En quoi l’économie sociale et solidaire dans le domaine de l’agriculture permet-elle de réduire notre impact sur l’environnement ?

Depuis les années 1970, l’économie solidaire a permis de répondre aux nouveaux besoins de notre société en apportant des réponses à des préoccupations telles que le chômage ou encore l’exclusion sociale. Suite à  cela, les acteurs du domaine agricole ont décidé de défendre des projets de production durable en utilisant des circuits courts et en réduisant l’impact environnemental.

Du côté français

En France, l’organisation la plus répandue est le système de statut coopératif agricole. Ce système repose sur un engagement sérieux de la part des agriculteurs qui permet de faire ressortir le lien social,  la fraternité et la solidarité.

La coopération se développe

La coopération se définit par une mise en commun des ressources telles que les équipements, les bâtiments et le matériel. Cette mutualisation entraîne une baisse des coûts liés à l’achat, à la location, à la réparation ou à l’entretien du matériel ou des locaux. La baisse des coûts permet ensuite une approche plus raisonnée du travail agricole et entraîne une réduction des habitudes de production néfastes à l’environnement.

Par ailleurs, certaines CUMA (société coopérative agricole) proposent des services dans les communes qui leur sont rattachées : élagage des arbres, entretien des chemins ou bords de route, déneigement… Cela favorise et renforce les liens sociaux entre les individus.

Certaines entreprises sociales se tournent également vers l’agriculture. En effet de plus en plus de structures forment leurs employés au travail dans le monde agricole afin de leur permettre une insertion sociale et, pour les personnes en situation de handicap, la possibilité de gagner en autonomie.

Impact carbone surveillé

Life Carbon Dairy est un programme mis en place par le CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière), les chambres d’agriculture et les entreprises de conseil en élevage. Ce programme a pour but de sensibiliser les acteurs de la filière du lait sur leur impact carbone et de trouver avec eux des solutions afin de réduire ou limiter celui-ci. Cette réduction de l’impact carbone s’organise d’un point de vue environnemental avec une diminution de l’émission de gaz à effet de serre, de l’azote rejeté dans l’air ou l’eau et enfin la diminution de la consommation des énergies fossiles. Un entreprise bien connue telle que Actalia propose une formation et un management des entreprises partenaires à l’aide de cet outil d’évaluation environnemental.

Pixabay https://pixabay.com/fr/machine-agricole-moulinet-champ-2138996/

Pixabay
https://pixabay.com/fr/machine-agricole-moulinet-champ-2138996/

 

Du côté d’autres pays

Au fil des années les pays en voie de développement ont cherché à posséder des systèmes économiques proches des nôtres dans le but d’obtenir un niveau de vie égal à celui des pays développés.

Innovation en Afrique

Sur le continent africain, l’association Zébunet offre un financement via un système de microcrédit. Une ou plusieurs personnes ayant envie d’aider la réalisation d’une action de solidarité vont investir dans un animal en donnant les fonds nécessaires pour s’occuper de celui-ci. Quand l’animal permet à son éleveur de gagner de l’argent, les personnes (investisseurs) retrouvent leur fonds d’investissement. Cela permet par la suite de réinvestir l’argent pour un nouvel animal ou même encore de faire un don à l’association.

Toujours sur le continent africain, mais cette fois-ci au niveau du Burkina Faso, un projet a été mis en place par différents organismes afin d’accroître les revenus des populations locales tout en conservant une agriculture biologique. Ses actions se caractérisent par la création  de structures, de groupements ou fédérations de producteurs (laiterie, miellerie ou élevage). Une démarche de sensibilisation à l’agroécologie est également mise en place: cette forme d’agriculture permet une réduction des coûts de production ainsi que l’obtention d’une meilleure qualité des produits.

Enfin, cette démarche vise également les consommateurs: les produits issus de ce programme sont de meilleure qualité et ne sont pas réservés aux classes aisées. Leur facilité d’accès permet leur consommation par un grand nombre de personnes.

Chez nos amis francophones

Pour terminer notre tour du monde, nous nous intéresserons à Haïti: un pays dans lequel les ressources naturelles sont mal gérées. Cela influence l’agriculture locale et entraîne le pays dans une crise de la faim. Pour aider Haïti,  des institutions comme certaines ONG locales ou l’association AVF travaillent en partenariat et apportent des aides dans les filières laitières (acquisition de vaches), dans la commercialisation des végétaux ou encore dans le secteur de la pêche.

Flickr https://www.flickr.com/photos/cifor/43395624012

Flickr
https://www.flickr.com/photos/cifor/43395624012

 

Pour conclure

Depuis quelques années, on remarque que l’objectif du monde agricole est le développement de structures solidaires qui permettent la mise en commun des ressources et favorisent l’équipement des exploitations d’un point de vue technologique. Ce même progrès technologique a pour but de réduire notre impact sur l’environnement. Cette prise de conscience s’est énormément généralisée et, désormais, nous trouvons beaucoup d’organismes ou de sites participatifs tels que Blue Bees qui permettent le financement de projets respectueux de l’environnement.

Pour nous permettre de changer notre agriculture et améliorer la qualité des produits que nous consommons, il faut repenser le modèle économique actuel lié au secteur agricole. En cela l’économie sociale et solidaire est une bonne réponse (circuits courts, maintien des petites exploitations, ouverture du monde agricole aux jeunes) .

Malheureusement, certain regroupements coopératifs agricoles perdent de vue l’économie sociale et solidaire car ils ne pensent qu’à réaliser des profits au détriment de tous les objectifs qualitatifs, technologiques et environnementaux visés par les coopératives.

