Migrer en France : opportunité d’une vie meilleure pour un Rom ?

A l’heure actuelle les migrations des Roms pose de réels problèmes à la France qui cherche à les renvoyer dans leur pays d’origine. Cependant cette partie de la population roumaine ne cesse de voyager vers cette région d’Europe vue comme utopique, où la vie serait meilleure pour ces personnes. C’est pourquoi nous nous sommes demandées si migrer en France est une réelle opportunité d’améliorer ses conditions de vie pour un Rom. Différents documents guideront notre réflexion : une interview d’Alain Juppé ancien ministre et actuel maire de Bordeaux sera utilisée. Pour compléter notre observation plusieurs articles d’organismes ont été choisis, ceux-ci on été écrits par, amnesty internationnal, le journal libération, Audrey Ramel, François Béguin, Jean-Pierre Amarger, l’association RomEurope, le journal Le Nouvel Observateur et par le journal Vie Publique. De plus un extrait de mémoire de Camille Chaix rédigé sous la direction de Danièle Demoustier (maître de conférences en économie à l’Institut d’études politiques de Grenoble) sera également employé. Deux grands vecteurs sont à l’origine de cette continuelle migration des Roms : des conditions de vie néfastes en Roumanie et l’espoir d’une vie meilleure en France mais cela pose problème, en conséquences, nous nous sommes intéressées aux solutions proposées pour ces migrants.

 

Des conditions de vie néfastes en Roumanie

En Roumanie la communauté Roms subit d’importantes discriminations raciales qui vont jusqu’à des expulsions spontanées et injustifiées de leurs logements comme l’énonce un auteur d’amnesty international dans son article Roumanie : 76 familles de Roms expulsées. Ces familles de Roms sont lâchement expulsées par les forces de l’ordre et rejetées de la société. Dans ces pays aucune aide de leur société n’est mise en place, ils doivent se débrouiller seuls, ce qui les contraint à vivre dans des conditions inacceptables et dangereuses pour leur santé. Cet article explique comment 76 familles de Roms sont expulsées de force de leurs habitations qui ont ensuite été détruites. Certaines familles furent envoyées dans des endroits insalubres et dangereux pour leur santé et même plusieurs mois après leurs expulsions la municipalité n’a pas prit le temps de les reloger de manière décente.
On peut voir que les Roms vivent dans des conditions de vie inacceptables et sont victimes du racisme en Roumanie. Cette partie de la population Roumaine n’est pas acceptée à cause de sa pauvreté. Effectivement « dans ces pays les Roms sont considérés comme des citoyens de seconde classe, pour ne pas dire des sous-hommes » comme le déclare Alain Juppé ministre et actuel maire de Bordeaux dans une interview sur RTL. Ces personnes vivent bien en dessous du seuil de pauvreté en Roumanie, ceux-ci habitent dans des communautés aux périphéries des villes et des villages dans des conditions précaires, avec un manque considérable d’hygiène et d’accès aux soins ce qui diminue de dix ans leur espérance de vie par rapport à la moyenne nationale, comme l’exprime l’article Roumanie : Roms en marge forcée du journal quotidien national Libération.
Ce mode de vie limite de manière significative l’accès à l’école pour un enfant issu de cette classe sociale, la fondation Soros citée dans l’article du journal Libération affirme qu’un enfant Rom sur quatre ne va pas à l’école et qu’un sur deux ne termine pas ses études primaires. En effet la pauvreté prédominante dans les petits villages Rom oblige de nombreux enfants à exercer une activité professionnelle pour aider la famille en apportant de quoi survivre. De plus, le gouvernement Roumain ne met pas en place beaucoup de fonds pour l’éducation des enfants, d’où la baisse des salaires des professeurs, ce qui diminue la qualité de l’enseignement et parallèlement crée un manque d‘enseignant énonce Audrey Ramel rédactrice de l’article Enfants de Roumanie : Concrétiser les Droits de l’Enfant en Roumanie publié sur le site droitsenfant.org.

 

