Amer constat pour la solidarité en milieu rural !

La solidarité est une forme de soutien et d’entraide entre les personnes et les collectivités, elle est génératrice de liens sociaux et permet le partage, la cohésion et l’union des personnes.

Historiquement, c’est dans les zones rurales que l’élan de solidarité était le plus fort. Cet élan était renforcé par la proximité entre les personnes mais aussi et surtout car ces personnes étaient éloignées des villes et n’avaient pas d’autres moyens de faire : ils étaient contraints de s’entraider les uns et les autres. La solidarité en milieu rural est en quelque sorte le résultat de l’adaptation des hommes aux contraintes liées à leur milieu de vie.

Or, dans ces territoires ruraux où l’élan de solidarité était très fortement implanté, il semble perdre en intensité. Est-ce seulement le ressenti des populations ou est-ce vraiment la réalité ? C’est la question que beaucoup de gens se posent, notamment chez les personnes habitant dans des zones à dominante rurale.

Faut-il à tout prix maintenir l’esprit solidaire en milieu rural en France aujourd’hui ?

Nous verrons d’abord quels sont les signes de la baisse de la solidarité en milieu rural, puis nous observerons quels sont les nouveaux acteurs qui entretiennent l’esprit solidaire dans ces territoires et pour finir, nous verrons que l’esprit solidaire est certainement la clé du bon fonctionnement des campagnes.

Urgence ; la solidarité en déperdition dans les milieux ruraux!

De nos jours, dans les campagnes, le sentiment d’abandon grandit. De plus en plus de ruraux se sentent délaissés par les pouvoirs publics. L’Etat est-il coupable ?

D’après un rapport d’étude du CREDOC (Centre de Recherche pour l’étude et l’Observation des Conditions de Vies), en octobre 2017, près d’un français sur trois estimait vivre dans un territoire délaissé par les pouvoirs publics. En effet, avec la diminution des dotations de l’Etat, beaucoup de services publics de proximité ont disparu (école, mairie, services de santé, transports en communs, …). Une habitante de l’Aubrac déclarait sur TF1 que sa fille de 4 ans devait faire 18 km de bus le matin et le soir pour aller à l’école du village voisin le plus proche.

Non seulement les milieux ruraux subissent directement la disparition de tous ces services de proximité, mais ils sont aussi victimes d’une diminution de la proximité qui existait autrefois entre eux. La cause principale en est la disparition des petits commerces et marchés de proximité. Le manque d’interaction entre ruraux qui autrefois étaient très importante empêche considérablement l’entraide entre les personnes ; ainsi l’élan de solidarité se perd.

D’après ce constat, l’Etat semble aller à l’encontre du maintien de l’esprit solidaire dans les campagnes, il serait directement responsable en diminuant les dotations liées au fonctionnement des structures en milieu rural.

Et pourtant, il ressort des statistiques de l’Etat que celui-ci met en œuvre davantage de moyens financiers pour les ruraux que pour les citadins. C’est ce que Grimault Vincent reprend dans l’article Les campagnes abandonnées? Même si l’Etat dépense en moyenne plus pour un rural que pour un citadin, le rural semble abandonné. Cette contradiction est liée au fait que pour qu’un rural atteigne le même niveau de proximité de services (gares, cabinets médicaux, centres d’activités, accès à Internet) qu’un citadin, il faut beaucoup plus de moyens financiers. L’organisation du territoire, l’éloignement et la dispersion des habitants ruraux sont les deux principaux facteurs de coûts supplémentaires.

En somme, le monde rural est fragilisé par la baisse des dotations de l’Etat qui est accentuée par la présence de contraintes géographiques et territoriales.
Quelles sont les actions qui visent à palier ce manque de solidarité ?

Le désespoir ?

Le désespoir ? Auteur : Steve

De nouveaux acteurs pour un renouveau de l’esprit solidaire.

Le manque et le besoin de solidarité en zones rurales a conduit à la création d’actions promotrices de la solidarité. Des organismes ont même choisi de récompenser les meilleurs d’entre elles. C’est ce que la Mutualité Sociale Agricole (MSA) présente sur son site.

Bien d’autres associations et fondations se sont lancées dans le développement de l’esprit solidaire en zones reculées. C’est le cas de l’association Banque alimentaire qui expose une de ses actions sur son site.

Pour beaucoup de personnes qui ne peuvent plus se déplacer (personnes âgées, personnes handicapées, …) l’élan de solidarité est nécessaire voir vital. Sans cet élan de solidarité, elles n’auraient pas de nourriture livrée à domicile, pas d’aide liée à leur dépendance ou à l’entretien de leur maison ou tout simplement pas de contacts avec le monde extérieur.

Personne agée en milieu rural

Personne âgée en milieu rural, Auteur : Inconnu

Il est donc crucial de maintenir voir de développer l’élan de solidarité pour beaucoup de personnes habitant dans les milieux ruraux.

 

L’Esprit solidaire : la clé d’un bon fonctionnement des campagnes ?

Depuis toujours, les campagnes sont le siège d’une forte cohésion entre les personnes et sont marquées par un esprit solidaire fort.

Bien que dans ces territoires, la solidarité soit née du manque de moyens, elle montre ses limites. Sans l’aide de l’Etat, les milieux ruraux ne peuvent pas fonctionner correctement. De nos jours, pour les rendre attractifs, il faut les développer et faciliter l’installation de nouvelles personnes. En rendant ces territoires plus peuplés, on augmente les dotations de l’Etat à la collectivité, et surtout le coût pour chaque citoyen revient moins cher pour l’Etat (le coût d’entretien d’une ligne téléphonique qui rallie une ferme isolée est le même que celui qui rallie un village d’une centaine d’habitants). C’est pour cela qu’il est nécessaire que l’Etat encourage le retour de personnes en milieu rural via l’aménagement de ces territoires. C’est ce que Frédérique Cadet expose dans l’article intitulé Pour une nouvelle ruralité.

De plus, les territoires ruraux sont pour la France un atout immense ; Jean-Paul Dufregne a affirmé dans le rapport d’analyses et de propositions pour l’avenir des territoires à l’Assemblée des Départements de France : « Les territoires ruraux sont un atout pour le développement de la France ». Disponible sur : http://www.departements.fr/lancement-des-assises-des-ruralites/
Certains vont plus loin, ils exigent que les décisions politiques est organisationnelles soient prises par des ruraux car ce sont eux qui sont confrontés constamment aux problèmes liés à l’isolement et ce sont eux qui sont les plus concernés par les différents aménagements à effectuer. Guy Vasseur à déclaré que : « Une nouvelle dynamique doit être enclenchée depuis le terrain « , sur le site Wikiagri.

Le développement des territoires ruraux est donc surtout l’affaire d’une étroite collaboration entre le monde rural et les institutions françaises.

