Jeunesse et quartiers populaires

     Depuis le début des années 1980, «la question des banlieues » est au cœur de l’actualité. D’avantage touchés par les inégalités et le chômage, les jeunes des quartiers sont considérés par les institutions et les politiques comme une véritable fracture sociale. Ainsi l’incivilité et la délinquance des jeunes remet en cause les sociabilités les plus élémentaires.
On peut alors se demander en quoi les jeunes des « quartiers » ont une identité et une culture spécifiques par rapport aux autres jeunes.
Après avoir défini le terme de « jeunes des cités », nous nous pencherons sur la dimension essentielle de leur identité entre sentiment d’appartenance et clivage masculin et féminin. Puis nous nous intéresserons à la culture des banlieues.

Au coeur de la banlieue, image disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=l1kHqIFsLVA

« Jeunes des cités », une dénomination complexe

Pour une majorité de Français, la représentation de la conception ordinaire du  « jeune de banlieue » reste floue. La vision réductrice des quartiers populaires comme étant des zones d’insécurité, de délinquance, de trafic de drogue stigmatise une jeunesse peu diplômée, fragilisée par le chômage et les contrats précaires …

En effet, cette désignation ne correspond pas à un groupe d’individus parfaitement déterminé. Bien que la représentation populaire et médiatique du « jeune de banlieue » soit relativement négative, il est difficile de réaliser une catégorisation. La jeunesse des quartiers populaires est fréquemment confondue avec des groupes de jeunes en extrême difficulté et en rupture avec la société, qui ne représentent pourtant qu’une minorité. Tous les quartiers populaires se sont pas nécessairement en difficulté et toutes les banlieues ne sont pas populaires.

« La cité, une dimension essentielle de leur identité, entre sentiment d’appartenance et d’attachement »  

Le quartier a beau être un lieu de stigmatisation et de ségrégation, il donne lieu aussi à un très vif sentiment d’attachement. Le quartier représente une communauté soudée formant un refuge protecteur contre le monde extérieur. Pour les jeunes, il représente leur racine, leur histoire, leur expérience. « Ici on se connait tous, on n’est jamais tout seul. Quand je serai plus vieille, j’espère bien rester dans mon quartier. C’est là où je me sens le mieux, même si je sais qu’on a mauvaise réputation » Arwen, 14ans, Journal Le Parisien. Cet attachement particulier témoigne d’une grande sociabilité, spécifique des adolescents des cités. Il est décrit comme un lieu unique dominé par la solidarité et la protection. En effet d’après le sociologue Serge Pagaum, ce quartier, même stigmatisé les protège. C’est un refuge où le lien social est très fort. Aussi les adolescents transforment l’espace public de leur cité en un véritable espace privé. Le quartier constitue donc un point d’ancrage à leur identité : figure de protection mais aussi d’enfermement.

Le Tag au sein de la culture urbaine, image disponible surhttps://pxhere.com/fr/photo/1409055

Le Tag au sein de la culture urbaine, image disponible surhttps://pxhere.com/fr/photo/1409055

 

« Un clivage masculin/féminin »

Au sein des banlieues, les filles et les garçons n’occupent pas la même place. Le statut des jeunes filles dans les quartiers est donc problématique. Elles subissent en effet les violences sexistes, les agressions verbales voire mêmes physiques. Le quartier prônant un territoire de protection et d’assurance, les garçons manifestent publiquement et ouvertement leur masculinité renforçant ce clivage masculin/féminin.  Cette séparation des espaces et des sexes constitue un enjeu de pouvoir. Les filles à l’image « non irréprochable », qui ne collent pas « aux normes » imposées par les garçons subissent une violence quotidienne et injures verbales.