L’espoir d’une vie meilleure

Les conditions de vie des Roms sont difficiles en Roumanie, beaucoup rêvent d’une vie meilleure et choisissent la France comme terre d’accueil principalement pour des raisons économiques. En arrivant sur le territoire français, ces migrants sont victimes du manque de logements dû à leur pauvreté et sont pour la plupart sans abris : squats et bidonvilles sont leurs seules alternatives. Ils forment des campements illégaux, souvent malsains et vivent parmi les ordures, sans eau, ni électricité. Ces personnes sont régulièrement chassées de leur lieu de vie. L’article intitulé Un jour dans un camp de Roms menacés d’expulsions écrit par Jean-Pierre Amarger, publié dans le journal Midi Libre, dénonce un groupe de Roms subissant une pression constante des autorités où la question de leur expulsion reste pour l’instant en suspens ce qui les placent évidemment dans une situation plus que précaire. Étant en France, ils ont accès à certains soins médicaux gratuitement, encore faut-il qu’ils connaissent leurs droits. De plus, l’éloignement avec le lieu médical et la barrière de la langue diminuent les possibilités des soins qu’ils pourraient avoir.
Un grand nombre d’enfants Roms n’ont pas accès à la scolarisation malgré l’obligation, selon l’association RomEurope 5000 à 7000 enfants Roms présents sur le territoire français arriveront à l’âge de 16 ans sans avoir jamais ou presque été à l’école. Le rapport nommé La non scolarisation en France des enfants Roms migrants effectué par cette association nous fait part des problèmes que subissent les familles Roms face à la scolarisation de leurs enfants. D’abord la langue est comme en Roumanie une barrière à l’apprentissage, les moyens financiers pour les accueillir sont insuffisants car beaucoup auraient besoin d’intégrer des classes spécialisées afin d’être mieux suivi au cours de leur cursus scolaire. Certains jeunes Roms arrivent quand même à aller à l’école même si cela est de manière très irrégulière. Néanmoins ils sont souvent victimes des moqueries des autres élèves de part leur extrême pauvreté qui ne leur permet pas d’acheter des habits neufs, de payer la cantine ou le transport pour aller à l’école. De plus leurs conditions de vie dans les camps ne leurs permettent pas non plus d’avoir une hygiène correcte, ce qui d’une certaine manière les exclus encore plus et accentue leur absentéisme en classe.
Les Roms sont régulièrement reconduit en Roumanie par les autorités françaises. Ils sont renvoyés dans leur pays d’origine grâce à l’aide proposée pour un  »retour volontaire » de leur part. Celle-ci, mise en place depuis le 7 décembre 2006, prévoit de prendre en charge les frais de retour, mais dédommage également ses personnes à hauteur de 300€ par adulte ainsi que 100€ pour chaque enfant. Ce procédé à permis de renvoyer en 2011, 7284 Roms dans leur pays comme l’énonce François Béguin dans son article Aide au retour des Roms : quels sont les « effets pervers » du dispositif ? publié par le journal Le Monde. Mais ses conditions de vie, et cette pression policière pour leur  »retour volontaire » en Roumanie ne décourage pas ces familles qui reviennent sur le territoire français après avoir touchés l’aide destinée à leur retour car ils estiment ses conditions bien meilleures que dans leur pays. Ces rapatriements ont coûtés beaucoup d’argent à la France et aurait pu, comme l’expose dans cet article Teodor Baconschi (ministre des affaires étrangères roumain), servir à de réels projets de réinsertion des familles Roms.

 

Des propositions de solutions

Différentes aides aux Roms sont mises en place. En effet ces personnes arrivent en France sans argent, sans aucune connaissance, ils sont livrés à eux même. C’est pourquoi des décisions sont d’abord prises à l’échelle européenne comme le montre l’article du journal Le Nouvel Observateur. Le gouvernement européen souhaite mettre en place des solutions afin de faciliter leur insertion dans le milieu professionnel, en commençant par lever les restrictions de la France. Grâce à la commission européenne, la France a assouplie son accès au marché du travail pour les Roms a expliquée à la presse la ministre du Logement, Cécile Duflot. Pour cela, la France va à la fois se concerter pour supprimer la taxe « due par les employeurs de ces personnes » à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) et va réfléchir pour élargir « de manière très importante les métiers auxquels ils peuvent avoir accès ». Afin d’optimiser cette décision, le gouvernement européen est prêt à soutenir le gouvernement français pour améliorer les conditions d’expulsions des camps démantelés en France et donc permettre un meilleur soutient pour les familles Roms résidant dans ces endroits.
Des solutions sont aussi envisagées parallèlement à la décision européenne par le gouvernement français pour venir en soutient à cette partie de la population qui devient de plus en plus importante sur le territoire français et qui ont des conditions de vie de plus en plus précaires et dangereuses dans leurs logements improvisés. En effet, Jean-Marc Ayrault annonce dans l’article Roms : vers un assouplissement de l’accès au travail publié par le site Vie publique, que la France va assouplir les conditions d’embauche pour les Roms et va élargir la liste des métiers qui leurs sont proposés, la taxe demandée à l’employeur pour l’emploi de plus d’un an de ces personnes sera elle supprimée. Cependant cette solution de lever les mesures transitoires misent en place ne pourra être envisagées qu’après un entretien avec les états concernés, car ses mesures de restriction sont valable jusqu’à fin 2013 au plus tard.
Les gouvernements ne sont pas les seuls à réfléchir à l’amélioration de la vie des Roms, des associations sont présentes pour les aider, les accueillir et les soutenir. Celles-ci visent en premier à « garantir l’accès aux droits fondamentaux dans une perspective de séjour provisoire en France, et par une action plus économique en Roumanie pour favoriser la réinsertion de ces personnes dans leur pays d’origine » déclare Camille Chaix dans son mémoire ( écrit sous la direction de Danièle Demoustier maître de conférences en économie à l’Institut d’études politiques de Grenoble ). En France, l’association Roms Action à fait la distinction entre différentes catégories de Roms : ceux qui veulent vivre et rester sur le territoire français, ceux qui viennent pour trouver de l’argent afin de concrétiser un projet chez eux et ceux qui sont juste de passage pour échapper à leur vie de misère. C’est pourquoi cette association veille à accueillir ces personnes, non pas pour qu’elles restent sur le sol français mais pour tenter de mettre en place des projets de réinsertion économique dans leur pays d’origine pour les familles le désirant.

