Migrer en France : opportunité d’une vie meilleure pour un Rom ?

A l’heure actuelle les migrations des Roms pose de réels problèmes à la France qui cherche à les renvoyer dans leur pays d’origine. Cependant cette partie de la population roumaine ne cesse de voyager vers cette région d’Europe vue comme utopique, où la vie serait meilleure pour ces personnes. C’est pourquoi nous nous sommes demandées si migrer en France est une réelle opportunité d’améliorer ses conditions de vie pour un Rom. Différents documents guideront notre réflexion : une interview d’Alain Juppé ancien ministre et actuel maire de Bordeaux sera utilisée. Pour compléter notre observation plusieurs articles d’organismes ont été choisis, ceux-ci on été écrits par, amnesty internationnal, le journal libération, Audrey Ramel, François Béguin, Jean-Pierre Amarger, l’association RomEurope, le journal Le Nouvel Observateur et par le journal Vie Publique. De plus un extrait de mémoire de Camille Chaix rédigé sous la direction de Danièle Demoustier (maître de conférences en économie à l’Institut d’études politiques de Grenoble) sera également employé. Deux grands vecteurs sont à l’origine de cette continuelle migration des Roms : des conditions de vie néfastes en Roumanie et l’espoir d’une vie meilleure en France mais cela pose problème, en conséquences, nous nous sommes intéressées aux solutions proposées pour ces migrants.

 

Des conditions de vie néfastes en Roumanie

En Roumanie la communauté Roms subit d’importantes discriminations raciales qui vont jusqu’à des expulsions spontanées et injustifiées de leurs logements comme l’énonce un auteur d’amnesty international dans son article Roumanie : 76 familles de Roms expulsées. Ces familles de Roms sont lâchement expulsées par les forces de l’ordre et rejetées de la société. Dans ces pays aucune aide de leur société n’est mise en place, ils doivent se débrouiller seuls, ce qui les contraint à vivre dans des conditions inacceptables et dangereuses pour leur santé. Cet article explique comment 76 familles de Roms sont expulsées de force de leurs habitations qui ont ensuite été détruites. Certaines familles furent envoyées dans des endroits insalubres et dangereux pour leur santé et même plusieurs mois après leurs expulsions la municipalité n’a pas prit le temps de les reloger de manière décente.
On peut voir que les Roms vivent dans des conditions de vie inacceptables et sont victimes du racisme en Roumanie. Cette partie de la population Roumaine n’est pas acceptée à cause de sa pauvreté. Effectivement « dans ces pays les Roms sont considérés comme des citoyens de seconde classe, pour ne pas dire des sous-hommes » comme le déclare Alain Juppé ministre et actuel maire de Bordeaux dans une interview sur RTL. Ces personnes vivent bien en dessous du seuil de pauvreté en Roumanie, ceux-ci habitent dans des communautés aux périphéries des villes et des villages dans des conditions précaires, avec un manque considérable d’hygiène et d’accès aux soins ce qui diminue de dix ans leur espérance de vie par rapport à la moyenne nationale, comme l’exprime l’article Roumanie : Roms en marge forcée du journal quotidien national Libération.
Ce mode de vie limite de manière significative l’accès à l’école pour un enfant issu de cette classe sociale, la fondation Soros citée dans l’article du journal Libération affirme qu’un enfant Rom sur quatre ne va pas à l’école et qu’un sur deux ne termine pas ses études primaires. En effet la pauvreté prédominante dans les petits villages Rom oblige de nombreux enfants à exercer une activité professionnelle pour aider la famille en apportant de quoi survivre. De plus, le gouvernement Roumain ne met pas en place beaucoup de fonds pour l’éducation des enfants, d’où la baisse des salaires des professeurs, ce qui diminue la qualité de l’enseignement et parallèlement crée un manque d‘enseignant énonce Audrey Ramel rédactrice de l’article Enfants de Roumanie : Concrétiser les Droits de l’Enfant en Roumanie publié sur le site droitsenfant.org.