Il est donc nécessaire pour notre pays de maintenir l’esprit solidaire dans les campagnes, car il est responsable de la cohésion des personnes, mais aussi des projets.

 

 

En somme, l’esprit solidaire et un élément incontournable pour les populations rurales et surtout pour les personnes qui sont en incapacité de se déplacer. Mais, pour assurer la durabilité de l’esprit de solidarité, il est nécessaire que l’Etat accompagne les actions permettant de maintenir un niveau de vie correct en milieu rural.

Dernièrement nous avons vu que dès que cette confiance en l’Etat est fragilisée, des débordements apparaissent aussitôt dans la population (cas des gilets jaunes).

Afin de maintenir un esprit de solidarité en campagne, des initiatives locales sont parfois mises en place telles que la création de monnaies locales comme l’Eusko au pays Basque.

 

Valentin Rougemont
Jérémy Fievet

 

Bibliographie :

Banque alimentaire. Les épiceries sociales itinérantes, la solidarité en mouvement. Publié le 18 février 2018. Consulté le 25 novembre 2018.
Disponible sur https://www.banquealimentaire.org/les-epiceries-sociales-itinerantes-la-solidarite-en-mouvement-160

Cadet Frédérique. Pour une nouvelle ruralité. Date de publication inconnue. Consulté le 12 novembre 2018
Disponible sur www.institutagrissimo.org

CREDOC. Près d’un Français sur trois estime vivre dans un territoire délaissée par les pouvoirs publics. Publication de octobre 2017. Consulté le 26 décembre 2018. Disponible sur https://www.credoc.fr/publications/pres-d-un-francais-sur-trois-estime-vivre-dans-un-territoire-delaisse-par-les-pouvoirs-publics-1

Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR) et Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) . Quelle France rurale pour 2020? Publié le 3 septembre 2003. Consulté le 25 novembre 2018. Disponible sur
https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/034000553.pdf

Direction de la communication et des relations avec les citoyens. Le Dossier, Pour une ruralité dynamique. Ma région (Bourgogne Franche-Comté) Le magazine, automne 2018, N°6, pp. 9-12. Consulté le 26 décembre 2018

Dufregne Jean-Paul. mission « NOUVELLES RURALITÉS » Rapport d’analyses et de propositions pour l’avenir des territoires. Publié au mois de décembre 2013. Consulté le 26 décembre 2018. Disponible sur
http://www.departements.fr/lancement-des-assises-des-ruralites/

Grimault Vincent. Les campagnes abandonnées? Alternatives Economiques, novembre 2015, n°351, p. 65. Disponible au CDI. Consulté le 26 décembre 2018

Lemière Jérémy, Roger Alexandre, Rozé Franck. Lien social et solidarité. Le bimsa, septembre 2017, n°176, pp. 15-23. Disponible au CDI. Consulté le 26 décembre 2018

Vasseur Guy. Tous unis pour un développement cohérent et ambitieux des territoires Ruraux. Wikiagri.fr. Publié le 16 juin 2016. Consulté le 27 novembre 2018. Disponible sur https://wikiagri.fr/articles/tous-unis-pour-un-developpement-coherent-et-ambitieux-des-territoires-ruraux/9846

Savy Robert. La fondation RTE s’engage pour un univers rural solidaire. Date de publication inconnue. Consulté le 26 novembre 2018.
Disponible sur http://clients.rte-france.com/FondationRTE/fr/telecharge/Fondation_RTE_4_PAGES.pdf

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Comment renouer le lien entre producteurs et consommateurs.

Depuis quelques années, une envie grandissante de consommer mieux pour notre santé et pour l’environnement émerge en France. Aujourd’hui plusieurs moyens existent afin de manger local, plus naturel et agir sur l’économie : les circuits courts de consommation.

Disposer de produits frais, rencontrer les producteurs, connaitre l’origine des produits que nous consommons, voilà plusieurs raisons qui aujourd’hui poussent de plus en plus les consommateurs à s’orienter vers des circuits courts de consommation.

Qui aujourd’hui ne cherche pas à consommer plus local pour des soucis de qualité ou pour des raisons éthiques. Selon une étude Ipsos « consommer local : ce que veulent les Français », 80% des consommateurs Français prétendent consommer local dont 41% le font souvent. Chacun en fonction de ses moyens tend à consommer plus local dans une société ou la surconsommation est omnipotente.

Nous pouvons alors nous demander comment aujourd’hui, ces circuits courts de consommation reconfigurent le lien entre les producteurs et les consommateurs ?

Qu’est-ce que sont les circuits courts de consommation?

Comment aujourd’hui peut-on définir les circuits courts de consommation ? En effet il en existe une multitude, tous ayant le même objectif mais sans utiliser les mêmes moyens. Comment donner une définition universelle des circuits courts sur le territoire français ? Selon la définition du Ministère de l’agriculture, un circuit court est un circuit de distribution impliquant 0 ou 1 intermédiaire entre le producteur agricole et le consommateur.

Le principe d’un circuit court est de proposer aux consommateurs des produits frais, locaux et naturels vendu par le producteur lui-même le plus souvent. Dans ces filières courtes, les producteurs maitrisent la production en globalité tout en valorisant leur travail.

Les circuits courts en vente directe sont le plus souvent le fruit d’un accord entre producteurs et consommateurs comme les AMAP, Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne. Dans ces AMAP il y a un engagement entre les deux parties. L’un doit assurer la production maraichère pour garantir la livraison de ses produits, c’est le producteur. L’autre doit assurer que son panier soit retiré chaque jour de livraison. Dans la région Franche-Comté nous pouvons illustrer cela grâce aux paniers de Cocagne, une AMAP basée à Chalezeule proposant un service de paniers de fruits et légumes de saison chaque semaine. Voici une vidéo expliquant les AMAP par Francoise FRABRE, benevole d’une AMAP.

Les circuits courts peuvent être aussi l’engagement d’un producteur, comme être présent sur les foires pour présenter ses produits, assurer un service de vente à la ferme de production ou encore se rendre aux marchés des communes pour y vendre les produits.

Les producteurs peuvent aussi se rassembler pour proposer une vente collective des produits afin d’amoindrir les couts pour chacun. On peut rencontrer ces formes d’association de producteurs sur les foires, dans les marchés paysans ou encore dans des points de vente collectifs qui se multiplient de plus en plus. Par exemple le magasin « Aux saveurs de la ferme » basé à Châtillon le Duc propose des produits bio de producteurs régionaux. Cela permet un vaste choix de produits locaux et naturels pour les consommateurs tout en garantissant la vente à un prix fixé par le producteur.

Images de thèmes de andynwt. Fourni par Blogger.

Images de thèmes de andynwt. Fourni par Blogger.