« Jeunesse et culture urbaine »

     La vie dans les cités est rythmée par la présence de diverses formes culturelles. La culture Hip- Hop est née à New-York aux Etats Unis dans un contexte socio-économique précaire ciblant les populations Afro et Latino-Américaines. L’art en musique était la solution pacifique pour faire passer des messages politiques. Aujourd’hui dans les banlieues, il est à l’origine d’un véritable mouvement culturel. Le hip-hop devient, dans l’imaginaire collectif, le porte-parole d’une culture des banlieues, le mode d’expression des quartiers pauvres, bien que diffusé à l’échelle de la société. Le rap, en particulier, est un vecteur identitaire par sa dimension contestataire qui trouve son origine dans la colère et le sentiment de discrimination.

Ademo et N.O.S, les deux frères rappeurs constituant le groupe PNL, image disponible surhttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2b/Pnl_wikipedia.png

Ademo et N.O.S, les deux frères rappeurs constituant le groupe PNL image disponible sur https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2b/Pnl_wikipedia.png

 

 

Le monde de la cité tel que le décrit Thomas Sauvadet, sociologue pourrait être vu tantôt comme une « jungle » – marquée par la désorganisation sociale, le chômage, la précarité, la déstructuration familiale –, tantôt comme un « village » – avec ses réseaux d’alliance, de solidarité et sa culture –, tantôt comme un business où règnent les lois d’un capitalisme sauvage et brutal, où l’on ne se fait aucun cadeau.

Par Lanfumey Anaïs et Tirole Bérénice

Bibliographie : 

Aquatias, Sylvain. Jeunes de banlieue, entre communauté et société [en ligne]. Publications de la Sorbonne, 15 octobre 1997, mise à jour le 15 janvier 2003 [date de consultation 05 janvier 2018]. Disponible sur  http://journals.openedition.org/socio-anthropologie/34#bibliography

Avenel, Cyprien. Les adolescents et leur cité, dans les « quartiers ». Enfances & Psy [en ligne], avril 2006, n°33 [consulté le 3 octobre 2017]. Disponible sur  https://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2006-4-page-124.htms.

Avenel, Cyprien. La construction du « problème des banlieues » entre ségrégation et stigmatisation [en ligne]. Journal Français de Psychiatrie, avril 2009, n°34 [consulté le 14 novembre 2017]. Disponible sur https://www.cairn.info/revue-journal-francais-de-psychiatrie-2009-3-page-36.htm

BIER, Bernard, BOURGEOIS, Frédérique, FLUCKIGER Cédric, KEBABZA, Horia, THIN, Daniel, VULBEAU, Alain. Adolescents et jeunes des quartiers : construction de soi, rapport à l’autre [en ligne]. Ressources jeunesse, décembre 2011 [consulté le 17 octobre 2017]. Disponible sur http://www.ressourcesjeunesse.fr/IMG/pdf/lesechos8_mail.pdf

Dortier, Jean-François. Les jeunes « guerriers » des cités. Sciences Humaines [en ligne], février 2007, n°179 [consulté le 10 octobre 2017]. Disponible sur https://www.scienceshumaines.com/travail-je-t-aime-je-te-hais_fr_278.htm

Hatzfeld, Marc. « La culture dans les banlieues » mise en ligne le 27 octobre 2006 et mise à jour le 12 mars 2017, consulté le 6 janvier 2018
http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/11/les-jeunes-des-cites-n-ont-pas-grand-chose-a-perdre_5092987_3232.htm

Mateus, Christine. Banlieue : les enfants et les adolescents voient leur quartier comme un refuge. Journal Le Parisien [en ligne], 29 novembre 2016 [consulté le 22 novembre 2017]. Disponible sur http://www.leparisien.fr/societe/leur-quartier-leur-refuge-29-11-2016-6388260.php

 Menegaux, Charlotte. « L’identité de certains jeunes se résument à leur territoire ». Journal Le Figaro [en ligne], 6 avril 2011 [ consulté le 17 octobre 2017 ]. Disponible sur  http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/04/06/01016-20110406ARTFIG00564-l-identite-de-certains-jeunes-se-resume-a-leur-territoire.php