 

L’espoir d’une vie meilleure

Les conditions de vie des Roms sont difficiles en Roumanie, beaucoup rêvent d’une vie meilleure et choisissent la France comme terre d’accueil principalement pour des raisons économiques. En arrivant sur le territoire français, ces migrants sont victimes du manque de logements dû à leur pauvreté et sont pour la plupart sans abris : squats et bidonvilles sont leurs seules alternatives. Ils forment des campements illégaux, souvent malsains et vivent parmi les ordures, sans eau, ni électricité. Ces personnes sont régulièrement chassées de leur lieu de vie. L’article intitulé Un jour dans un camp de Roms menacés d’expulsions écrit par Jean-Pierre Amarger, publié dans le journal Midi Libre, dénonce un groupe de Roms subissant une pression constante des autorités où la question de leur expulsion reste pour l’instant en suspens ce qui les placent évidemment dans une situation plus que précaire. Étant en France, ils ont accès à certains soins médicaux gratuitement, encore faut-il qu’ils connaissent leurs droits. De plus, l’éloignement avec le lieu médical et la barrière de la langue diminuent les possibilités des soins qu’ils pourraient avoir.
Un grand nombre d’enfants Roms n’ont pas accès à la scolarisation malgré l’obligation, selon l’association RomEurope 5000 à 7000 enfants Roms présents sur le territoire français arriveront à l’âge de 16 ans sans avoir jamais ou presque été à l’école. Le rapport nommé La non scolarisation en France des enfants Roms migrants effectué par cette association nous fait part des problèmes que subissent les familles Roms face à la scolarisation de leurs enfants. D’abord la langue est comme en Roumanie une barrière à l’apprentissage, les moyens financiers pour les accueillir sont insuffisants car beaucoup auraient besoin d’intégrer des classes spécialisées afin d’être mieux suivi au cours de leur cursus scolaire. Certains jeunes Roms arrivent quand même à aller à l’école même si cela est de manière très irrégulière. Néanmoins ils sont souvent victimes des moqueries des autres élèves de part leur extrême pauvreté qui ne leur permet pas d’acheter des habits neufs, de payer la cantine ou le transport pour aller à l’école. De plus leurs conditions de vie dans les camps ne leurs permettent pas non plus d’avoir une hygiène correcte, ce qui d’une certaine manière les exclus encore plus et accentue leur absentéisme en classe.
Les Roms sont régulièrement reconduit en Roumanie par les autorités françaises. Ils sont renvoyés dans leur pays d’origine grâce à l’aide proposée pour un  »retour volontaire » de leur part. Celle-ci, mise en place depuis le 7 décembre 2006, prévoit de prendre en charge les frais de retour, mais dédommage également ses personnes à hauteur de 300€ par adulte ainsi que 100€ pour chaque enfant. Ce procédé à permis de renvoyer en 2011, 7284 Roms dans leur pays comme l’énonce François Béguin dans son article Aide au retour des Roms : quels sont les « effets pervers » du dispositif ? publié par le journal Le Monde. Mais ses conditions de vie, et cette pression policière pour leur  »retour volontaire » en Roumanie ne décourage pas ces familles qui reviennent sur le territoire français après avoir touchés l’aide destinée à leur retour car ils estiment ses conditions bien meilleures que dans leur pays. Ces rapatriements ont coûtés beaucoup d’argent à la France et aurait pu, comme l’expose dans cet article Teodor Baconschi (ministre des affaires étrangères roumain), servir à de réels projets de réinsertion des familles Roms.

 