La création d’un lien nouveau

L’apport aux producteurs

Les circuits courts sont liés avec l’économie sociale et solidaire. Par exemple, les Jardins de Cocagne sont des exploitations maraîchères biologiques, dont la production est vendue localement sous forme de paniers et qui emploie des personnes en réinsertion professionnelle. Les consommateurs, à travers l’engagement pris, permettent à des personnes de retrouver une nouvelle vie en lien avec le travail, cela créée du lien social.

Dans l’article de H. BUSTOS de Transrural initiatives, on y découvre qu’une association de producteurs, l’Inpact (initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale) veut enclencher une transition grâce aux témoignages de différents agriculteurs de circuits courts. En effet, l’association regroupant les producteurs avait pour but initial d’orienter «… l’agriculture vers des systèmes de production qui permettent aux agriculteurs d’en vivre et d’être acteurs de leur propre développement, qui soit respectueux de l’environnement, soit basé sur des principes d’équité sociale et de solidarité planétaire… ». En bref, les agriculteurs adhérant à l’Inpact se sont entraidés pour produire de manière plus respectueuse de l’environnement, sans pesticides ni OGM.

L’interview de Emmanuel VIAUD, maraicher de l’AMAP d’Aubenas, réalisé par Fanny Métrat pour le journal agriculture paysanne montre que celui-ci adhère à une charte d’agriculture paysanne pour garantir une production locale aux consommateurs et qui garantit une culture eco-friendly. Grace à cette charte c’est le producteur qui s’engage à livrer des produits de qualité et le consommateur à s’informer de la charte et donc des conditions de production.

Les producteurs peuvent, grâce aux circuits courts, augmenter leur qualité de vie et leurs compétences ainsi que mettre l’entourage proche à contribution du projet. Mais l’attrait le plus intéressant pour le producteur aujourd’hui est sans doute pouvoir avoir l’avis des clients en retour ainsi que d’acquérir une réputation sur la qualité des produits et une reconnaissance des clients.

Donc, dans les circuits courts les producteurs sont amenés à adhérer à des associations ou à des chartes pour que leur travail puisse être garanti lors de la vente. Cela permet au consommateur de pouvoir avoir confiance et de garantir la qualité des produits qu’il peut consommer.

 L’apport aux consommateurs

Le plus souvent, les consommateurs ont des revenus supérieurs à la moyenne mais il n’y a pas de profil d’âge type. En effet, les étudiants comme les personnes âgées consomment grâce à des circuits courts. Ces consommateurs sont attirés par certains aspects spécifiques aux circuits courts comme avoir accès à des produits frais et de qualité. L’aspect pratique est souvent mis en avant ainsi que l’offre des circuits courts qui permet un large choix. Les consommateurs sont aussi attirés par les circuits courts grâce au lien que le producteur tisse avec eux, cela permet une relation de confiance entre les deux. En effet comme nous le montre l’article N. Nahapetian « consommer local et langer mieux » issu du magazine Alternatives Economiques, l’AMAP Les Monstrueux du Marivel, a été créée « …afin de permettre aux agriculteurs d’être mieux rémunérés et aux consommateurs d’avoir accès à des produits de meilleure qualité… ». Cela met d’autant plus en avant l’existence d’une coopération, en quelques sortes, entre producteurs et consommateurs.

Néanmoins les circuits courts peuvent rebuter certains consommateurs notamment à cause des prix des produits proposés qui sont plus élevés qu’en supermarchés car ils sont fixés par les producteurs. Cependant la concurrence grandit et le marché devient compétitif. Les prix essaient de s’adapter à tous, afin de toucher le plus grand nombre de personnes, de toutes classes sociales. En faisant cela les producteurs essaient de faire prendre conscience à une bonne partie de la population en les incitant à consommer localement, de meilleure qualité, tout en respectant l’environnement.

Voici une vidéo montrant les points positifs des AMAP pour les producteurs et les consommateurs. Reportage par GrandLille.Tv

La création d’un lien de confiance

Les circuits courts à travers la proximité et la qualité sont créateurs d’impact sur l’économie locale et sur la vie locale. En effet ils permettent le développement d’une économie à l’échelle du circuit et aussi l’emploi de plusieurs personnes sur les sites de productions.  Les consommateurs se sentent donc acteurs de l’économie locale, et le producteur cherche aussi à fidéliser ses clients. La participation des consommateurs a donc un intérêt collectif.

Socialement, les enjeux sont tout aussi importants car ils permettent la revalorisation des métiers agricoles et mettent en avant leurs importances quand à la contribution à la sauvegarde de l’environnement. Les circuits courts forgent aussi une nouvelle dynamique aux territoires : beaucoup de gens sont impliqués dans ces circuits.

Entre professionnels, les circuits courts ont un aspect bénéfique : les relations entre producteurs sont largement accrues, ils coopèrent plus facilement entre eux et partagent leurs compétences.

Les circuits courts permettent aux gens de se sensibiliser quant à leur alimentation et consommation habituelle, ces dernières années on assiste à une prise de conscience de la part de plus en plus de consommateurs face aux solutions qu’apporte les circuits courts aux problèmes environnementaux et sociaux ainsi que leur contribution à l’économie des territoires.

Dans l’interview de Emmanuel Viaud par Fanny Métrat, le maraicher parle du lien qu’il entretient avec les consommateurs de l’AMAP. Il évoque un lien « détendu et sympa » par lequel il en « profite pour faire connaitre [les] réalités du métier ». Ce lien et ces discussions permettent selon lui de faire prendre conscience aux consommateurs que la production dépend aussi de facteurs externes comme les saisons ou la météo. Le consommateur est donc informé sur ce métier et il prend conscience qu’il peut agir à son niveau.

http://www.yepnature.com/media/wysiwyg/Pourquoi-des-circuits-courts-1024x669.jpg

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Les enjeux  des circuits courts

Les circuits courts adaptés à chacun

Grâce à tout cela, de nouvelles ‘qualifications’ de consommateurs ont émergées,  comme les freegans et les locavores.

Nous pouvons remarquer que les circuits courts amènent les consommateurs à découvrir, s’informer, et réagir à des problèmes de société. Selon A-C RENARD, c’est une « Solution pour réduire l’empreinte écologique selon la WWF » en optant « pour un régime Flexitarien avec moins de viande, de poisson, de produits transformés ou raffinés mais avec plus de légumes et de céréales, ainsi que lutter contre le gaspillage alimentaire, consommer bio et acheter des produits locaux de saison ». Changer ses habitudes n’est pas chose simple mais si nous voulons agir pour notre environnement et pour l’économie locale il faut s’alimenter autrement.