PNL. Simba, clip vidéo [vidéo en ligne]. YouTube [en ligne]. PNLmusik, mise en ligne le 20 mars 2015 [consulté le 15 décembre 2017]. 1 clip vidéo de 4min23. Disponible sur  https://www.youtube.com/watch?v=6NonS60QIJA

Richez, Jean-Claude. Jeunes des quartiers populaires [en ligne]. Réseau injep, décembre 2012, mis à jour décembre 2012 [consulté le 3 octobre 2017]. Disponible sur: http://www.injep.fr/sites/default/files/documents/fr13_quartiers_popu.pdf

 

 

 

 

Dans quelle mesure la société Française actuelle avantage-t-elle économiquement et culturellement la jeunesse par rapport au reste de la population ?

La jeunesse est une phase de transition importante au cours de laquelle on n’est pas encore indépendant financièrement. Et pourtant, face aux nombreuses choses à découvrir, des moyens sont nécessaire pour permettre d’assouvir des besoins en connaissances qui apporteront une plus-value au moment de s’intégrer dans la vie active.


Des avantages économiques pour l’accès à la culture 

Erasmus et Erasmus + (Erasmus permet des destinations faisant parties de l’Europe et Erasmus + des destinations hors-Europe) permettent l’organisation administrative, un suivi pédagogique, ainsi qu’une partie du financement d’étude(s) à l’étranger avec des bourses d’études qui permettent de couvrir des frais liés à la mobilité. D’autres organismes comme la SNCF proposent des avantages pour les jeunes. Par exemple la « carte jeune SNCF » qui permet des réductions sur toute la France et l’Europe sous conditions d’avoir entre 12 et 27 ans. Cette offre permet aux jeunes de partir en réduisant leur coût de transport et facilite donc les études à l’étranger ou encore simplement la découverte de notre pays.

Hors Europe :

Le Québec qui est une destination très en vogue en ce moment puisqu’il accueil 7000 étudiants Français sur 30000 d’autres pays chaque année. Il présente des avantages de formation linguistique car il est à la fois anglophone et francophone. Malgré tous ces avantages, il n’est pas plus coûteux d’étudier là-bas que dans d’autres pays d’Amérique du nord, au contraire. C’est grâce aux accords passés entre la France et le Québec que les conditions financières y sont les même pour les Français que le Québécois. Permettant ainsi à un plus grand nombre de profiter de cette opportunité.

En Europe :

Une fois sur place, la « communauté Erasmus » permet une cohésion entre ses membres ce qui facilite l’intégration dans le pays et rassure sur le fait de ne pas être seul(e). Mais que faire dans le pays d’accueil ? La « carte jeune européenne » offre une multitude de réductions sur le sport, transports, loisirs et culture avec plus de 60000 avantages, et ce dans les 37 pays européens partenaires pour 10 euros à l’année. Ce qui permet donc la visites de musées, de parc d’attractions, d’adhésion à une licence sportive pour vivre pleinement son expérience d’étude à l’étranger, et à moindre coût. Plus de renseignement sur http://www.cartejeunes.fr/

Les voyages d’études dans un pays étranger apportent un bagage à la fois linguistique et culturel, qui représentent un atout majeur tant dans la construction personnelle que dans l’approche professionnelle au travers de l’ouverture qu’ils induisent. Ces voyages sont rendus possibles par les différents avantages mis en place pour les jeunes.


L’impact de la culture sur l’économie

La culture est, comme nous l’avons montré dans le précédent paragraphe, un secteur stratégique pour le développement économique, qu’il soit personnel ou collectif.

La culture induit un impact positif sur l’économie du pays ou d’un territoire donné, telles que les régions par exemple. En effet la culture représente 3,2% du PIB et 640000 emplois. Cela peut s’expliquer par la diversité de cultures qu’ont nos régions en France. De par leur identité culturelle, elles peuvent créer des événements qui leur sont propres tels que des festivals. 1 euro d’inverti lors d’un festival par exemple rapporte entre 4 et 7 euros. Chaque région à sa spécialité culturelle, ce qui offre une multitude de possibilités. Malgré l’évolution du secteur numérique, les spectacles et autres mouvements/lieux culturels dégagent une émotion et sont basés sur le partage et n’ont donc pas à craindre de s’éteindre.

