La délocalisation des entreprises Françaises : un bénéfice ?

Introduction

 

Au cours de ces dernières années, les entreprises françaises ont « déménagé », elles sont parties s‘installer notamment dans les pays de l’est et les pays asiatiques. Elles ont emmené certains employés mais aussi congédié la plupart d’entre eux. Malgré la baisse des prix provoquée par ce phénomène, il nous semble intéressant de nous demander si la délocalisation des entreprises françaises est bénéfique.

Six documents guideront notre réflexion : le premier étant une étude de l’INSEE éditée par Patrick Aubert et Patrick Sillard, le deuxième, une publication de Michael Tavala, le troisième est tiré d’un reportage de Richard Bonnet pour ARTE Journal. Pour le quatrième, il s’agit d’une publication de Jean Matouk. Le cinquième est un schéma tiré d’un cours de M.El Mouhoud. Et enfin, le sixième document est issu d’un reportage télévisé mené par Cécile Denré .

Pour répondre à notre problématique, il nous semble important  de nous interroger sur la raison pour laquelle les entreprises françaises délocalisent, l’impact socio-économique que ce phénomène provoque auprès de la population française et aussi sur le pourquoi de la relocalisation de ces entreprises.

I) Pourquoi les entreprises françaises partent elles ?

 

La délocalisation des entreprises n’est pas un phénomène si récent. En effet, selon Michael Tavala, au cours des années 60, la pratique de la délocalisation venait du Japon. Cependant, le phénomène ne s’est pas déplacé à grande vitesse car les taxes douanières élevées freinaient considérablement les entrepreneurs. Avec « l’ouverture des frontières », une trentaine d’année plus tard, le phénomène de la délocalisation reprend. La création de l’union européenne eut comme incidence la délocalisation essentiellement vers la Chine et l’Inde. La délocalisation a donc eu lieu de tout temps. C’est la mondialisation des marchés en imposant la baisse des tarifs douaniers (GATT puis OMC) et la libre circulation des capitaux qui a amené à amplifié ce genre de procédé.

Depuis les années 60, la France a bien changé, pour la plupart des chefs d’entreprises françaises il n’y a qu’un seul « maître » ; il s’agit de l’argent. En effet, pour accroître bénéfice et productivité, les entreprises se sont tournées vers la délocalisation. Les principaux pays vers lesquels les entreprises délocalisent sont d’après l’étude menée par l’INSEE sur la délocalisation, les nouveaux pays émergents c’est-à-dire : la Chine, le Brésil, le Maroc, la Tunisie, la République Tchèque, l’Inde et la Pologne.

Concernant la productivité à bas coût, les employés chinois remplissent parfaitement cette condition. Patrick Aubert et Patrick Sillard nous expliquent que le coût de la main d’œuvre est nettement inférieur que chez nous, mais aussi que les règles sanitaires et d’hygiènes sont moins contraignantes et stricts qu’en France.

II ) L’impact socio-économique sur les employés français

 

D’après Monsieur Cohen 10 à 15% des destructions d’emplois industriels sont liés au commerce international et 85 à 90% aux gains de productivité. Les entreprises qui délocalisent, gardent leurs cadres supérieurs, qui sont les grands piliers des entreprises. Elles remplacent les autres postes par de la main d’œuvre chinoise, indienne, ou autre qui travaille pour des salaires nettement plus bas que ceux des occidentaux et n’ont que très peu de prétentions sociales.

Plusieurs sociétés qui relocalisent sont aujourd’hui soumises à une loi en vigueur qui vise à réduire le chômage en France et qui exige de donner des chances de reclassement aux ouvriers. Comme dans cette entreprise Sinterama, à Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, où les employeurs ont décidé de délocaliser l’entreprise vers d’autre filiale, au Brésil et en Turquie. Alain est employé par Sinterama et est outré par la proposition qui lui est faites : on lui propose 315€ par mois s’il part au Brésil et 230€ par mois s’il part en Turquie. Dans l’une des deux filiales, il travaillerait en tant que teinturier alors qu’il est magasinier de profession. Les propositions des entreprises ne sont pas encourageantes et il y a bien souvent la barrière de la langue qui freine encore plus les employés à partir. Cependant, bien souvent, ces mêmes entreprises ne sont pas toujours satisfaites des services obtenus dans un autre pays et tentent alors une relocalisation, ce qui ne se révèle pas si simple à accomplir.

III ) Les Entreprises reviennent également !