Par exemple, le freeganisme est un mode de vie alternatif qui consiste à consommer principalement ce qui est gratuit et végane, à créer des réseaux d’entraide qui facilitent ce choix afin de dénoncer le gaspillage alimentaire et la pollution générés par les déchets. Comme il est dit dans l’article « les produits et circuits alternatifs bousculent les codes » de A-C RENARD du magazine Revue Laitière Française d’octobre et selon Béatrice de Reynal (experte) : « En s’intéressant à la nutrition ils (les consommateurs) ont pu découvrir que oui, nous mangions trop de viande. C’est cette conscience prise par les consommateurs qui amènent certaines personnes à devenir végane c’est à dire exclure les produits d’origine animale de sa consommation. ». Mais alors en quoi les freegans peuvent-ils être convaincus par les circuits courts ? Tout simplement les circuits courts proposent plus de produits frais avec moins d’emballages, tout en maintenant un environnement de production naturel.

De plus les locavores sont eux, des consommateurs qui privilégient une consommation locale, des produits frais et de saison, limitent le gaspillage alimentaire, ils essayent de favoriser le maintien des populations et de l’agriculture sur le territoire. Ces locavores aident surtout les petits producteurs locaux voulant exploiter leurs ressources tout  en amenant une mise en valeur de leurs territoires par leur profession. Les locavores sont des consommateurs attendant des réponses aux questions de transparences, de démarches responsables et de naturalité, et c’est grâce à ces circuits courts que toutes leurs attentes sont comblées. Donc les locavores sont les principaux consommateurs des circuits courts et certains d’entre eux vont jusqu’à ouvrir des magasins dit « Vrac » qui propose des produits de qualité locaux en produisant le moins de déchets possibles (emballages, vente de produits réutilisables…). Selon London Business Fundation, un dollar ou un euro investi dans une économie locale comme un circuit court permet de générer le double en revenus.

Les circuits courts n’ont pas été inventés pour satisfaire des régimes alimentaires, il y a d’autres enjeux sur la table.

Les véritables enjeux des circuits courts

Aujourd’hui les circuits courts doivent être structurés pour pouvoir s’adapter à la demande grandissante. Le producteur doit être rassuré et accompagné pour étendre son offre aux familles à revenus plus modestes ainsi que d’économiser ou de partager les couts de distribution comme le fait l’association Biolait en regroupant le lait des éleveurs afin d’assurer l’indépendance des producteurs face aux grands groupes.

Mais les circuits courts n’atteindront pas leurs objectifs sans un panel de consommateurs grandissant. Pour cela c’est aux consommateurs déjà convertis que revient la tâche de convaincre leur entourage. Les habitudes de consommation doivent changer, nous devons apprendre à manger différemment de ce que nous connaissons pour migrer vers une consommation responsable et locale, moins polluante pour l’environnement et donc plus durable. D’autre part, des politiques de consommation pourraient être misent en place par les mairies afin de toucher plus de consommateurs potentiels comme il est déjà le cas dans certains départements comme la Loire où les agriculteurs des circuits courts sont accompagnés « de l’installation du projet jusqu’à la commercialisation » selon les dires de Chantal BROSSE la vice-présidente chargée de l’agriculture.

Le maraicher E. Viaud désire de son côté ouvrir son AMAP aux gens à revenus plus faibles que les classes moyennes, tout en garantissant l’aspect solidaire de départ.

legumes blog

Lilliane AUFFRET, 2011, Im@gine.

Conclusion

Aujourd’hui, consommer local a donc une influence sur l’économie locale, mais consommer par les circuits courts n’est pas accessible à tous. Pourtant de plus en plus de projets pour rendre accessibles ces circuits  aux revenus les plus faibles sont en train d’être créés.

Aujourd’hui la question d’un label « circuits courts » se répand. Comment éviter les fraudes ou les arnaques aux consommateurs ? Plusieurs labels ou chartes sont déjà mis en place mais rien n’est défini au niveau national.

Aujourd’hui de plus en plus de projet de circuits courts ou d’agricultures solidaires émergent, il suffit de regarder autour de nos communes pour nous rendre compte que la consommation est en train de changer. A nous de ne pas rater le train !

 

GIGON-VEYA Théo

Blibliographie

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Solidarité féminine : unies pour une lutte de tous les instants

La solidarité féminine est depuis quelques années un sujet au cœur la société.                   Les récents événements de violences subies par des femmes ont fait devenir cette solidarité primordiale.                                                                                                                             La solidarité féminine est une action ayant commencé il y a plusieurs décennies.              Lors de la première Guerre Mondiale, déjà, la solidarité féminine était au cœur de la société. Les femmes se soutenaient mutuellement lors du départ de leur mari pour le front mais également lors de leur travail de munitionnette dans les usines d’armement.                  Les femmes se soutiennent dans leur combats, nous pouvons donc nous demander, en quoi les femmes françaises sont-elles solidaires entre-elles pour défendre les causes qui leurs tiennent à cœur depuis le XXème siècle ?                                                                             Nous montrerons qu’il existe deux types de solidarité féminine, la solidarité féminine pour lutter contre un combat personnel et la solidarité féminine pour lutter contre un combat collectif.

 

La solidarité féminine, au centre d’un combat personnel

La solidarité peut concerner des femmes ayant un même combat personnel. Des femmes se battent tout leur vie pour rendre meilleure la situation d’autres femmes. Une femme a fait de sa vie un combat pour améliorer le quotidien des femmes, en rendant légal l’avortement. Simone Veil alors Ministre de la santé s’est battue, devant une assemblée constituée majoritairement d’hommes, pour faire accepter le texte de loi sur la dépénalisation de l’avortement.                                                                                                   Après un discours remarquable où Simone Veil démontre toutes les raisons valables de légaliser l’interruption volontaire de grossesse, le texte est finalement adopté à l’Assemblée nationale le 29 novembre 1974.                                                                                                         Grâce au combat de Simone Veil, de nombreuses femmes ont pu profiter de ce droit pour mettre fin à leur grossesse. Cela est une véritable preuve de solidarité féminine car aujourd’hui, grâce à elle, les femmes peuvent avorter librement, beaucoup de femmes lui sont ainsi reconnaissantes. Dans son livre autobiographique Une Vie Simone Veil raconte ce combat qu’elle a mené tout au long de sa vie.

 

sans-titreSimone Veil présentant le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse Libération

 

Une autre femme est au cœur d’un combat pour faire connaître une maladie touchant uniquement les femmes et dont elle souffre, l’endométriose.                                             Laëtitia Milot veut mettre sa notoriété, qu’elle à pu acquérir en jouant dans la série Plus Belle La Vie, au service de la recherche contre cette maladie responsable d’infertilité chez la femme.                                                                                                                                       Laëtitia Milot à accordé une interview au magazine de la santé diffusé sur France 5 le 15 Avril 2016 https://www.youtube.com/watch?v=0xTlDJVKaYg où elle raconte son combat contre cette maladie dont elle souffre.