Plus de renseignement dans cette vidéo :

https://dai.ly/x19gaue

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Documentation/Rapports/L-apport-de-la-culture-a-l-economie-en-France

La culture, qui présente un panel de 640000 postes en implique en réalité beaucoup plus car elle présente une multitude de pratiques telles que le sport par exemple. En effet, la culture sportive apporte des valeurs telles que le goût de l’effort, le respect de l’autre et le notion d’équipe appréciées dans le monde du travail. Le programme « Déclics sportifs » mis en place par l’Apels (Agence pour l’éducation par le sport), partenaire de ce projet, est de faire valoir le sport comme un diplôme à des jeunes de quartiers populaires. La banque LCL les prend en charge en les formant pour les embaucher ensuite. L’objectif est d’arriver à intégrer 1000 jeunes par an dans ce programme pour donner une nouvelle dynamique dans les quartiers.

Le sport devient alors un outil d’insertion et d’éducation qui peut contribuer au développement de l’économie. Le sport apporte des qualités reconnues dans le monde du travail qui permet l’accès à une formation et un travail. Il apporte donc un retour à l’économie. Ce cycle rejoint le cycle de l’investissement expliqué avec la vidéo où l’on investit dans un festival une somme donnée et on en récupère 4 à 7 fois plus grâce au secteur de la culture.


Les limites de ce système de pensée

Les notions que nous venons d’évoquer, ne sont possibles que s’il n’y a pas de source d’inégalité pour endommager cet équilibre. Les différences peuvent être source d’inégalité, lors de la catégorisation des familles selon leur types de revenu (catégories socio-professionnelles). Pour illustrer cela nous pouvons prendre l’exemple des colonies de vacances qui apportaient beaucoup à la culture de ceux qui y participaient. Elles étaient créées pour être accessibles au plus grand nombre. Aujourd’hui les colonies de vacances ne sont plus suffisamment généralistes et ne s’adressent donc pas à la même population. Elles ont généralement à thème et sont de plus en plus luxueuses. Les conséquences sont telles qu’il y a 4 fois moins de départ en colo. De la même manière, l’école Française amplifie les inégalités sociales et les politiques d’éducation prioritaires n’ont qu’un piètre succès d’après l’OCDE. Ce sont donc les mêmes personnes qui sont victimes de ces inégalités, les personnes aux plus faibles revenus et/ou vivant dans les quartiers populaires.

Ces inégalités vont plus loin puisque nous retrouvons un fort taux de chômage dans les quartiers défavorisés, 38% contre 22% au niveau national pour les moins de 25 ans. Ces taux sont en hausse s’ajoutent aux prix des logement qui ont été multipliés par 3 et à une quasi-stagnation des salaires des jeunes depuis 30 ans. Les jeunes ont donc du mal à s’intégrer dans le monde du travail.

Ces problèmes trouvent tout de même quelques solutions, comme l’ajout de 60000 nouveaux postes dans les classes primaires et l’accès précoce à la scolarisation dans les quartiers défavorisés, la participation aux scouts de France pour avoir accès à la mixité sociale et à une forme de culture qui se rapproche de celle enseignée durant les colonies de vacances. Ou encore le cabinet de recrutement à but non lucratif « Mozaik RH » qui vise à l’insertion des jeunes et les aide à surmonter les discrimination aux quelles ils font face, en ne les « vendant » que grâce à leurs compétences.


Pour conclure…

Lorsque la majorité des gens ont accès à la culture et aux mêmes avantages économique, un équilibre se crée pour mettre en relation l’apport économique et culturel. Le cycle d’investissement de l’économie pour la culture a des retombées économiques positives personnelles et/ou pour le pays. A l’échelle du pays ces retombées ont un impact sur la création de nouveaux postes de travail. La France pour croître à donc beaucoup de facteurs qu’elle doit garder en équilibre pour réussir à préserver cet équilibre. Néanmoins, il reste encore à la France des efforts à faire pour lutter contre les inégalités qui persistes.


