L’Union Européenne, premier obstacle à l’immigration en Europe ?

 Solidarité en mer

Avant tout, il est important de redéfinir certains termes que nous allons utiliser.                     Un migrant est une personne qui s’expatrie pour des raisons économiques ou politiques.     Une immigration est l’entrée dans un pays, continent ou une région de personnes qui   vivaient à l’extérieur et qui viennent s’y établir.                                                                             La solidarité est un sentiment qui pousse des personnes à s’accorder une aide mutuelle,   soit par devoir moral, soit parce qu’une communauté d’intérêts existe entre elles.           Une législation est l’ensemble des lois dans un pays ou un domaine déterminé.

 L’origine de cette solidarité

Francis Vallat, le président de SOS Méditerranée, voit dans la mer un système de valeurs   dont devraient s’inspirer nos sociétés. Les valeurs des “hommes de mer” sont la   responsabilité, la solidarité, la générosité et le respect.

La solidarité en mer a toujours existé pour les « gens de mer ». Cette solidarité peut   prendre plusieurs formes :

-La solidarité « pure » qui est un acte gratuit et qui n’a pas de fondement juridique.             -L’assistance aux biens qui est facultative, c’est un acte volontaire qui peut donner droit à    rémunération.                                                                                                                                           -L’assistance aux personnes, le sauvetage, qui est obligatoire et gratuit.

C’est ce troisième cas qui concerne principalement les migrants en Europe.                           C’est ce cas qui est effectué par les associations humanitaires comme SOS Méditerranée qui se démènent pour sauver des vies.

 Photographie de l’Aquarius dans le port de CuxHaven, en Allemagne Ra Boe / Wikipedia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Aquarius_(alt_Meerkatze)_(Ship)_04_by-RaBoe_2012.jpg

Photographie de l’Aquarius dans le port de Cuxhaven, en Allemagne
Ra Boe / Wikipedia
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Aquarius_(alt_Meerkatze)_(Ship)_04_by-RaBoe_2012.jpg

Cette solidarité est nécessaire

Au cours de l’année 2017, il y a eu près de 3150 décès recensés en mer Méditerranée. L’espace maritime qui sépare la Libye et l’Italie est la route migratoire la plus mortelle au monde. L’action des associations humanitaires tel que SOS Méditerranée ont permis de secourir plus de 15000 personnes.

Le nombre de migrants augmente sans cesse à cause des guerres ou autre situation dangereuse, notamment en Libye.

Pour les états, la priorité est la protection des frontières et la gestion des flux migratoires donc le sauvetage des migrants passe au deuxième plan. C’est pour cela que l’Aquarius écume la mer afin d’aider des individus qui ne reçoivent d’assistance de personne. Cette situation dure depuis novembre 2014, lorsque la marine italienne a laissé tomber l’opération de secours Mare Nostrum.

L’Union Européenne est sans cesse interpellé pour mettre en place un dispositif de sauvetage en Méditerranée afin de gérer efficacement l’afflux de bateaux de migrants en détresse.

L’Europe

Les actions en Europe

Depuis 2013, l’Union Européenne en plus de la Suisse, l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein ont signé le règlement de Dublin. Ce traité délègue la responsabilité de l’examen de la demande d’asile d’un réfugié au premier pays qui l’a accueilli. Cependant ce règlement est remis en cause à cause des inégalités qu’il provoque depuis la crise migratoire de 2015 qui a été mal gérée par les états européens. Des pays comme la France n’ont pas accueilli le quota de migrants prévu, ce qui accentue la colère d’autres états sollicités tel que l’Italie ou la Grèce. Le problème est que même avec un accord convenable sur l’asile fourni aux migrants, ceux-ci ne cesseront pas d’affluer. Le mini-sommet de Bruxelles le 24 juin a mis la lumière sur des solutions qui pourraient permettre de gérer l’afflux de migrants dans le respect des droits de l’Homme et de l’individu.