Par solidarité avec les femmes souffrant d’endométriose, Laëtitia Milot souhaite que cette maladie ne soit plus tabou, que l’on puisse en parler ouvertement car cette maladie touche 3 à 6 millions de femmes en France. En rendant cette maladie connue, Laëtitia Milot souhaite donner de l’espoir à toutes les femmes ne pouvant pas avoir d’enfant. En partenariat avec l’association EndoFrance, Laetitia Milot mène des actions pour lever des fonds qui seront reversés à la recherche contre cette maladie, comme des marches solidaires, des spots publicitaires, des affiches…

 

CaptureLaetitia Milot lors de son interview pour parler de son combat contre l’endométriose Youtube

 

La solidarité féminine n’existe pas seulement pour les causes touchant une personne en particulier mais peut également exister pour des causes touchant un plus grand nombre de personnes, comme les violences faites aux femmes.

 

La solidarité féminine, au centre d’un combat collectif

La solidarité féminine contre les violences conjugales est de plus en plus répandue car les femmes sont malheureusement de plus en plus victimes de ces violences.

Depuis plusieurs années de nombreux cas de violences conjugales ont étés relatés, mais un en particulier survenu le 30 octobre 2017 a ému toute une ville. Il s’agit d’une femme abattue en pleine rue à Besançon par son mari.                                                                              Razia Askari était une femme ayant un mari violent, qui la battait sans raison, sans arrêt. Malgrés plusieurs recours à la justice, en vain, Razia est morte sous les coups de son compagnon et père de ses enfants.                                                                                                        Un article de l’est Républicain lui a été consacré, montrant son courage face à cette situation.https://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2018/11/24/besancon-tuee-en-pleine-rue-razia-askari-etait-une-femme-lumineuse-et-courageuse

L’article relate du courage qu’avait eu Razia de porter plainte et de se séparer de son mari. Razia avait ensuite pu trouver refuge dans une association soutenant les femmes battues, “Miroirs de Femmes”, où elle avait réussi à s’ouvrir, à participer à différents ateliers.       Auprès de cette association, Razia avait pu retrouver goût à la vie, vie qu’aujourd’hui son mari lui a pris.

L’association Solidarité Femmes a mis en ligne une vidéo choc afin de sensibiliser le public au cause que l’association défend : la  lutte contre toutes les violences faites aux femmes, notamment celles sein du couple et de la famille car trop nombreuses sont, les femmes victimes des violences de leur maris. https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=YExYbh4ly38

Malheureusement, il existe d’autres affaires où des femmes ont subi des violences mais un autre type de violence, des violence sexuelles.

Le mouvement, #NousToutes, soutient ces femmes victimes de violences. Ce mouvement s’est réuni le Samedi 24 Novembre 2018 pour exprimer son ras-le-bol quant aux violences sexistes et sexuelles infligées aux femmes. https://www.ouest-france.fr/societe/famille/feminisme/femmes-le-mouvement-noustoutes-espere-une-forte-mobilisation-contre-les-violences-sexistes-et-6089394

 

Un autre mouvement de solidarité féminine souhaite mettre fin au violence subies par les femmes, il s’agit du mouvement #MaintenantOnAgit. L’article https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/02/27/maintenant-on-agit-avant-les-cesar-actrices-et-personnalites-se-mobilisent-contre-les-violences-faites-aux-femmes_5263290_3224.html fait écho de ce mouvement, il s’agit d’un mouvement créé par des personnalités françaises ne voulant plus que les violences subies par les femmes restent impunies. Parmi les personnalité appartenant à ce mouvement, on retrouve des actrices. Ces actrices se mobilisent : elles ont lancé un appel aux dons afin d’aider les associations de luttes contre les violences subies par les femmes, elles ont également portés un ruban blanc lors de la cérémonie des Césars pour soutenir les femmes et dénoncer les violences qu’elles subissent au quotidien, lors de cette cérémonie, un seul mot d’ordre domine : “ Maintenant, on agit “.                                                                               Ces actrices font parties de la campagne baptisée #MaintenantOnAgit tous comme plus de 100 personnalités françaises dont l’objectif est de lever des fonds afin de vernir en aide aux associations.

 

En 2016, en France, 109 meurtres et 143 tentatives de meurtres de femmes ont été recensés, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon… ces chiffres sont effroyables et prouvent que malgré les nombreuses actions menées, il y a encore trop de femmes qui subissent des violences.
Depuis le XXème siècle, les femmes sont devenues de plus en plus solidaires entre elles. Elles se soutiennent dans différents combats, qu’il soit d’ordre personnel, comme le droit à l’avortement ou la prise de conscience d’une maladie, ou qu’il soit d’ordre plus collectif, comme la lutte contre les violences conjugales ou sexuelles qu’elles subissent au quotidien. Elles mènent tous ces combats avec détermination, force  et courage.

PETIT Charlène et CUENOT-CHEVAL Maud

Bibliographie :

  • Allo Docteurs, “Laëtitia Milot (Plus belle la vie) raconte son combat contre l’endométriose – Le Magazine de santé”, interview de Laetitia Milot [vidéo en ligne], youtube, 15/04/2016, [consulté le 05/12/2018], 1 vidéo 8 min 03, disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=0xTlDJVKaYg
  • Gaëlle Dupont, “Violences faites aux femmes : les féminicides, ces meurtres encore invisibles”, [en ligne] Le Monde, mis à jour le 27/11/2017 [consulté le 18/11/2018]
  • Gaëlle Dupont, “Les principales annonces de Macron pour l’égalité entre les femmes et les hommes”, [en ligne] Le Monde, mis à jour le 26/11/2017 [consulté le 18/11/2018]
  • Simone Veil “Une vie”, Stock, publié le 31/10/2007, 352 pages, annexe

 

 

 

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L’économie de la santé depuis 1950

L’économie de la santé est un domaine de la science économique étudiant la santé, l’organisation du système de santé avec l’offre de soins et la demande de soins. Avec la mise en place de la sécurité sociale en 1945, suite à la seconde guerre mondiale, une forme de solidarité s’établit entre les Hommes pour les personnes malades. Ainsi on peut se demander en quoi la solidarité envers les personnes gravement malades impacte l’économie de la France depuis 1950. Pour cela nous verrons dans une première partie les points clé à connaître sur l’économie de la santé. Ensuite nous analyserons l’évolution de cette l’économie de 1950 à 1980, puis de 1980 à aujourd’hui.