CUNY Lorraine


Bibliographie

Bacou Magalie et Raibaud Yves Les jolies colonies de vacances, c’est fini ? CNRS Le journal 01/07/2016 [consulté le 03/01/18] Disponible sur : https://lejournal.cnrs.fr/billets/les-jolies-colonies-de-vacances-cest-fini

Couvelaire, Louise La banlieue a de la ressource M : le magazine du Monde 07-12-2013 [consulté le 03/01/18] (21426 suppl.) [Périodique] pp 86-90 Disponible sur :http://abonnes.lemonde.fr/m-styles/article/2013/12/06/la-banlieue-a-de-la-ressource_3526002_4497319.html

Filippetti Aurélie La culture dans l’économie en France par le ministère de la Culture [en ligne] Ministère de la culture 01/12/13 [consulté le 03/01/18] Disponible sur : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Documentation/Rapports/L-apport-de-la-culture-a-l-economie-en-France

Krémer, Pascale A bonne école Le Monde 01-10-2016 [consulté le 03/01/18] (N°22306) [Périodique] pp.4-5 du Cahier Sport Disponible sur : http://www.educationparlesport.com/new/wp-content/uploads/2016/09/2016-09-30-LE%20MONDE%20SPORTS-01%20OCT%2016-10000000049190261.pdf

Lecourtier, Mathieu Etudier à l’étranger : à la fois si loin et si proche du Québec Tribune verte 21-01-2016 (N°2781) [Périodique] pp. 10-11

Pech, Thierry Inégalités entre les générations : la France n’est pas un modèle à suivre (dossier : enjeux) Alternatives économiques 2010 Hors-série (N°085) [Périodique] pp 68-69

Peiron Denis L’école fabrique des inégalités La Croix 23/03/17 [consulté le 03/01/18] Disponible sur : https://www.la-croix.com/Journal/Lecole-fabrique-inegalites-2017-03-22-1100834021

Etudier en Espagne et faire son stage en Finlande [en ligne] Génération Erasmus + [consulté le 03/01/18] Disponible sur : http://www.generation-erasmus.fr/les-ambassadeurs/harmonie-garruchet/

La carte In Carte Jeunes Européenne [en ligne] Carte Jeunes Européenne 2016  [consulté le 03/01/18] Disponible sur : http://www.cartejeunes.fr/la-carte/

Voyager de 12 à 27 ans In SNCF [en ligne] SNCF [Consulté le 03/01/18] Disponible sur : http://www.sncf.com/fr/tarifs-reduits/jeunes

Le voyage forme dès le jeune âge !

Les jeunes partent découvrir le monde, pour s’amuser, travailler, étudier, faire des rencontres. Ils reviennent non pas avec seul acquisition leur objectif mais avec beaucoup plus. Nouveaux horizons, plus d’assurances et de tolérances, apports de culture… tant de choses que chacun développe lors de son voyage.

S’adapter à un contexte culturel nouveau et différent du sien est une expérience formatrice pour ces jeunes adultes. Et celles-ci leur permettront plus tard de s’adapter plus facilement à des situations nouvelles. Entre bénéfices et motivations, apport social et programme pour les jeunes, le monde du voyage est un monde plein de ressources pour la nouvelle génération.

Motivations et bénéfices : des études qui le prouvent

Les motivations qui amènent les jeunes à voyager sont multiples et évoluent avec le contexte temporel.

Une étude a été réalisée de l’Organisation mondiale du tourisme qui, elle, reprend des sondages réalisés par World Youth Student & Educational (WYSE) Travel Confederation. Voici un graphique reprenant les éléments de ce sondage et montre les différentes motivations chez les jeunes.

