Le bonheur est-il dans l’assiette ?

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Se nourrir est un besoin vital, naturel. Jusqu’au siècle dernier, se nourrir chaque jour était la première préoccupation de l’humanité. On mangeait ce dont on avait besoin pour apaiser sa faim et la manière que chacun avait de produire, répartir, préparer, manger les aliments, était un facteur de cohésion interne et de distinction des sociétés entre elles.

De nos jours on associerait plus le fait de manger à une expérience de plaisir facilement renouvelable et régulièrement renouvelée. L’alimentation serait ainsi devenue un plaisir rapide, individualisé.

 

S’alimenter : un obstacle pour certaines personnes

Le coût, accessibilité, le savoir-faire

Les personnes à faible revenus peuvent éprouver des difficultés à s’alimenter de manière saine et équilibré. Il peut y avoir trois obstacles principaux qui peuvent empêcher l’adoption d’une alimentation saine et équilibré comme le coût élevé qui lui est vraiment le principal, l’accessibilité et la connaissance.

  • Pour le coût, il n’y a pas seulement le problème de pouvoir acheter de la nourriture saine, mais aussi le coût du matériel, des ustensiles ou autres moyens de cuissons, et donc cela va encourager l’achat de plats tout prêts riches en énergies mais pauvres en nutriments. Selon une enquête de la FMCC, 47% des personnes disent que le prix trop élevé des fruits et légumes frais les empêchent de manger sainement.
  • Quant à l’accessibilité on peut parler de moyens de transports, ce qui reste un problème financier, car soit des familles n’ont pas les moyens financiers de pouvoir utiliser les transports, soit la population n’a pas les moyens d’aménager des installations facilitant le transport comme des routes, des chemins de fer, etc. Dans ce cas, cela va donner plus de valeur à la marchandise et donc monter son prix.
  • De plus, il y a aussi une question de connaissance et de savoir-faire. En effet, dans un cas où la nourriture serait difficilement accessible, avoir des connaissances sur des plantes pourrait aider. Ou encore, non seulement il faudrait le matériel pour préparer les aliments, mais il faut aussi savoir les préparer ce qui entend savoir gérer la quantité de matière grasse, ne pas manger trop cuit ou voir trop grillé par exemple, ce qui peut entraîner des problèmes de santé comme le cholestérol ou le diabète, ou encore la perte de nutriments venant des aliments. Mais aussi, dans le cas de la viande ou du poisson, il faut être capable de voir si le produit est frais, et voir ensuite après cuisson si celui-ci est assez cuit ou non, car ce problème peut entraîner des maladies.

 

Le temps

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En dehors du coût, de l’accessibilité ainsi que des moyens financiers, il peut aussi y avoir une question de temps.

Il y a le cas où des personnes ont peu de temps à consacrer à leur alimentation, et vont donc favoriser les plats tout prêts qui ne sont pas forcément faits de nourriture de bonne qualité comme par exemple les plats en barquette et sandwichs. Cela peut être dû à un emploi qui n’accorde pas beaucoup de temps, ou encore à d’autres occupation comme regarder un film à la télévision.

Mais encore, il y a aussi des personnes qui n’ont pas envie de consacrer beaucoup de temps à leur repas (temps de cuisine, de consommation) et vont donc favoriser les plats qui se mangent vite, mais manger vite n’est pas bon pour la santé, et de plus, ces plats sont souvent constitués de nourriture de mauvaise qualité. Par mauvaise qualité, on entend par exemple les viandes riches en graisse ou en sucres.

 

Pour d’autre, s’alimenter passe d’obstacle à habitude

Des horaires définis

Selon les pays, on va avoir des horaires ainsi qu’un nombre de pause-repas, comme par exemple le petit déjeuner, le déjeuner, le goûter et le souper. De plus, il va aussi y avoir des horaires à ces pauses comme par exemple 12h-13h pour le déjeuner ou encore 19h-20h pour le souper.

Par ailleurs, on ne va pas manger le même type d’aliments à chaque repas et en fonction des pays. En France par exemple, au petit déjeuner, on va plutôt consommer des aliments sucrés comme des boisson chaudes, du jus de fruit, et du pain avec de la confiture. Tandis qu’en Angleterre, on consommera plutôt des aliments salés comme des œufs, du lard, ou des saucisses.

Certaines pauses repas se font en plusieurs étapes, comme par exemple l’entrée, le plat principal, le produit laitier puis le dessert avec des types d’aliments différents entre chaque étape. En plus de cela peut s’ajouter aussi des grignotages entre les repas, avec des types d’aliments qui vont dépendre de nos envies.

 

Une évolution de la société

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De nos jours l’agroalimentaire offre à une part croissante de la population une multitude de possibilités. En effet il est possible dans n’importe quelle ville du monde de manger chinois, italien, américain, ou encore maghrébin. Toutefois les plats sont revus et corrigé afin de les rendre plus plaisants au consommateur, moins épicés, plus sucrés.

Les grandes surfaces ont séduit en seulement quelques années la majorité de la population européenne grâce au prix des denrées, leur variété, ainsi que la possibilité de faire ses courses en peu de temps. Ce qui fait qu’aujourd’hui une grande majorité de la population, y compris les plus pauvres, dépendent de ces denrées fournies par des industries agroalimentaires de masse.