Les états doivent mettre de côtés les aspects politiques et économiques liés à ce sujet pour agir comme les associations tel que SOS Méditerranée qui œuvrent pour sauver des vies. Ce que les états font, à savoir mettre en accusations pour trafic d’êtres humains les navires qui sauvent des vies humaines, décourage les associations humanitaires. On ne peut se permettre de sanctionner des personnes qui portent assistance à ceux qui en ont besoin. L’assistance à personne en danger n’est pas un crime, c’est le devoir de chacun, quel que soient les conséquences politiques qui en découlent.

Ce qu’il faudrait mettre en place

Ce qui a été dégagé du sommet de Bruxelles ne doit pas être pris à la légère. Il est primordial de s’occuper des migrants qui risquent leurs vies pour atteindre les frontières européennes. Ce qui serait utile c’est la création de centres de protection internationaux dans les pays concernés par l’afflux de migrants. Le sommet a aussi laissé entendre qu’il serait intéressant d’aider financièrement les pays d’Afrique concernés par cette immigration illégale.

Le premier ministre belge, Charles Michel, a évoqué la création de plateforme de débarquement des migrants secourus en dehors de l’Union Européenne et des centres d’accueil des migrants en transit. Cela permettrait de différencier les migrants qui en sont venus là à cause de problèmes économiques de ceux qui sont là à cause de problèmes politique tel que les guerres.

Les états doivent mettre au point le règlement de Dublin qui est au point mort et qui n’est pas égalitaire entre les pays d’Europe du Nord et ceux du Sud. Mais pour cela il doit y avoir une implication de tous les états et un désengagement d’intérêts politiques ou économiques.

Conclusion

Malgré les meilleures intentions d’associations humanitaires ou de personnes qui viennent simplement porter assistance aux migrants qui risquent leurs vies, l’incapacité de l’Europe à mettre en place des dispositifs permettant l’accueil et le transit de ces migrants réduit à néant les efforts humains de ces sauveteurs qui vont même jusqu’à être poursuivi pour trafic d’être humain alors qu’ils accomplissent le devoir de chaque individu en assistant une personne en danger.

Bibliographie

Gellot, Nicole. Sauvetages en Méditerranée : les atermoiements de l’Europe.Âge de faire (L’) (N°134) [Périodique]. 01-10-2018. p. 14.

Le Monde.Sommet sur les migrants à Bruxelles : des dirigeants européens « satisfaits » mais sans conclusion commune. Le Monde [en ligne], 24 juin 2018. Disponible sur https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/24/crise-des-migrants-macron-et-merkel-prets-a-reduire-leurs-exigences_5320478_3214.html

Malibeaux, Sophie,Ayad, Christophe,Joly, Françoise.Le président de SOS-Méditerranée : « Notre seule exigence, c’est l’humanité et la dignité ».Le Monde [en ligne],25 juin 2018. Disponible sur https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/25/le-president-de-sos-mediterranee-notre-seule-exigence-c-est-l-humanite-et-la-dignite_5321104_3214.html?xtmc=migrants_europe_politique_d_immigration&xtcr=71

Miron, Alina. Migrants : « Il existe une politique de criminalisation des sauvetages en mer ». Le Monde [en ligne], 24 novembre 2018. Disponible sur https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/24/migrants-il-existe-une-politique-de-criminalisation-des-sauvetages-en-mer_5387914_3232.html?xtmc=migrants&xtcr=1

Miron, Alina,Trevisanut, Seline,Taxil, Bérangère,Gattini, Andrea. « Aquarius » : « Le droit européen prévoit une obligation de coopération loyale dans l’organisation du sauvetage en mer, mais aussi du débarquement ». Le Monde [en ligne], 15 juin 2018. Disponible sur https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/06/15/aquarius-le-droit-europeen-prevoit-une-obligation-de-cooperation-loyale-dans-l-organisation-du-sauvetage-en-mer-mais-aussi-du-debarquement_5315874_3232.html?xtmc=migrants&xtcr=2