Graphique représentant motivations chez les jeunes pour voyagerLevassauer, Maïthé, Principales motivations de voyage, 2002 et 2007. OMT [29/11/2017] Disponible sur : veilletourisme.ca/2008/09/30/les-voyages-forment-la-jeunesse/

On remarque chaque motivation évolue, on peut cependant se faire une idée sur les différentes motivations principales chez les jeunes, notamment découvrir d’autres cultures et accroître ses connaissances.

Le voyage motive donc les jeunes à obtenir différentes compétences les faisant progresser.

Outre que leurs motivations, les jeunes gagnent des bénéficient :

  • le développement d’une soif de voyager à nouveau (81%);
  • l’ouverture de leurs horizons (74%) et de leur esprit (72%);
  • une plus grande flexibilité (71%);
  • une plus grande confiance (70%);
  • une meilleure tolérance (62%).

De plus, 29% des jeunes considèrent être devenus une nouvelle personne à leur retour de voyage. Le sondage de WYSE indique une hausse du niveau de confiance envers les autres.

En plus des études de l’Organisation mondiale du tourisme, deux psychologues allemands Julia ZIMMERMANN et Franz NEYER ont étudié le comportement des jeunes, et ont conclu que les étudiants qui passent un temps de leurs études à l’étranger développeraient des personnalités plus ouvertes et équilibrées par la suite. Les séjours à l’étranger sont souvent associés à des rencontres instructives et une découverte de culture. Selon les auteurs de cette étude, ces expériences auraient une incidence sur la future personnalité des jeunes adultes. Ils ont recueilli des témoignages qui découlent d’un résultat où les jeunes auraient davantage d’ouverture d’esprit, auraient un caractère plus agréable et un plus faible risque de développer des troubles psychiques, tels que l’anxiété ou la dépression.

L’Institute of International Education (IIE), un organisme mettant en relation établissements et élèves souhaitant étudier à l’étranger, a interrogé des anciens élèves qui ont réalisé un voyage à l’étranger pendant leurs études pour comprendre s’ils ont développé des compétences particulières. On note des compétences qui sont particulièrement liées au comportement avec les autres.

 ee15 compétences développées à l’étranger chez les étudiants. Institute of International Education. [15/12/17] Disponible sur : https://start.lesechos.fr/continuer-etudes/etudier-a-letranger/les-voyages-forment-la-jeunesse-l-etude-qui-le-prouve-9640.php

Les 15 compétences développées à l’étranger sont triées dans trois catégories par l’IIE. Institute of International Education.
Selon l’IIE, plus on passe de temps à l’étranger plus les connaissances développées varient. Par exemple, un élève ayant passé moins de 8 semaines en dehors des Etats-Unis développera beaucoup plus sa capacité à travailler en équipe.

Toutes ces études semblent donc confirmer l’importance du voyage pour la construction identitaire et l’immersion dans la vie d’adulte par un apprentissage d’une nouvelle langue, une ouverture culturelle. Selon des études américaines les études à l’étranger permettent d’acquérir des compétences et savoir-être qui favorisent l’employabilité.

Mais le voyage apporte d’autre acquis que des compétences professionnelles, c’est un moyen de favoriser le contact avec des personnes et est un bon moyen de travail son bien être intérieur.

Une approche psychologique et sociale

En plus des bénéfices personnels qu’apportent les voyages aux jeunes, on a des chercheurs qui étudient le sujet d’une façon plus phycologique et sociale.

Selon le chercheur Pierre WILLAUME, ce qui rend intéressant l’expérience de partir dans un pays différent du nôtre est qu’on rencontre de nouvelles cultures et nous forme une nouvelle expérience. C’est pour cela que les voyages sont formateurs pour la jeunesse. Dans cette expérience on revient avec un « sac à dos » où se trouvent des découvertes, des apprentissages, des émotions…

Lorsque l’on voyage on peut subir un « choc culturel » qui vient perturber et déclencher un apprentissage par le fait que l’on s’interroge sur le fait que l’on est soi-même porteur d’une personnalité et source d’une culture.  Dès lors on s’adapte à la nouvelle culture et on développe notre personnalité. Ainsi, pour la jeunesse, le fait de voyager dynamise la création sociale, identitaire et culturelle. Ils mûrissent, se forment, se développent donc plus vite que quelqu’un qui n’a pas vécu cette expérience et qui n’a donc pas dynamisé la construction de soi-même.