Les produits issus de ces industries sont standardisés, conformément

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aux goûts et attentes des consommateurs ce qui, en retour, formate leurs habitudes alimentaires. L’alimentation devient donc un plaisir rapide, individualisé, en opposition aux sociétés traditionnelles dans lesquelles il s’agit d’un moment de présence, de rassemblement, ainsi que de partage.

En France, la consommation de plats cuisinés aurait ainsi progressé de 60% entre 2000 et 2004 selon Debos Franck et Rasse Paul. De plus, la finger food est aussi en pleine expansion.

Une cuisine technologique s’est même développée, ayant pour chef de file Ferran Adrià. Cette dernière est fondée sur le toucher et la vue qui sont bien plus mis en avant que le goût et l’odorat lorsque les consommateurs sont pressés durant leurs achats.

 

 

L’envie de vivre pour manger serait-elle la satisfaction d’un plaisir ?

La satisfaction d’un plaisir

Dans notre société, on a tendance à privilégier les aliments selon leur aspect ainsi que leur goût au détriment de leurs apports nutritifs. Ainsi le plaisir hédoniste retiré de la consommation de nourriture est devenu primordial, au-delà de sa qualité nutritive.

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Selon Jean-Bernard Litzler, nos choix alimentaires sont régis par l’influence de plusieurs facteurs comme les traditions culturelles, économiques, la publicité, le marketing, mais surtout le goût. C’est donc sans surprise que la malbouffe, alimentation riche en sucre, graisses et sel, se retrouve plus populaire que d’autres aliments plus sains tels que les fruits ou légumes. Ces aliments gras, salés, sucrés, sont plus largement consommés car ils agissent comme une drogue dure dans notre cerveau en activant les circuits de la récompense et de l’accoutumance. De plus, étant onctueux pour notre palais mais ne nous rassasiant pas, nous avons envie d’en manger plus. Mais aussi, comme cette nourriture est très sucrée, elle a pour effet de stimuler l’appétit en augmentant notre glycémie.

Différentes visions de l’alimentation

Comme nous avons pu constater précédemment, de nos jours nous avons tendance à manger pour le plaisir du palais et donc nous choisissons nos aliments par gourmandise. Toutefois, selon les personnes, l’alimentation peut être vue de différentes manières :

  • Comme une activité sociale, conviviale. Le repas sert donc à partager, être ensemble.

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  • Comme une habitude, par coutumes. Par exemple pour fêter un événement, un anniversaire, une fête religieuse.

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  • Comme un refuge. Ces personnes mangent pour contrer l’ennui, se remonter le moral, se calmer.

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  • Comme un produit de consommation. En effet, du fait de l’abondance d’aliments, ces personnes veulent constamment essayer d’autre produit, acheter ce qui a été vu à la publicité ou encore chez d’autres personnes.

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Ces différentes visions de l’alimentation peuvent bien sûr se retrouver couplées et peuvent dépendre de plusieurs facteurs comme par exemple l’état émotionnel de la personne ou encore son éducation.

Nous pouvons remarquer que la perception de l’alimentation diffère aussi de part les pays. En voici quelques exemples :

  • En France nous sommes plus basé sur un modèle d’alimentation plaisir.
  • En Allemagne l’alimentation est associée au plaisir et à la convivialité.
  • En Espagne il existe un lien fort entre l’alimentation et la santé
  • Au Royaume-Uni l’alimentation oscille entre hédonisme et nécessité.
  • Aux USA elle est synonyme de fonctionnalité, praticité et confiance.

 

 

Pour conclure, nous pouvons dire que le bonheur peut se trouver dans l’alimentation mais tout dépend de ce que nous attendons de celui-ci. L’alimentation est un tout, cela comprend bien sûr les aliments que l’on mange mais aussi l’atmosphère présente sur le moment ainsi que la signification que l’on donne aux repas. La société dans laquelle nous vivons se base sur certains critères comme « le beau » et « le bon ». Tout est fait en sorte pour que l’on trouve attrayant certains aliments visuellement et bon en bouche sans toutefois se questionner sur l’impact que pourrait avoir ces derniers sur notre corps. Certaines personnes seront heureuses de manger un plat complexe, avec de multiples saveurs, ayant mis du temps à être réalisé, tandis que d’autres se contenteront de plats plus “simples” de type fast-food, ou de plats moins travaillés. Certes, certains aliments auront plus tendance que d’autres à nous procurer du plaisir et nous donner l’envie d’en reprendre mais en général le plaisir tiré de ces derniers diffère selon les cultures, les modes de pensée, les goûts de chacun (qui peuvent bien sûr être influencés).

Article réalisé par LAGUT Thibault et KOENIG marie.

BIBLIOGRAPHIE:

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One Response to Le bonheur est-il dans l’assiette ?

  1. btsenil says:

    C’est un article très intéressant qui touche tout les aspects de l’alimentation. En effet manger répond non seulement a nos besoins mais aussi nous procure du bonheur. Malheureusement, nous sommes parfois victime de la société de consommation et nous faisons par forcement attention a ce que l’on mange …
    Nous aimons tous bien manger mais « bien manger » rime souvent avec argent. Malgré tout, manger nous permet de découvrir de nouvelles saveurs et de partager un moment de bonheur avec les personnes de l’on aime.
    BRIOT Anna