Olympe BAUER 02/01/2019

Olympe BAUER 02/01/2019

L’économie de la santé, un vaste sujet

L’Etat, ses collectivités locales, la sécurité sociale c’est à dire le secteur public finance les trois quarts des dépenses de la santé, soit environ 150 milliards d’euros. On entend ici les dépenses courantes comme la CSBM (la Consommation des Soins et des Biens Médicaux), les soins hospitaliers, les soins ambulatoires, les transports, les médicaments, c’est à dire les dépenses totales de la santé. Le quart restant lui est financé par les ménages et les organismes complémentaires. Ces organismes complémentaires assurent le meilleur remboursement des dépenses de santé des personnes malades résidant en France (les ménages payent une assurance complémentaire). Ces assurances maladie prennent donc en charge une partie des frais, non couvert par la sécurité sociale.
Des prestations sociales sous forme d’aides économiques sont mises aussi en place afin d’aider les personnes atteintes d’une maladie chronique: Allocations aux adultes handicapé (AAH), prestation de compensation du handicap (PCH), la garantie de revenu pour les personnes handicapées (GRPH)

De 1950 à 1985

Durant cette période le système de soins se développe très rapidement, cela est dû à plusieurs facteurs: d’une part aux fortes avancées techniques dans le domaine médical qui accroissent les dépenses de santé plus rapidement que le revenu national n’augmente et d’autre part aux offres de soins qui se développent à travers la croissance de l’équipement du personnel hospitalier (augmentation de la densité des personnels médicaux et paramédicaux).

En effet la croissance des dépenses est stimulée principalement par les soins hospitaliers: Suite à la seconde guerre mondiale le système hospitalier se développe: les soins doivent-être accessibles à tous par le biais de remboursement par la sécurité sociale et d’assurances complémentaires pour la prise en charge des coûts de la santé (loi de 1941). La part des hôpitaux (dirigés par l’Etat afin de maîtriser les dépenses) dans la CSBM reste quasiment inchangée entre 1950 (26 %) et 1985 (25 %) mais la croissance des autres composantes de la dépense: la densité de médecins est multipliée par trois entre 1950 et 1985 pour couvrir l’augmentation du nombre de patients.

Le financement public joue un rôle central dans le développement du système de santé. En effet la couverture maladie se généralise et la part de la Sécurité sociale dans le financement de la CSBM passe de 50 % à 80 %. Les volumes de médicaments consommés progressent très fortement et la dépense hospitalière augmente à la suite d’importants programmes de réhabilitation de nouveaux hôpitaux.
Durant cette période, le système de santé et de l’offre de soins se développent: le volume de la dépense progresse en raison d’effets d’offre (hausse du nombre de médecins, recours croissant aux spécialistes, innovations technologiques), mais aussi d’une demande mieux remboursée par le fort développement des assurances complémentaires, dont le taux de couverture passe de 31 % des assurés en 1960 à 69 % en 1980.

Les comptes de l’assurance maladie se retrouvent alors régulièrement en déficit. C’est la raison pour laquelle, à partir des années 1980, les plans de redressement se succèdent…

De 1985 à aujourd’hui, que peut-on dire?

Aujourd’hui le coût de la santé augmente d’année en année, avec le ralentissement de la croissance des dépenses hospitalières, la part des soins hospitaliers dans la CSBM a reculé depuis 1985 et reste relativement stable depuis 2010, autour de 47 % de la CSBM en 2015. Mais à l’inverse, les dépenses d’autres biens médicaux et de transport ont une croissance supérieure aux autres postes de la CSBM depuis les années 1980. Ils représentaient moins de 5 % de la CSBM jusqu’en 1990 et ont progressivement pris de l’importance pour atteindre près de 10 % en 2015. En revanche, la part des soins de ville et des médicaments est restée quasi stable entre 1985 et 2015).L’Etat doit faire coïncider le système de santé et les dépenses pour que le système de protection sociale ne soit plus en danger. En effet environ 600 milliards d’euros, ce qui représente 30% du PIB sont distribués chaque année en aides au logements, en remboursement maladie, en allocations adultes handicapés, en aides sociales communales etc.. ce système de protection sociale coûte cher, les caisses de l’Etat se vident.

La création d’un objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) à compter de 1997 permet d’infléchir provisoirement la tendance à la hausse de la CSBM. Mais celle-ci reprend au début des années 2000 avec un rythme annuel de 5 % à 6 % en valeur, pour tous les types de soins.

Des solutions ?

Pour remédier à ce manque d’argent, l’Etat doit trouver 50 milliards d’euros. l’Etat se voit obligé de réglementer les prix des produits pharmaceutiques, d’augmenter les prélèvements obligatoires (ces prélèvements représentait 44.7% du PIB en 2012) et de supprimer environs 150 000 postes de fonctionnaires en 4 ans afin de faire des économies sur les dépenses publiques. Au-delà des déremboursements de médicaments, des mesures d’efficience et de régulation d’un nouveau genre sont alors prises à partir du milieu des années 2000 : mise en place progressive de la tarification à l’activité pour les soins hospitaliers à partir de 2004, instauration de participations forfaitaires et de franchises pour les soins de ville en 2005 et 2008, renforcement de la maîtrise médicalisée, instauration d’une procédure d’alerte en cas de risque de dépassement de l’ONDAM…
L’ensemble de ces mesures conduit à modérer le rythme de progression de la CSBM, qui passe sous les 4 % en valeur en 2005, puis sous les 3 % depuis 2010. Pourtant cela semble suffisant; Maxime Ladaique, un économiste à l’ OCDE prévient «Si l’on veut vraiment dégager les milliards manquants, il va falloir tailler dans les prestations sociales» (Citation). En soit il conseille de réduire les versements effectués par les organismes publics permettant aux ménages de couvrir certaines dépenses comme la santé, la vieillesse, l’invalidité…

Pour conclure, l’économie de la santé a beaucoup évolué ces 70 dernières années. La fin de la guerre a engendré une croissance des soins d’où la création d’aides financières de l’Etat, malheureusement aujourd’hui l’Etat n’a plus d’argent pour financer ce système de protection sociale; des solutions se mettent en place pour subvenir à ce problème mais restent encore insuffisantes.

Bibliographie

BAUDE Catherine “Santé Protection sociale Solidarités” Bulletin Officiel (en ligne) 15/05/2006 (consulté le 26/12/18) Disponible sur https://solidarites-sante.gouv.fr/fichiers/bo/2006/06-04/bo0604.pdf

ECALLE François “L’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM)” FIPECO (en ligne) 19/10/18 (consulté le 13/11/18) Disponible sur https://www.fipeco.fr/fiche.php?url=L%E2%80%99objectif-national-de-d%C3%A9penses-d%E2%80%99assurance-maladie-(ONDAM)

DE PETIVILLE Christophe « Crise: Le système de protection sociale est-il en danger? » CFP et Associés (en ligne) 30/10/2012 (consulté le 14/11/18) Disponible sur https://www.cfp-associes.fr/Actualites/social/non-classe/101/crise-le-systeme-de-protection-sociale-est-il-en-danger-101.html

EVANS Anne, JUSOT Florence, LEGAL Renaud, LOUVEL Alexis, SHMUELI Amir (DREES) “Assurance maladie et complémentaires santé : comment contribuent-elles à la solidarité entre hauts et bas revenus ?” IRDES (en ligne) 03/2017 (consulté le 29/10/18) Disponible sur http://www.irdes.fr/recherche/questions-d-economie-de-la-sante/225-assurance-maladie-et-complementaires-sante.pdf