Pixabay

Pour le sociologue Vincenzo CICCHELLI, il est important que les jeunes effectuent des voyages de formation à l’étranger. Il est même important pour lui que les parents doivent accepter que les jeunes saisissent ces opportunités, en faire une chance pour l’éducation de leurs enfants. La société a besoin de personne avec des compétences scolaires mais aussi des connaissances sur le monde par l’expérience du voyage.

Pour lui lorsqu’on voyage on décide de se soustraire à une condition sociale particulière et d’aller voir le monde en dehors de notre vie, tout en allant à la découverte de soi.

Les personnes qui réalisent des voyages à l’étranger ne sont pas plus éclairées que les autres. Pour le sociologue, le voyage nous forme par une succession d’enchantements et de désenchantements. On a besoin de se dire qu’on voyage pour découvrir une culture, pour élargir son cercle de sociabilité.

Lorsqu’on ne voyage pas on n’apprend rien sur les cultures des pays, pour mieux se retrouver dans le monde pour les jeunes, la solution n’est pas la curiosité de l’autre à travers le voyage mais le souci de l’autre. Nous sommes tous liés par un destin commun.

 

Le voyage a donc ses bien pour les jeunes et les autres autours d’eux en plus d’apporter des compétences utiles pour les années à suivre. C’est pourquoi ce mette en place différents programmes afin que les jeunes puissent développer leurs compétences et leur savoir-faire.

Des programmes qui transforment les jeunes

Programmes permettant découverte des autres et de culture dans le monde entier, de développer son autonomie, sa langue vivante, ses apports de culture… des organisations se mettent en place pour développer davantage les compétences des jeunes en plus de leurs motivations personnelles. Les jeunes doivent apprendre à se questionner sur le monde qui les entoure, à être attentif aux inégalités et à réfléchir à des solutions. C’est pour cela que des programmes sont mis à disposition pour développer ses compétences personnelles et pour développer le côté humanitaire chez les jeunes.

  • Grandir Aventure est une association permettant qui privilégie la rencontre et l’échange. Elle a une vision du voyage sur des rencontres basées sur l’échange, la réciprocité, le partage des cultures : rencontrer des personnes nous enrichit. Pour les jeunes, un voyage solidaire est une aventure humaine forte, qui tend à les accompagner dans leur construction en tant que citoyens du monde. La plupart des jeunes voyageurs Grandir Aventure souhaitent participer aux séjours pour aider et participer au changement. Cependant les jeunes doivent être conscient qu’un séjour ne suffit pas pour changer les choses, le voyage les informe mais ne change pas le monde aussi rapidement.
  • Il y a aussi un programme Erasmus +. Un programme permettant de développer leur ouverture d’esprit et de mettre à profit leurs compétences. C’est un programme de dimension européenne qui encourage la mobilité européenne et favorise l’acquisition de compétences supplémentaires.  Le programme fait aussi la part d’enjeux environnementaux. Il finance même les projets qui visent à sensibiliser et informer les jeunes et les citoyens à ces problématiques.

Différents pays sont à disposition comme la Chine ou l’Irlande :

La chine est une expérience originale montrant une ouverture d’esprit et une capacité d’adaptation avec une langue d’enseignement qui est majoritairement le mandarin. Le nombre d’étudiants s’y rendant est de plus en plus en nombreux. L’état chinois souhaite même faire de son système universitaire l’un des meilleurs au monde. Des bourses sont à disposition dans le cas d’un voyage par Erasmus. C’est donc une expérience enrichissante dont les jeunes n’ont pas comme première idée de destination.