 

La solution pour les entreprises qui souhaitent revenir en France est de se lancer dans l’automatisation de la chaîne de production, c’est la seule parade à la main d’œuvre bon marché des pays émergents. Assurément, en France, nous avons des machines très productives mais selon ARTE Magazine, pour un ouvrier français il en faudrait vingt en Chine pour avoir la même production à l’heure. Bien sûr, les créations d’emplois de la relocalisation ne remplacent jamais les emplois détruits même si le retour de l’activité au pays et toujours vécu comme une chance. L’état français a mis en place en 2010 une prime à la relocalisation de deux millions d’euros qui s’est révélée inefficace pour la plupart des économistes qui observent le déplacement des entreprises dans le monde. Monsieur EL Mouhoub, professeur d’économie annonce que les entreprises qui relocalisent ; relocalisent pour des raisons d’échec de la délocalisation, ce ne sont pas les aides qui les incitent à revenir. Les entreprises obéissent aux lois du marché plutôt qu’à celles de l’état. Comme PEG, une entreprise normande qui a rapatrié en février 2010 les 20% de sa production qui était en Chine car elle avait de plus en plus de difficulté à faire livrer la marchandise en France puisque les fabricants en Chine faisait du marchandage à l’augmentation. L’entreprise avait dû débourser plus de trois  cent mille Euros afin de faire venir les marchandises en cargo et en avion. Cela nous amène à nous demander si le  prix du pétrole influe sur les délocalisations.

 

Les bouleversements récents sur le prix du pétrole et la valeur du dollar ont changé le prix des transports qui étaient avantageux auparavant. Ainsi, en l’an 2000, pour un baril de pétrole à vingt dollars, le coût du fret représentait 3% de la valeur des importations, il atteint désormais 11%. Ce qui signifie que les coûts de transport d’un container ont triplé depuis 2000. Ce même prix du pétrole impacte le prix payé par les industriels asiatiques pour les matières premières qu’ils utilisent lors du processus de production. Ces résultats ne signifient pas que l’ensemble des activités délocalisées au cours des dernières décennies des pays riches vers l’Asie accomplisse le chemin en sens inverse dans les prochaines années. Cependant, les  multinationales françaises pourraient avoir intérêt dans un avenir proche à relocaliser certaines de leurs chaînes de production, surtout si leurs objectifs de ventes restent importants dans leur pays d’origine.

Conclusion

Les délocalisations des entreprises françaises sont effectuées dans un but économique, mais pour la France cela se traduit par du chômage et donc par la baisse de consommation des  ménages. La France a recours à plusieurs techniques afin de faire revenir les sociétés parties et ainsi sauver le «MADE IN FRANCE » tant réputé. Les employés qui parfois peuvent suivre leurs entreprises dans leurs déplacements pour des salaires relativement miséreux ou qui sont licenciés, sont outrés par ces multinationales qui parfois reviennent en France car l’économie mondiale évolue au fil des années. Le gain de productivité et la baisse des charges ne compensent pas la hausse des frais liée au transport et la main d’œuvre moins qualitative. Nous pouvons donc affirmer que la délocalisation n’est pas un bénéfice pour la France car elle augmente le chômage et fait baisser le pouvoir d’achat des français.

 

 

 

Bibliographie

  • Dossier de M.Tavala La délocalisation, définition et explication [en ligne] Disponible sur :michael.talva.free.fr/DOSSIER%20délocalisation.doc

 

  • Jacques, Sapir et Daniel, Cohen. Mondialisation le début de la fin. La mondialisation et t-elle coupable. Juin 2011. P62-63.

 

  • Richard,Bonnet. ARTE Journal. France : la fin des délocalisations.3 janvier 2011

 

 

 

JAEGER Marion et MARSCHAL Steven

 

 

 

This entry was posted in Partir-venir and tagged , , , , . Bookmark the permalink.

6 Responses to La délocalisation des entreprises Françaises : un bénéfice ?

  1. Boiteux A says:

    Votre sujet est interessant et intègre bien le thème. De plus je trouve que vos parties sont claires et j’apprécie beaucoup les exemples donnés tout au long de votre travail.

  2. VUILLEMIN Clarisse says:

    Votre article est très bien construit, simple et compréhensible. J’ai apprécié de le lire. Un seul point fait défaut à votre article, celui de l’exemple. Il aurait été encore plus plaisant à lire avec un exemple concret illustrant la délocalisation comme l’entreprise Renault qui a créé Dacia et dont les voitures sont produites en Roumanie. Cependant, l’article m’a appris une notion qui m’était inconnue : la relocalisation.

  3. Votre dossier permet de bien comprendre les mécanismes liés à la délocalisation. J’ai également découvert le phénomène de relocalisation. Vos exemples rendent particulièrement éloquent votre argumentation.

  4. Mélanie M says:

    Votre article nous donne des informations intéressantes sur le phénomène de la délocalisation avec des phrases explicites et argumentées, des exemples adaptés qui nous prouvent bien que délocaliser coûte moins cher.

  5. PERNINL says:

    Le sujet est intéressant et d’actualité. La lecture se fait facilement.

  6. sylv67 says:

    Sujet tres interresssant et malheureusement d actualité. En esperant que cette situation s inversera à nouveau.