 

Les migrations des Roms vers la France semblent être pour eux la solution à leur problème, en effet ils voient dans ce pays le moyen d’améliorer considérablement leurs conditions de vie. Néanmoins cela pose des problèmes au pays d’accueil qui doit mettre en place des mesures pour gérer ces flux de personnes.
Il faut savoir que les roms constituent une des plus grandes minorités au monde. Même si cette population existe depuis de nombreux siècles, ils ont encore à ce jour des difficultés à s’intégrer. En Roumanie, un grand nombre de facteurs tel que la discrimination omniprésente, le chômage récurrent, ou encore la difficulté d’accès à la scolarisation poussent les Roms à partir avec l’espoir d’une vie meilleure. Cet espoir ce situe entre autre sur le territoire français. Cependant, la réalité n’est souvent pas à la hauteur de leurs espérances. Leur vie est rythmée par les expulsions, le chômage est encore une fois problématique et les enfants ne sont pas toujours scolarisés malgré l’obligation. Des Hommes politiques et des associations militants pour la défense des roms réfléchissent aux réponses qui pourraient être apportées à ses personnes. Ces solutions peuvent concerner autant la France, en créant des lieux d’accueils, en revoyant la liste des métiers auxquels ont accès ses migrants ; mais également la Roumanie en aidant l’insertion socio-économique des roms. Malgré tout, nous pouvons toujours constater l’espoir de ses personnes à tenter d’améliorer leur vie, espoir résumé au travers de la citation de Fiodor Dostoïevski « Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre ».

Grillot Virginie

Colinet Manon

Bibliographie

  • Amarger, Jean-Pierre, Lespignan Un jour dans un camp de Roms menacés d’expulsions, journal Midi Libre, 30 Août 2012, 1 page.
  • Amnesty international, Roumanie : 76 familles de Roms expulsés, amnesty.fr, 4 Avril 2012, 1 page.
  • Béguin, François, Aide au retour des Roms : quels sont les « effets pervers » du dispositif ?, Le Monde, 14 Septembre 2012, 2 pages.
  • Chaix, Camille, Les roms migrants, objet d’action associatives fondamentalement divergentes mais pas contradictoires, Séminaire économie sociale et développement, 2007-2008, 2 pages.
  • Collectif National Droits de l’Homme Romeurope, La non scolarisation en France des enfants Roms migrants, Collectif National Droits de l’Homme Romeurope, Février 2010, pages 35 à 40.
  • Le Nouvel Observateur avec AFP, Roms : Bruxelles « salue » les annonces du gouvernement, nouvelobservateur.fr, 22 Août 2012, 2 pages.
  • Niculescu, Luca, Roumanie : Roms en marge forcée, libération.fr, 11 Septembre 2012, 1 page.
  • Patier, Xavier, Roms : vers un assouplissement de l’accès au travail, Vie publique, 28 Août 2012, 1 page.
  • Ramel Audrey, Enfants de Roumanie Concrétiser les Droits de l’Enfant en Roumanie, droitsenfant.org, 5 décembre 2011, 5 pages.
  • RTL, Alain Juppé: « les conditions de vie des Roms en Roumanie et en Bulgarie sont inacceptables », RTL, 18 Août 2010 ,1 page.
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2 Responses to Migrer en France : opportunité d’une vie meilleure pour un Rom ?

  1. SIMON Alexis says:

    Je trouve votre sujet d’actualité, On en parle beaucoup en ce moment.
    Votre argumentation est bien rédigée et complète.

  2. sainton phylicia says:

    Je trouve ce sujet très intéressant, en effet c’est un sujet qui est d’actualité.
    D’une part il correspond bien au thème « partir-venir: voyage, mobilité, migration  » et d’autre par c’est un sujet qui encore aujourd’hui fait parler de lui.
    je trouve que l’introduction est bien rédigé et l’annonce du plan.
    J’ai trouvé sa plutôt bien le fait de commencer directement par la problématique
    le plan est très bien agencé et organisé.
    Ainsi la conclusion rédige bien les sous parties traitées d’une manière général. J’ai beaucoup apprécie lire ce blog 🙂