L’Irlande, étant considérée comme le 6e pays préféré des Erasmus français, est une destination avec une bonne qualité de vie, un budget modeste et une anglophonie.

Voici un témoignage d’une étudiante qui montre que le voyage est formateur pour la jeunesse :

témoignage étudianté irlandeVictoire Le Moing, étudainte à l »agrocampus Rennes. Tribune verte (N°2788) [Périodique]. 10-03-2016. p. 13.

Faire un voyage à l’étranger fait la différence lors d’une embauche, mais faire ses études à l’étranger permet-il de décrocher un travail plus facilement ?

Selon l’IIE, 53% des étudiants considèrent que ces séjours ont eu un véritable impact sur leur embauche. Ce nombre augmente même jusqu’à 67.5% chez les jeunes ayant passé un an, ou plus, à l’extérieur de leur pays natal.

Pour conclure

Le voyage a une fonction de favoriser le sentiment d’ouverture, le gout pour la mobilité. Il apporte une réflexion sur le monde, permettant aux jeunes d’imaginer des solutions et d’agir. C’est à partir d’échanges simples que les jeunes découvrent les cultures différentes des leurs. C’est des moments de partage qui leur permettent d’acquérir des compétences d’écoute et de compréhension envers les autres. Ainsi on peut donc dire que chaque voyage forme le jeune qui l’accompli. Par différents partages et cultures, la jeunesse revient plus changée que jamais.

Alors pourquoi pas tenter à votre tour cette expérience pleine de ressource ?

WADEL Amélie.

Bibliographie :

Les fêtes de Noël rendent-elles réellement les gens plus heureux en France ?

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  En France, Noël fait partie des fêtes les plus attendues, à l’origine  il s’agissait d’une fête religieuse catholique, aujourd’hui elle s’est transformée en fête populaire qui ne s’arrête pas à la religion. Elle est pour nous, Français, une fête qui rythme nos fins d’années. Les lumières, les marchés, les personnages de Noël illuminent nos villes et créent une ambiance magique aussi bien pour les petits que pour les grands. Noël est un regroupement de plusieurs enjeux qui sont à la fois socio-économiques et culturels car elle est dans l’imaginaire de tous une fête remplie de joie et de bonheur lors d’un repas familial et festif qui se termine symboliquement par l’arrivée du père noël qui dépose nos cadeaux sous le sapin, si nous avons été sage bien sûr ! Cependant, si cette fête est présentée comme un événement où se mêlent joie et et retrouvailles, il est probable que certaines personnes n’adhèrent pas à cet esprit. Nous pouvons alors nous demander : Les Fêtes de Noël rendent-elle réellement les gens plus heureux en France ?

  Pour répondre à cela , nous allons dans un premier temps étudier les différents aspects de la fête qui regroupe famille et valeur, dans un second temps l’aspect commercial de Noël pour ensuite finir sur l’avis des français face à cette fête. Continuer la lecture

Les jeux olympiques un jackpot économico-social ou pas ?

Les jeux antiques existent depuis la Grèce antiques soit environ 5 siècle avant J-C, ces jeux étaient un concours sportif qui se répétait tous les 4 ans. Depuis 1896 ces derniers ont été modernisés et s’appelle « les jeux olympiques » mais leur déroulement reste inchangé. Les jeux olympiques modernes est l’événement le plus médiatisé et auxquels s’affrontent plusieurs sportifs amateurs et professionnels venant de divers pays. Environ 205 pays sont représentés, cumulant environ 13 000 participants répartit sur 400 épreuves.

Source : Pixabaycom

Source : Pixabaycom

Cet événement sportif périodique est le plus important tant aux niveaux économique qu’aux niveaux sociaux-culturel. Nous allons développer dans un premier temps les bénéfices économiques qu’apporte les jeux olympiques au pays organisateur, puis dans un second temps les pertes économiques qu’engendre celui-ci. Pour finir, nous aborderons ce que les jeux apportent à la culture. Continuer la lecture