DAVAL Claire, VALLET Delphine

Bibliographie

  • Bargain, Véronique. Réduire l’impact environnemental du lait. RLF (Revue Laitière Française), Juin 2018, n°782, pp. 18-25. Respect de l’environnement dans le domaine de l’agriculture.
  • Bellet, Gildas. Agriculture : La solution CUMA. Le bimsa (Bulletin d’Information de la Mutualité Sociale Agricole), Septembre 2015, n°156, pp. 15-23. Organisation collective des agriculteurs pour l’environnement et l’économie.
  • Biaggini, François. Jean Martin joue la carte RSE. RIA (La Revue de l’Industrie Agroalimentaire), Février 2018, n°797, p. 15. Solution pour les PME savoir être pour le social, l’économie et l’environnement.
  • Millou, Estelle. Zébunet ou le micro-crédit appliqué à l’élevage; Haïti : un pays qui a faim. L’âge de faire, Février 2009, n°28. Solidarité dans les pays où la pauvreté est plus que présente grâce notamment à l’agriculture.
  • MIRAMAP. Table ronde: “Quelle est la place de l’agriculture dans l’économie sociale et solidaire aujourd’hui ?” [vidéo en ligne]. IN miramap.org [en ligne]. Miramap,27 mars 2012 [consulté le 12 décembre 2018]. 1 vidéo 43min 13s. Disponible sur : http://miramap.org/Quelle-est-la-place-de-l.html
This entry was posted in La solidarité and tagged , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

4 Responses to En quoi l’économie sociale et solidaire dans le domaine de l’agriculture permet-elle de réduire notre impact sur l’environnement ?

  1. btsenil says:

    Votre article est bien structuré et très complet. Le sujet traité est bien d’actualité. En effet, il reprend les trois piliers du développement durable. Il aborde l’aspect social où sont exposés les différents systèmes communautaires dans le milieu agricole, le côté durabilité avec la présentation du programme de la CNIEL et l’aspect économique avec des exemples de moyens de financement en Afrique. Le fait d’avoir parlé de la mise en place d’une économie sociale et solidaire dans les pays développés et dans des zones en difficultés (Afrique et Haïti) permet de bien nous rendre compte que les modèles agricoles sont très différents d’une région à l’autre du monde (notamment avec l’utilisation des deux images).
    Vous avez bien mis en avant qu’il faut soutenir et généraliser le modèle social et solidaire dans le monde agricole pour que l’agriculture contribue à la réduction de notre impact sur l’environnement, même si cela reste compliqué car beaucoup sont à la recherche du profit avant tout.
    Valentin Rougemont

  2. btsenil says:

    Votre article est pertinent. L’agriculture est la base de la « chaîne alimentaire » de la production de nourriture, et est donc d’un enjeu majeur. Les problèmes écologiques et l’amélioration de la qualité des aliments sera d’ailleurs probablement une des préoccupations premières des années à venir. Les solutions proposées dans l’article sont intéressantes. Les circuits courts et la coopération locale à fait preuve de réussite (comme l’attestent les exemples donnés), ce qui encourage à poursuivre dans ce sens. Il aurait pu être souhaitable de présenter les avantages de la traction animale sur la traction mécanique, car les bêtes sont plus respectueuses des sols, maintiennent « gratuitement » et sans effort pour l’agriculteur la prairie et la fertilité du terrain et sont non-polluants. Des solutions judicieuses ont également été avancées concernant les pays pauvres, permettant d’améliorer les rendements (qualitativement et quantitativement) et donc d’augmenter le niveau de vie de ses populations. Pour en revenir à la France, une solution non présentée mais qui me semble intéressante, serait de favoriser les exploitations agricoles autonomes et familiales : c’est un moyen potentiellement écologique de produire, tout en s’assurant le contrôle de la nourriture qu’on mangera. Le surplus pourra être vendu à des particuliers locaux (donc en circuit court), à l’avantage du producteur (pour l’argent) et de l’acheteur (pour la qualité). De plus, l’emploi de polycultures (plutôt que de monocultures comme le fait l’industrie) permet d’une part une grande diversité de produits sur une surface abordable pour le particulier. D’autre part, la polyculture offre de meilleurs rendements par rapport à la surface (comme le rappel l’agronome et microbiologiste des sols Claude Bourguignon).
    Olympe BAUER

  3. btsenil says:

    Votre article est de qualité car il est complet et bien structuré. Votre sujet s’inscrit dans l’actualité. Le fais d’avoir parlé des grands principes du développement durables en donnant des exemples concrets nous permet de bien comprendre le milieu agricole en France mais aussi à l’étranger (ici en Afrique et à Haiti). En parlant de regroupements coopératifs agricoles qui ne pense qu’à réaliser des profits on comprends que certaine personnes ne comprenne pas l’enjeu qu’il y a derrière une telle économie. Esteban Beraux

  4. btsenil says:

    Votre article est complet et intéressant, on peut voir en le parcourant que vous avez pris a cœur votre sujet et que vous y avez passé du temps. Il est structuré, il nous invite à nous poser des questions sur l’agriculture française mais aussi mondiale car c’est quelque-chose qui nous concerne tous.
    Votre sujet est d’actualité, il pose énormément de questions aujourd’hui et va certainement en poser encore plus à l’avenir.
    Vous avez mis en avant les circuits court ainsi que diverses alternatives à l’agriculture traditionnelle. C’est une bonne chose de parler des alternatives mais aussi de l’empreinte carbone qui a un gros impact sur notre planète.
    Chevaux Laura