Pascual, Julia. « Notre défi, c’est que les demandes d’asile soient traitées de la même façon en Europe ». Le Monde [en ligne], 18 octobre 2018. Disponible sur https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/10/18/notre-defi-c-est-que-les-demandes-d-asile-soient-traitees-de-la-meme-facon-en-europe_5371396_3214.html?xtmc=migrants_europe&xtcr=5

Pécoud, Antoine. Des bateaux pour les migrants. Sciences humaines [en ligne]. Décembre 2017. Disponible sur https://www.scienceshumaines.com/des-bateaux-pour-les-migrants_fr_38919.html

SOS Méditerranée. Rapport d’activité 2017. 2017. Disponible sur http://www.sosmediterranee.fr/medias/sosmedrapportactivites.pdf

Stroobants, Jean-Pierre. Sur l’immigration, le grand désaccord entre les Européens s’approfondit.Le Monde [en ligne],06 juin 2018. Disponible sur https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/06/sur-l-immigration-le-grand-desaccord-entre-les-europeens-s-approfondit_5310216_3214.html?xtmc=migrants_europe_politique_d_immigration&xtcr=83

Vinet, Caroline. Immigration : comprendre le règlement de Dublin en 3 questions. Le Monde [en ligne], 07 juin 2018. Disponible sur https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/07/comprendre-le-reglement-dublin-en-3-questions_5311223_3214.html

SALOMON Etienne, ROUSSÉ Adrien

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3 Responses to L’Union Européenne, premier obstacle à l’immigration en Europe ?

  1. btsenil says:

    Bonjour
    Votre sujet est intéressant et il traite de l’actualité ce qui montre l’importance de ce blog. Il y a une belle structuration et il y a beaucoup d’informations avec des dates qui montrent que c’est que récemment que les Etat s’implique dans l’accueil des migrants par la mer.
    Peut être qu’il aurait juste fallut rajouter quelque lien hypertexte vers des sites pour expliquer quelques mots.
    Clément DOURIAUD

  2. btsenil says:

    Dans votre partie sur l’origine de cette solidarité avoir évoquer les différents types de solidarité est intéressant. Montrer que les hommes ont des actes moraux et amoraux est important : on ne fait pas toujours ce discernement.
    Vous nous dites aussi que le premier ministre Belge propose une sorte de Ellis Island de l’Europe pour différencier les migrants. Cela ne peut il pas être considéré comme illégal? Il s’agit de « trier » les migrants pour en choisir certain… cela n’est en rien solidaire.
    Une deuxième question me vient : y’a-t-il eu des événements déclencheurs particuliers pour cette « solidarité en mer »? ou cela est le fruit d’un constat dans les société européennes? Et est ce que les médias jouent un rôle dans cette solidarité.
    Néanmoins votre article porte sur un sujet d’actualité fort qui devrait nous pousser a agir. Ne pas avoir a migrer de son pays n’est pas normal.
    GIGON Théo

  3. btsenil says:

    Bonjour,
    Tout d’abord permettez moi de vous féliciter pour ce blog, que j’ai trouvé très intéressant. Il met à jour des problèmes de société qui nous touchent directement en temps que français, pays fortement soumis à l’immigration.
    Après la crise migratoire de 2015, on s’est très vite rendu compte que les accords de Dublin étaient très loin d’être suffisants et il semble aberrant que les Etats Européen n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur la manière d’accueillir les migrants après tant de morts.
    Les Etats feraient même, d’après vos dire, « mettre en accusations pour trafic d’êtres humains les navires qui sauvent des vies humaines ». Il me semble toutefois peu probable que des Etats faisant partie de l’Union Européenne fassent de telles accusations sans aucune preuve tangible. D’autant plus qu’il existe bel et bien du trafic d’être humains lié aux migrations de masse en Afrique. Pourriez vous si vous les connaissez, me donner les noms des bateaux et des Etats qui ont été impliqués dans de telles affaires ?

    En vous félicitant encore une fois pour le blog qui nous rappelle que l’immigration c’est aussi notre problème à nous, français.

    Marc CLERGEOT