques de contracter des maladies principalement respiratoires et cardiaques ».Nous pouvons lire qu’en 2010, 223 milliers de personnes sont décédées d’un cancer du poumon causé par la pollution atmosphérique. De plus, une étude démontre que cette pollution est néfaste pour le développement d’un fœtus. Ainsi, en voulant privilégier le développement à la santé des habitants, la population se retrouve atteinte de diverses maladies ou problèmes de santé.

Les intentions du Nord : écologiques ou dominatrices ?

Pour un meilleur développement durable il faut une participation au niveau mondial. Les écologistes tirent la sonnette d’alarme, notre planète est en danger. Nous pillons ses ressources, nous détruisons la couche d’ozone… Nous compromettons l’avenir des générations futures en gaspillant les ressources non renouvelables. Par exemple l’empreinte environnementale de Londres est 120 fois supérieure à sa superficie. Il y a une décroissance des terres due à l’urbanisation. Nous mettons en danger notre santé, en ville, l’air que nous respirons est à l’origine d’une grande partie des cancers. Par exemple respirer l’air de Milan équivaut à fumer 15 cigarettes par jour. Les écologistes nous le disent depuis les années 1960 mais les premières grandes réactions des pays furent plus tardives et longues. En effet adopter un comportement en accord avec le développement durable a un certain coût, c’est pourquoi il faut du temps pour trouver un moyen de compenser les pertes. Mais tous ne sont pas prêts à faire ce sacrifice. Les pays du Nord demandent aux villes du Sud de faire du développement durable car des scientifiques ont déclaré que nous foncions dans un mur et qu’il fallait agir au plus vite pour sauver la planète. Et que si les villes des pays en développement ne font pas cet effort alors les pays occidentaux vont eux aussi en subir les conséquences. Mais ceci et le point de vu des écologistes, tout le monde ne pense pas pareil.

En effet les villes occidentales reprochent au Sud de ne pas faire d’effort pour le développement durable mais lorsque c’était elles qui se développaient, elles ne se sont pas inquiétées de l’environnement. Les pays développés n’ont-ils pas une responsabilité historique en qui concerne la pollution actuelle ? Le Nord a aussi été en développement, il sait donc que l’économie est indispensable pour se développer donc s’il demande au Sud de faire du développement durable n’est ce pas pour freiner leur développement afin de monopoliser le marché ? De plus la plus part des pays du Sud ont emprunté au pays du Nord avec des taux d’intérêt élevés, ce qui fait que certains pays ont remboursé près de trois fois ce qu’ils devaient au départ. « Ce sont les pays du Nord qui ont une dette écologique vis-à-vis des pays du sud. […] En quelque sorte, les pays appauvris du Sud subventionnent les pays riches du Nord » Ben Lefetey. Le Nord reproche au Sud de privilégier l’économie au développement durable alors que les entreprises occidentales veulent elles aussi gagner de l’argent pour se développer. En France, par exemple, l’augmentation de la taxe carbone pose problème en effet il y a un risque que les entreprises délocalisent dans des villes où il y a possibilité de polluer plus grâce à une législation plus souple. Le Nord va donc polluer le Sud pour avoir une meilleur compétitivité prix, alors que si le Sud a besoin d’argent c’est pour développer le pays, améliorer la qualité de vie de ces habitants. Le Nord a les moyens de faire du développement durable grâce à son avancé technologique, par exemple, pour fabriquer le même produit, la Chine consomme dix fois plus d’énergie que le Japon. Et pourtant le Nord utilise 60% de l’énergie et 49% du gaz carbonique émis dans l’atmosphère provient d’une cinquantaine de pays du Nord. Les États-Unis n’ont pas fait l’effort de signer le protocole de Kyoto. Le Nord est conscient qu’il faut agir rapidement pour protéger l’environnement mais ne fait pas suffisamment d’effort de peur de sacrifier le pilier économie. De plus il pourrait aider le Sud à faire du développement durable en partageant ces avancées technologique mais ne le fait pas au nom de la propriété intellectuelle.

Nous pouvons donc conclure que le développement durable est encré dans toutes les sociétés, mais pas de la même manière : les villes développées privilégient l’environnement, alors que les villes en développement se basent sur le côté économique. Mais alors que les villes du Nord se rendent compte qu’il faut agir en faveur de l’environnement, les industries situées dans les villes du Sud continuent de se développer afin d’améliorer leur niveau de vie, polluent l’air, et provoquent des smogs, nocifs pour la santé. Les écologistes souhaitent donc un développement durable dans ces villes, en réintroduisant la nature dans les villes et en limitant l’émission de CO2 par exemple. Cependant, certains économistes pensent que le Nord se sert des idées des écologistes pour  dominer le Sud, en les empêchant ainsi de se développer.

 

JACQUIN Emilie

ISABEY Claudia

 Bibliographie

 

–   Brunel, Sylvie. http://ww.scienceshumaines.com/les-ambiguites-du-developpement-durable_fr_13912.htlm

 

–   Cellier, Jean-Luc. http://jeanluc.cellier.pagesperso-orange.fr/La%20pollution%20atmosph%E9rique.htm

 

 –   Ducroux, Anne-Marie. Les biens et les maux. Les nouveaux utopistes du développement durable.    

 

 –   Hulot, Nicolas ; Rahbi, Pierre. Graines de possibles : regards croisés sur l’écologie.  

 

 

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4 Responses to Développement durable dans les villes du Nord et du Sud

  1. MAIREY Emilien says:

    sujet interessant et d’actualité car la pollution et l’ecologie sont au centre des debats en ce moment. Il y a beaucoup d’exemples qui permettent d’illustrer vos arguments et qui nous permettent de mieux comprendre les effets et la cause de la pollution dans les grandes comme les petites villes
    pour moi c’est un bon travail !

  2. Garcia Célie says:

    Je trouve que votre sujet est très intéressant et que vous l’avez très bien abordé. Vos exemples sont très utiles et aident la compréhension.
    Le fait que vous ayez inséré des images pour illustrer vos propos permet de rendre la lecture plus agréable.

  3. gillet anais says:

    J’aime beaucoup votre sujet de blog, il me rappelle mon projet de première et terminale. votre développement est très intéressant et nous apprend beaucoup de choses sur la différences des villes du nord et du sud, on se rend d’avantage compte des inégalités.

  4. Maillard Gaïa says:

    Comme l’énonce les commentaires précédents, je trouve que ce sujet est d’actualité.
    Il est vrai que l’idéal serait d’économiser les ressources non renouvelables mais ce n’est pas toujours possible. Je savais que la pollution des villes pouvait provoquer certain cancer comme celui du poumon, mais je ne pensais pas que cela concernait aussi celui de la vessie.
    Vous montrez bien à travers vos exemples le paradoxe entre les pays du Nord, qui ne veulent pas diffuser leur savoir, et les pays du Sud qui se préoccupe surtout de leur développement économique et non durable.
    Je trouve que vous avez fait du bon travail et que vos exemples aident à comprendre vos nombreux arguments.