GUIBERT Philippe “Les prestations” Ministère des solidarité et de la santé (en ligne) 05/10/2015 (consulté le 23/12/18) Disponible sur https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/vivre-avec-une-maladie-chronique/article/les-prestations

MOATTI Jean-Paul “L’économie de la santé au service de la maîtrise des dépenses de santé” UNIVERSALI (en ligne) (consulté le 23/12/18) Disponible sur https://www.universalis.fr/encyclopedie/sante-economie-de-la-sante/1-l-economie-de-la-sante-au-service-de-la-maitrise-des-depenses-de-sante/

NORGRETTE J-C “Dépenses de santé : où passent les moyens mis à disposition ?” MG France (en ligne) 02/02/2015 (consulté le 22/12/18) Disponible sur https://www.mgfrance.org/index.php/actualite/economie-de-sante/739-depenses-de-sante-ou-passent-les-moyens-mis-a-disposition

SOUAL Hélène “Les dépenses de la santé depuis 1950” Etudes et résultats (en ligne) 07/2017 (consulté le 24/12/18) Disponible sur https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er1017.pdf

SOUAL Hélène “Les dépenses de santé en 2015” PANORAMA (en ligne) 2016 (consulté le 22/12/18) Disponible sur https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/cns2016.pdf

SYLVESTRE Philippe “L’économie de la santé” CAP CONCOURS (en ligne) (consulté le 24/12/18) Disponible sur https://www.cap-concours.fr/sanitaire-et-social/concours-paramedicaux/reviser/l-economie-de-la-sante-cc_san_07

Olympe BAUER

Lilou MASSON

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Dans quelles mesures les Etats des pays en difficulté ont-ils besoin des associations humanitaires dans le domaine médical pour venir en aide à leur population ?

L’Humanitaire est un domaine mettant en valeur la solidarité, car ce domaine demande des savoirs humains tels que l’adaptation à l’environnement et aux conditions matérielles sur place, être débrouillard, avoir l’esprit d’équipe, et bien sûr faire preuve de grandes qualités humaines : humilité, écoute, bienveillance. L’Humanitaire à pour rôle de venir en aide aux pays ou aux personnes ayant besoin d’aide, que ce soit dans le domaine médical, social ou même dans le développement d’un pays. Encore aujourd’hui, de nombreux pays sont en difficulté et n’arrivent pas à se développer. La misère est souvent rude et importante, c’est pourquoi l’humanitaire intervient de plus en plus.  Ainsi on peut s’interroger sur les mesures prises par les Etats des pays en difficulté grâce à l’aide des associations humanitaires du domaine médical pour venir en aide à leur population. Pour cela dans un premier temps nous traiterons les causes amenant les associations humanitaires médicales à intervenir dans un pays en difficulté puis la seconde partie traitera sur les actions mises en place par celles-ci.

Pays en péril  !

Qu’ils sont encore nombreux les pays en difficulté..                                                                      Plusieurs causes peuvent être des facteurs amenant à un développement difficile. Les principales sont tout d’abord une population trop importante, et un manque de richesses et de revenus pour y remédier, ce qui mène à un manque d’apports. Ces manques d’apports tels que l’eau par exemple, qui n’est parfois même pas disponible ou non potable et donc non consommable entraînent d’importants problèmes comme : peu d’hygiène, peu de nourriture. Sans eau on ne peut se doucher, on ne peut pratiquement pas cuisiner…Sans les principales richesses, le pays ne peut donc pas améliorer ses conditions de vie, et il ne peut pas se développer correctement, ce qui mène à une misère considérable.                 Mais heureusement ces pays peuvent compter sur les associations humanitaires médicales qui leur viennent en aide. Plusieurs raisons les amènent à agir : les pays victimes de catastrophes naturelles qui mènent parfois à des graves destructions d’infrastructures

Le 11 mars 2011, le Japon est victime d'un Tsunami. Sur les 17 000 habitants que contient la ville de Minamisanriku, 10 000 étaient porté-disparu selon le gouvernement nippon. Vidéo du Tsunami du 11 mars 2011 : https://www.flickr.com/photos/juanmgb/5522726860/in/photolist-9q2qhC-22CG6MJ-jDp8-9sSND-pGUVYL-99gGiW-9eanrz-nsW9wJ-faJrmM-VRdi1M-2cmZJPg-9pSZ1-6HeLpp-VjTXAD-5nYWaX-2ciUFS2-5XtsXW-ru5p3n-BB3W-6cgzdC-9yXHEQ-9qEoyX-f9wsPN-5y6cBr-LuR4F-7wsyGe-9t94m4-eEZD-9xjGiu-7GSr6q-hopS-PQze-48T6Rt-hopR-9uAWYS-6bPhH6-7evSyC-8RRxW-212d5z-21RP3tY-5uqdU-UC43-2QFWbk-W85nq-zSokW-9pV1Fv-inyQ4-cQaMGw-7wszvP-4oP6N

Le 11 mars 2011, le Japon est victime d’un Tsunami. Sur les 17 000 habitants que contient la ville de Minamisanriku, 10 000 étaient portés disparus selon le gouvernement nippon.
Vidéo du Tsunami du 11 mars 2011

indispensables (hôpitaux) donc une difficulté encore plus importante à l’accès aux soins, à laquelle il est impossible de remédier, la seconde raison concerne les conflits de guerre, certains pays sont beaucoup plus sensibles à une guerre que d’autres, et certaines créent des ravages. Mais ces guerres peuvent engendrer d’autres conflits tels que des crises migratoires qui mènent à des difficultés d’hébergement des personnes arrivantes, qui peuvent être blessées suite à la guerre de leur pays ou à un voyage compliqué. La troisième cause la plus importante prise en compte dans le déplacement des associations humanitaires médicales sont les phénomènes sociaux et le comportement de l’homme (pauvreté, faible accès aux soins, pas d’accès à l’eau, conditions de vie déplorables, exemple des femmes travailleuses du sexe au Mexique pour essayer de survivre…).

Besoin d’aide !

Les associations humanitaires agissent pour venir en aide aux populations en difficulté, et subvenir au mieux aux besoins, pour cela elles mettent en place plusieurs services. L’Humanitaire apporte des soins pour les victimes de catastrophes naturelles, d’épidémies, de guerres… Elles apportent des soins et apprennent aux personnels

L’association The Heart fund part à Haïti en 2012, afin d’améliorer sa compréhension sur l’environnement sanitaire du pays, de mettre en place une stratégie de dépistage et de prévention contre les maladies cardio-vasculaires.

d’hôpitaux de pays affaiblis comment prodiguer des soins pour pouvoir ainsi améliorer les leurs dans le futur. Mais ces associations humanitaires médicales n’apportent pas que des soins, elles mettent en place de la prévention pour prévenir les risques sanitaires (eau potable par exemple), les risques d’hygiène (épidémie, maladies contagieuses…).    Ces aides sont très importantes pour améliorer au maximum les conditions du pays. Ces humanistes viennent aussi parfois pour soutenir la population et les infrastructures en difficulté qui sont déjà présentes dans le pays. Les apports de matériels médicaux sont une des principales actions des associations pour venir en aide aux populations. Les humanistes ont aussi pour rôle d’aider à la recherche de corps, de personnes disparues et celles-ci emploient de plus en plus de moyens tels que des drones, des chiens renifleurs pour aider au mieux la population et être les plus performants possible. Mais avec tout ça, il ne faut pas négliger l’importance de la prévention en plus des autres actions, car celle-ci permet d’éviter et de réduire au maximum les difficultés et vise à aider le pays.

