L’intégration par le sport

Un handisport est un sport dont les règles ont été aménagées pour qu’il puisse être pratiqué par des personnes ayant un handicap physique ou mental. Très peu de personnes le savent mais la France compte près de 12 millions de personnes en situation de handicap soit, plus d’un français sur cinq, (dont 35% pratique un sport). De ce fait, le handicap est très loin de l’image du fauteuil roulant ou de la canne blanche.

Nous allons voir dans quelle mesure les jeux paralympiques permettent de faire évoluer le regard sur le handicap dans notre société.

IPC_logo_(2004).svg LOGO OFFICIEL DU COMITÉ INTERNATIONAL PARALYMPIQUE


LES JEUX PARALYMPIQUES … MAIS QU’EST-CE QUE C’EST ?

 

Evolution depuis sa création à aujourd’hui.

C’est à un médecin britannique, Sir Ludwig Guttman, que l’on doit la création de jeux pour les personnes handicapées. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ce neurologue a eu l’idée d’organiser des jeux internationaux dans son hôpital pour réhabiliter les vétérans devenus paraplégiques.Ces premiers « jeux mondiaux des chaises-roulantes et des amputés » se déroulent donc à Stoke Mandeville près de Londres en 1948.

Partisan de la thérapie par le sport, le docteur Guttman rêvait d’une compétition mondiale pour les personnes handicapées qui se tiendrait tous les quatre ans comme les jeux olympiques. Son rêve est donc devenu réalité lors des premiers jeux paralympiques organisés à Rome en 1960 qui a réuni 400 athlètes en fauteuil roulant venus de 23 pays.

Depuis, cette compétition s’est considérablement développée en accueillant de nouveaux sports et de nouvelles catégories de handicaps. Les jeux paralympiques d’hiver et d’été coïncident avec les jeux olympiques depuis 1992. Ils sont organisés dans la même ville que les JO depuis 1988.

Alors que 23 pays et 400 athlètes étaient présents en 1960 à Rome, 165 pays et 4200 athlètes seront présents à Londres lors des jeux paralympiques d’été dont 154 français. On peut y supporter des athlètes handicapés physiques ou visuels (amputés, aveugles, infirmes moteurs, en fauteuil roulant, ou tout autre handicap physique) ainsi que les athlètes handicapés mentaux réintégrés à Londres (exclus depuis 2000!). Cette édition 2012 a été considérée comme la plus grande jamais organisée.

Pour qui ? Quels sports ?

Pour que la compétition soit équitable, les athlètes sont regroupés par catégories selon leur handicap : tétraplégiques et paraplégiques, séquelles neurologiques assimilables, amputés et assimilés, infirmes moteurs, grands handicapés (myopathes, fauteuils électriques), non-voyants et malvoyants.

L’objectif est de faire concourir ensemble des athlètes ayant des aptitudes fonctionnelles comparables. Ainsi en athlétisme, il y a des épreuves de course pour les aveugles, pour les malvoyants, pour les amputés qui courent avec une prothèse et des courses en fauteuil roulant.

Sports d’été : athlétisme, aviron, boccia, basket-ball en fauteuil roulant, cyclisme, équitation, escrime en fauteuil roulant, football à 5 (malvoyants/non-voyant), football à 7 (handicapés moteur), goal-ball (malvoyants/non-voyants équipés d’un ballon sonore), haltérophilie, judo (malvoyant/non-voyant), natation, rugby en fauteuil roulant, tennis en fauteuil roulant, tennis de table, tir à l’arc, tir sportif, triathlon (à partir de 2016), voile et volley-ball assis (handicapés moteur)

Sports d’hiver : ski alpin, ski nordique (ski de fond et biathlon), hockey sur luge, curling, snowboarding (depuis 2014)


LE HANDISPORT SANS RECONNAISSANCE ? C’EST INUTILE !  

 

Manque de licenciés

Que les sportifs soient handicapés ou non, leurs performances dépendent souvent des moyens financiers mis en œuvre par les fédérations nationales. Le budget de la fédération britannique handisport atteint, par exemple, les 60 millions d’euros, tandis que celui de son homologue française ne dépasse pas les 12 millions. Résultat, lors des derniers jeux paralympiques d’été, en 2008, la Grande – Bretagne a fini troisième, la France douzième.

Mais, dans un domaine aussi particulier que le sport pour personnes non valides, tout ne peut se résumer à une histoire de performances. Derrière l’écart des chiffres se cachent des objectifs différents.