Des propositions de solutions

Différentes aides aux Roms sont mises en place. En effet ces personnes arrivent en France sans argent, sans aucune connaissance, ils sont livrés à eux même. C’est pourquoi des décisions sont d’abord prises à l’échelle européenne comme le montre l’article du journal Le Nouvel Observateur. Le gouvernement européen souhaite mettre en place des solutions afin de faciliter leur insertion dans le milieu professionnel, en commençant par lever les restrictions de la France. Grâce à la commission européenne, la France a assouplie son accès au marché du travail pour les Roms a expliquée à la presse la ministre du Logement, Cécile Duflot. Pour cela, la France va à la fois se concerter pour supprimer la taxe « due par les employeurs de ces personnes » à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) et va réfléchir pour élargir « de manière très importante les métiers auxquels ils peuvent avoir accès ». Afin d’optimiser cette décision, le gouvernement européen est prêt à soutenir le gouvernement français pour améliorer les conditions d’expulsions des camps démantelés en France et donc permettre un meilleur soutient pour les familles Roms résidant dans ces endroits.
Des solutions sont aussi envisagées parallèlement à la décision européenne par le gouvernement français pour venir en soutient à cette partie de la population qui devient de plus en plus importante sur le territoire français et qui ont des conditions de vie de plus en plus précaires et dangereuses dans leurs logements improvisés. En effet, Jean-Marc Ayrault annonce dans l’article Roms : vers un assouplissement de l’accès au travail publié par le site Vie publique, que la France va assouplir les conditions d’embauche pour les Roms et va élargir la liste des métiers qui leurs sont proposés, la taxe demandée à l’employeur pour l’emploi de plus d’un an de ces personnes sera elle supprimée. Cependant cette solution de lever les mesures transitoires misent en place ne pourra être envisagées qu’après un entretien avec les états concernés, car ses mesures de restriction sont valable jusqu’à fin 2013 au plus tard.
Les gouvernements ne sont pas les seuls à réfléchir à l’amélioration de la vie des Roms, des associations sont présentes pour les aider, les accueillir et les soutenir. Celles-ci visent en premier à « garantir l’accès aux droits fondamentaux dans une perspective de séjour provisoire en France, et par une action plus économique en Roumanie pour favoriser la réinsertion de ces personnes dans leur pays d’origine » déclare Camille Chaix dans son mémoire ( écrit sous la direction de Danièle Demoustier maître de conférences en économie à l’Institut d’études politiques de Grenoble ). En France, l’association Roms Action à fait la distinction entre différentes catégories de Roms : ceux qui veulent vivre et rester sur le territoire français, ceux qui viennent pour trouver de l’argent afin de concrétiser un projet chez eux et ceux qui sont juste de passage pour échapper à leur vie de misère. C’est pourquoi cette association veille à accueillir ces personnes, non pas pour qu’elles restent sur le sol français mais pour tenter de mettre en place des projets de réinsertion économique dans leur pays d’origine pour les familles le désirant.

 

Les migrations des Roms vers la France semblent être pour eux la solution à leur problème, en effet ils voient dans ce pays le moyen d’améliorer considérablement leurs conditions de vie. Néanmoins cela pose des problèmes au pays d’accueil qui doit mettre en place des mesures pour gérer ces flux de personnes.
Il faut savoir que les roms constituent une des plus grandes minorités au monde. Même si cette population existe depuis de nombreux siècles, ils ont encore à ce jour des difficultés à s’intégrer. En Roumanie, un grand nombre de facteurs tel que la discrimination omniprésente, le chômage récurrent, ou encore la difficulté d’accès à la scolarisation poussent les Roms à partir avec l’espoir d’une vie meilleure. Cet espoir ce situe entre autre sur le territoire français. Cependant, la réalité n’est souvent pas à la hauteur de leurs espérances. Leur vie est rythmée par les expulsions, le chômage est encore une fois problématique et les enfants ne sont pas toujours scolarisés malgré l’obligation. Des Hommes politiques et des associations militants pour la défense des roms réfléchissent aux réponses qui pourraient être apportées à ses personnes. Ces solutions peuvent concerner autant la France, en créant des lieux d’accueils, en revoyant la liste des métiers auxquels ont accès ses migrants ; mais également la Roumanie en aidant l’insertion socio-économique des roms. Malgré tout, nous pouvons toujours constater l’espoir de ses personnes à tenter d’améliorer leur vie, espoir résumé au travers de la citation de Fiodor Dostoïevski « Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre ».