Pour conclure

Les associations humanitaires du domaine de la santé ne limitent pas leurs actions en prodiguant seulement des soins médicaux. En effet, ces humanistes de la santé interviennent également pour promouvoir une prévention contre un phénomène social tel que : les femmes travailleuses du sexe au Mexique (prévention soutenue par l’association humanitaire Médecin du Monde).                                                                                                        Une autre raison sociale pour laquelle ces mêmes humanistes du domaine médical se déplacent dans les pays socialement en difficulté est la mise en place de soins médicaux en toute gratuité. Les associations humanitaires interviennent également lorsqu’un risque sanitaire (absence d’eau potable) ou un risque d’hygiène (épidémie) est présent.                    Bien évidemment, les associations humanitaires sont souvent médiatisées et connues pour la pratique de soins médicaux, chirurgicaux lors des catastrophes naturelles. Cela dit, les pratiques des associations humanitaires ne se limitent pas uniquement aux victimes atteintes physiquement. Ces organisations participent activement à la recherche des personnes en collaboration avec d’autres institutions comme l’armée ou encore d’autres associations et ONG. Elles s’occupent du besoin de logistique dont la population touchée a désormais besoin (abris, nourriture, eau). Ces actions se font partout dans le monde (distribution de matériel et d’eau dans le désert du Sahara). Leur sociabilité ainsi que leur dévouement sont deux de leurs caractéristiques indéniables.

Les Etats de pays en difficulté, ont donc besoin des associations humanitaires dans le domaine médical lorsque leur population se retrouve marginalisée et en période de crise. Que se soit une crise due à un phénomène social tel que la « crise migratoire » ou une crise due à une catastrophe naturelle comme celle du tsunami en Indonésie.

SCHMIDT Juliette RUEFF Maverick

Bibliographie :

AFP, Le Monde. Pour l’ONU, la situation humanitaire au Yémen est la pire au monde. Le Monde [en ligne], publié le 23 octobre 2018, [mise à jour le 23 octobre 2018], [consulté le 3 janvier 2019]. Disponible sur https://www.lemonde.fr/yemen/article/2018/10/23/les-nations-unies-s-inquietent-d-un-risque-de-famine-au-yemen_5373137_1667193.html

Gagnet, Violaire. Mexique. In Médecins du monde. Médecins du monde [en ligne]. Médecins du monde, 2016 [consulté le 3 janvier 2019]. Disponible sur https://www.medecinsdumonde.org/fr/pays/ameriques/mexique

Giuliani Gianni. Sahraouis, dans le désert sans terre. Dossier photographique. (The Sahrawis. A nation in the desert without land. A photographic file). In: Bulletin de l’Association de géographes français, 83e année, mars 2006 [consulté le 3 janvier 2019]. Territoires d’exil : les camps de réfugiés. p 35-38. Disponible sur https://www.persee.fr/doc/bagf_0004-5322_2006_num_83_1_2491

Jégo, Marie. En Turquie, la deuxième survie des réfugiés syriens. Le Monde [en ligne], mars 2016, [mise à jour en mars 2016], [consulté le 3 janvier 2019]. Disponible sur https://www.lemonde.fr/international/article/2016/03/17/en-turquie-la-deuxieme-survie-des-refugies-syriens_4884745_3210.html

Keck Frédéric, Ticktin, Miriam. La souffrance animal à distance : des vétérinaires dans l’action humanitaire. In Anthropologie et société. Département de l’université Laval. 2015, [consulté le 3 janvier 2019]. Disponible sur https://www.erudit.org/fr/revues/as/2015-v39-n1-2-as01900/1030843ar.pdf

Le Monde, AFP. Tsunami en Indonésie : Les survivants manquent d’eau, de nourriture et de médicaments. Le Monde [en ligne]. décembre 2018, [consulté le 3 janvier 2019]. Disponible sur https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/25/tsunami-en-indonesie-les-survivants-manquent-cruellement-d-eau-et-de-medicaments_5402015_3210.html

Marchesini, Fabien. Indonésie : comment les secours s’organisent-il après le tsunami ? [vidéo en ligne]. In Le Monde, Youtube. Le Monde, 27 décembre 2018 [mise à jour le 28 décembre 2018],[consulté le 3 janvier 2019]. 1 vidéo 4 min 8 secondes, Image et archive de AFP, Reuters. Disponible sur https://www.lemonde.fr/planete/video/2018/12/27/comment-les-secours-s-organisent-ils-apres-le-tsunami-en-indonesie_5402817_3244.html?xtmc=indonesie_tsunami&xtcr=3, https://www.youtube.com/watch?v=hcp033i0u1c&feature=youtu.be

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Indonésie, Tsunami : Les équipes de MSF mobilisées sur le terrain. In Médecins sans Frontières [en ligne]. Médecins sans Frontières, le 24 décembre 2018 [mise à jour le 27 décembre 2018]. Disponible sur https://www.msf.fr/actualites/indonesie-tsunami-les-equipes-de-msf-mobilisees-sur-le-terrain

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Juan, gb. Tsunami Japon [en ligne]. In Flickr. Flickr [vidéo en ligne]. Flickr, 13 mars 2011 [consulté le 4 janvier 2019]. 1 vidéo 1 minute 23 secondes. Disponible sur https://www.flickr.com/photos/juanmgb/5522726860/in/photolist-9q2qhC-22CG6MJ-jDp8-9sSND-pGUVYL-99gGiW-9eanrz-nsW9wJ-faJrmM-VRdi1M-2cmZJPg-9pSZ1-6HeLpp-VjTXAD-5nYWaX-2ciUFS2-5XtsXW-ru5p3n-BB3W-6cgzdC-9yXHEQ-9qEoyX-f9wsPN-5y6cBr-LuR4F-7wsyGe-9t94m4-eEZD-9xjGiu-7GSr6q-hopS-PQze-48T6Rt-hopR-9uAWYS-6bPhH6-7evSyC-8RRxW-212d5z-21RP3tY-5uqdU-UC43-2QFWbk-W85nq-zSokW-9pV1Fv-inyQ4-cQaMGw-7wszvP-4oP6N

 

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