Si la fédération hexagonale n’entend pas se retirer de la course aux médailles et perdre sa place parmi les quinze meilleures nations du monde. son objectif premier est d’augmenter son nombre de licenciés.

A l’heure actuelle, elle en compte 25 000. Elle en voudrait 30 000 afin d’étendre son rayonnement culturel, améliorer les dispositifs déjà présents, en construire des nouveaux, mais surtout, faciliter la diffusion de ces valeurs fortes.

Manque de médiatisation

Pendant ces 42 dernières années, la médiatisation des jeux paralympiques en France a fortement progressé mais pourtant, elle reste imparfaite. La durée des émissions sportives parfois en direct, des reportages, ou encore des interviews ne cessent d’accroître. Ainsi le statut des handicapés dans le sport est de plus en plus reconnu. L’athlétisme, la natation et le cyclisme sont les disciplines dont on parle le plus. Désormais les journalistes sont spécialisés dans les jeux paralympiques.

Bien que des publicités diffusées à la télévision soient créées ( par exemple: « Meet the superhumans » par SAMSUNG) ou encore des pages Facebook avec plus de 132000 fans, il y a clairement un gros déséquilibre entre la part de médiatisation accordée aux sportifs valides et celle que l’on donne aux athlètes handicapés.

 Nous avons interrogé 50 personnes de 14 à 68 ans :
– 27 personnes ne savaient pas que les jeux paralympiques étaient diffusés.
– seules 9 ont suivis les heures de direct proposées à la télévision.
– 2 d’entre-elles ont déjà vu un match de basket pour handicapés.
– pourtant, 11 connaissent quelqu’un présentant un handicap.

On leur a aussi demandé si elles préféreraient payer pour aller voir les jeux olympiques ou pour voir les jeux paralympiques… Elles ont répondus honnêtement et le résultat est le suivant: 18 souhaitent aller voir les jeux paralympiques, mais 32 préfèrent aller supporter les athlètes des disciplines olympiques.


TROUVONS DES SOLUTIONS

 

 Besoin de sportifs, de modèles à qui s’identifier.

Équipé de ses prothèses, Oscar Pistorius, double champion paralympique à Pékin, aussi nommé : le « Sud-Africain qui court plus vite que les préjugés », a obtenu l’autorisation de concourir parmi les valides lors des jeux de Londres en 2012.

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LOGO DES JEUX PARALYMPIQUES DE LONDRES

Néanmoins, cette autorisation fut quelquefois mal vue par certains athlètes valides qui déclaraient que Pistorius serait avantagé par ses lames en carbone. Mais peu importe, un grand pas est fait: peu après la course, il reçoit les félicitations du monde entier, malgré le fait qu’il soit arrivé en dernière place. Il incarne ainsi un modèle pour tout ceux qui rêvent du jour où les jeux olympiques et les jeux paralympiques fusionnent.   

Cependant, il n’est pas le seul à avoir espéré participer aux J.O de 2012. Arnaud Assoumani, français, est spécialiste du saut en longueur dans la catégorie F44 (amputés des membres supérieurs). En 2012, il était le meilleur au niveau mondial dans sa discipline. Si des blessures ne l’avaient empêché, il aurait assurément réussi les minimas des qualifications pour participer à cet événement.

 La nageuse française Béatrice Hess impressionne tant par son mental que par son palmarès à couper le souffle : 26 médailles aux jeux paralympiques dont 20 en or. Aujourd’hui, elle occupe la place de vice-présidente de la FFH, est membre du Comité International Paralympique et porte un discours plein d’espoir. En effet, elle a pour philosophie : « Il vaut mieux vivre handicapé heureux que valide malheureux. »

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LOGO DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE HANDISPORT (FFH)

De plus, lorsqu’elle parle de ce que le sport lui a apporté, elle se montre très reconnaissante :« Le sport, c’est ma vie. Le sport a modélisé mon existence. » ou encore :« Lorsque ma vie a basculé par l’handicap, j’ai mené un combat quotidien. Ce combat, je l’ai gagné grâce à la natation. »

Enfin, si elle a accepté de travailler au sein de la Fédération Francaise du Handisport c’est parce qu’elle croît réellement au fait que « le sport est un bon moyen de changer les mentalités, d’accepter la différence et de faire rêver tout en faisant connaître le handicap ».

 Les 3 athlètes cités ci dessus, ont le même but : faire que la place du handisport égale celle occupée par le sport.

 

Qu’en est-il des médias ?