Grillot Virginie

Colinet Manon

Bibliographie

  • Amarger, Jean-Pierre, Lespignan Un jour dans un camp de Roms menacés d’expulsions, journal Midi Libre, 30 Août 2012, 1 page.
  • Amnesty international, Roumanie : 76 familles de Roms expulsés, amnesty.fr, 4 Avril 2012, 1 page.
  • Béguin, François, Aide au retour des Roms : quels sont les « effets pervers » du dispositif ?, Le Monde, 14 Septembre 2012, 2 pages.
  • Chaix, Camille, Les roms migrants, objet d’action associatives fondamentalement divergentes mais pas contradictoires, Séminaire économie sociale et développement, 2007-2008, 2 pages.
  • Collectif National Droits de l’Homme Romeurope, La non scolarisation en France des enfants Roms migrants, Collectif National Droits de l’Homme Romeurope, Février 2010, pages 35 à 40.
  • Le Nouvel Observateur avec AFP, Roms : Bruxelles « salue » les annonces du gouvernement, nouvelobservateur.fr, 22 Août 2012, 2 pages.
  • Niculescu, Luca, Roumanie : Roms en marge forcée, libération.fr, 11 Septembre 2012, 1 page.
  • Patier, Xavier, Roms : vers un assouplissement de l’accès au travail, Vie publique, 28 Août 2012, 1 page.
  • Ramel Audrey, Enfants de Roumanie Concrétiser les Droits de l’Enfant en Roumanie, droitsenfant.org, 5 décembre 2011, 5 pages.
  • RTL, Alain Juppé: « les conditions de vie des Roms en Roumanie et en Bulgarie sont inacceptables », RTL, 18 Août 2010 ,1 page.

La migration israélienne et ses aléas

Au sein du thème : PARTIR – VENIR : Voyage, mobilité, migration, les sujets liés aux migrations semblent abordés des questions cruciales idéologiques, économiques, sociales et politiques. Un cas intéressant abordant ce sujet utilise la problématique : La migration israélienne et ses aléas. Ce sujet est toujours d’actualité au vue de la place qu’il occupe médiatiquement. On se référera aux chiffres fournis par le Bureau Central des Statistiques  israélien pour montrer de quelles importances est l’immigration vers Israël. Le sujet pose également la question quelle place pour un peuple dispersé dans le monde, pour traiter cette question, on s’appuiera sur les auteurs André Chouraqui, Claude Franck et Michel Herszlikowicz. On étudiera également quelles difficultés rencontre la migration israélienne, on citera alors David Jortner. On élaborera notre argumentation de la façon suivante : On précisera d’abord les chiffres actuels de l’immigration vers l’Etat d’Israël, ainsi que de sa population, en comparaison au passé, par quels moyens l’immigration se fait-elle, quelles en sont les différentes causes et enfin qu’elles en sont les difficultés.

 

Constat

          L’immigration vers Israël est très importante pour un pays qui compte environ 7 797 400 d’habitants. Elle est cependant plus faible aujourd’hui que par le passé. En effet, selon les statistiques fournies par le Bureau Central des Statistiques (équivalent de l’INSEE en France), 16 892 migrants sont arrivés en Israël en 2011, contre 43 580 il y a seulement 10 ans. Depuis la dernière grande vague d’immigration issue de la chute de l’URSS (375 616 personnes pour 1990  et 1991), les effectifs de l’immigration n’ont fait que diminuer jusqu’à aujourd’hui. Ils se sont toutefois stabilisés8 depuis quelques années.

Les migrants vers Israël, appelés Olim, proviennent du monde entier. D’après les statistiques fournies par le Bureau Central des Statistiques, le nombre d’immigrés provenant d’Asie est faible : moins de 5% des effectifs en 2011 ce qui représente 871 migrants. Il en est de même pour l’Océanie avec 4,7% des effectifs. Pour l’année 2011, un nombre important d’immigrés proviennent d’Afrique (17,4% des effectifs), notamment d’Ethiopie avec 15,8 % des effectifs soit 2 666 personnes. C’est l’Europe qui représente la plus grande source d’immigration vers Israël avec 55% des effectifs soit 9 286 personnes, les principaux Etats étant la France avec 1 619, L’Ukraine avec 2 051 et enfin la Russie avec 3 678 de personnes. Egalement 2 363 personnes arrivent des Etats-Unis et 212 du Canada, en 2011, ce qui représente 15.3% des effectifs. Plus de 102 pays du monde sont représentés en Israël. Il y a donc une très grande diversité culturelle dans ce pays.