En 2012 les jeux paralympiques de Londres ont marqué une évolution très importante dans la médiatisation du handisport. En effet France 2 et France 3 ont couvert cet événement à travers un suivi quotidien des médaillés et des portraits d’athlètes. On dénombre près de 140 sujets consacrés à cette compétition dans les journaux télévisés.

Et ce n’est pas fini, puisque : « Pour ces jeux de Sochi le dispositif médiatique est inédit : France Télévisions proposera 60 heures de direct sur toute la durée de la compétition, avec une moyenne de 7 heures de direct par jour. Toutes les épreuves des français seront retransmises sur France 4. En fin de journée « Tout le sport » sur France 3, proposera aux téléspectateurs un résumé des meilleurs moments de la journée. C’est un dispositif digne des jeux olympiques » dit Benoît Hétet.

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LOGO DES JEUX PARALYMPIQUES DE SOCHI

Aujourd’hui les choses changent et on s’en rend notamment compte avec tout ce qui se passe autour des athlètes : droit à l’image, les partenaires, tribunes pleines, téléspectateurs de plus en plus présents….

« Cette nouvelle médiatisation a conduit à une véritable professionnalisation de nos athlètes. Nous allons tout faire pour encore faire évoluer l’image du handisport auprès du grand public français, il nous faut surprendre, exister et surtout ne pas faire pleurer ! » ajoute-t’il.

Il parait important de rappeler qu’en 2010, il y avait 7 minutes par jour consacrées aux jeux paralympiques de Vancouver. Nous comprenons donc mieux l’évolution significative même si il reste encore beaucoup de progrès à faire en matière de diffusion des événements et de publicité (comme nous l’avons expliqué plus haut).

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LOGO DES JEUX PARALYMPIQUES DE VANCOUVER

 


Le sport est une activité populaire, qui offre un moment de partage, de convivialité et de soutien. Lorsqu’on pratique du sport, il n’y a plus de valide ou d’invalide, il n’y a que des sportifs.

En revanche, il reste encore une grande marge de progression à propos de l’intégration à travers le sport des handicapés. En effet, en règle générale, les non-valides ne peuvent pas pratiquer le sport avec les valides même si cela est en voie d’amélioration comme le montre l’exemple d’Oscar Pistorius.

Cependant, il y a une évolution notable. En effet, le handisport s’immisce un peu dans nos télévisions (par la diffusion des jeux paralympiques par exemple) ce qui présage de bonnes perspectives d’avenir. Grâce à cette médiatisation naissante et grâce à différents sportifs porteurs d’espoir, le handisport peut contribuer à faire changer le regard de la société sur le handicap.

Pour conclure, Martin Luther King disait : « L’homme bon ne regarde pas les particularités physiques mais sait discerner ces qualités profondes qui rendent les gens humains, et donc frères ». Même si un fragile élan semble porter les valeurs de tolérance et d’humanisme à travers le handisport, il appartient à tous de le soutenir pour qu’il en devienne le porte-étendard.


GALLAND Laurine & GUYOMARC’H Manon


BIBLIOGRAPHIE

Idée principale: Plus de médiatisation pour le handisport. Notion “d’injustice”.
Idée principale: Amélioration de l’intégration des sportifs handicapés dans le monde du sport.
Idée principale: Promouvoir le handisport et peut-être modifier le jugement que l’on porte sur les handicapés
Idée principale: L’évolution du handisport vient d’un mouvement sociale et des progressions des performances sportives.
Idée principale: Le sport est fait pour tout le monde, valide ou non.
Idée principale: Le dispositif médiatique de plus en plus en avant.
Idée principale: Un sportif handicapé qui intègre une compétition pour valides: fait de société, débat, nouveauté.
Idée principale: Cette sportive nous raconte son parcours en tant qu’athlète aux jeux paralympiques, et la place des compétitions de handisport selon elle.
Idée principale: Qu’est ce que le sport, qui le pratique?

Idées principales: Innovations technologiques et évolution du regard de la société à travers le temps.

 

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2 Responses to L’intégration par le sport

  1. btsenil says:

    Je trouve que votre article est appréciable à lire. Il donne envie de le lire. De plus je trouve votre sujet intéressant, il apporte des informations essentiels.

    Tonnaire Estelle

  2. btsenil says:

    Les jeux paralympique, un sujet que je trouve plus intéressant que les jeux olympique! L’article est très bien rédigé, la mise en forme est bien réalisée (même si je n’approuve pas totalement la numérotation des titres dans un article tel que celui la). Très agréable a lire.
    Lucie SEGUIN