Aujourd’hui l’Etat Israélien compte 7 797 400 d’habitants, 5 874 300 d’entre eux sont de religion juive soit 76 % de la population. Les musulmans sont 1 600 100, soit 16,2 % de la population, auxquels s’ajoutent une minorité de chrétiens (2,1%) et druzes (1,6 %). Les musulmans sont une minorité du fait qu’entre 500 à 700 mille arabes ont fuient la partie Israélienne de la Palestine pendant la guerre d’indépendance de 1948. La croissance de la population israélienne est stable avec le taux de 1,8% qui n’a pas évolué depuis 2003. 10% de cette croissance sont dus à l’immigration. Au début des années 90 la croissance du pays était de 3%, l’immigration constituait alors 56% de la croissance. Depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, la population a été multipliée par plus de 8,5. L’Etat israélien comptait alors 806 000 habitants. (D’après  le Bureau Central des Statistiques)

Les facteurs d’unité sont donc essentiels pour cet Etat qui a une des plus grandes diversités culturelles dans le monde. Les immigrés sont pris en charge : « Les instances du Gouvernement et de l’Agence Juive ont investi des efforts et des sommes considérables pour les recevoir, les loger, les former, leur enseigner la langue, leur procurer des emplois dans l’agriculture et dans l’industrie, pour construire de nouvelles villes et de nouveaux villages, pour créer et développer des services publics, sociaux, scolaires, universitaires et fondre cette diversité dans l’harmonie d’un peuple nouveau » (André Chouraqui, L’Etat d’Israël. Que sais-je ? Presse universitaire de France, 1992, page 71). Précédemment, au XIX siècle Théodore Herzl, théoricien de l’Etat d’Israël et Eliezer Ben Yehouda qui en ressuscita la langue hébraïque, avaient posé les fondements de l’Etat d’Israël.

L’intégration des migrants est facilitée par des lois comme la Loi du retour qui stipule que tout Juif désirant immigrer en Israël, reçoit automatiquement la nationalité israélienne. La langue hébraïque y contribue également : chaque immigré doit l’apprendre. André Chouraqui affirme que « L’école et l’armée sont, dans la nation, les instruments privilégiés de l’intégration et de la fusion des communautés »

L’immigration est un phénomène qui joue un rôle majeur sur la démographie de l’Etat d’Israël : elle est source d’une grande diversité culturelle, mais également moteur de la croissance du pays. Quelles sont donc les causes de l’immigration vers Israël ?

 

Causes

          Il existe plusieurs causes à l’immigration vers l’Etat d’Israël. La plus évidente est l’immigration religieuse, appelée Alyah et qui signifie la montée ou l’ascension. Elle s’explique par le fait que depuis les temps bibliques, il existe un fort attachement du peuple juif à la terre de Canaan (appelée Judée, qui signifie pays des juive, lors de l’occupation romaine, et  Palestine depuis 135 ap JC).

La dispersion du peuple juif s’est produite en trois étapes, une première en 722 av JC, une deuxième en 597 av JC et une troisième lors de la répression romaine en 135, moment où Jérusalem fut détruite, après l’échec de la révolte juive, puis remplacée par une ville romaine. Un temple romain fut bâti à l’emplacement du second temple juif, détruit quelques décennies plus tôt, en 70. Il était alors interdit aux juifs de s’approcher de Jérusalem sous peine de mort. Durant cette période de nombreux juifs furent contraints à l’exil. Cependant plusieurs communautés juives restèrent en Terre d’Israël jusqu’à aujourd’hui.

En tout temps, les juifs de la diaspora gardèrent un lien étroit avec la Terre d’Israël et les communautés juives qui y sont présentent. Selon le Ministère des Affaires Etrangères de Jérusalem la nostalgie du retour est un thème principal de la vie juive ; le jour de la destruction du temple est un jour de deuil.

L’attractivité religieuse d’Israël s’explique également par le fait que Jérusalem est la capitale spirituelle de trois religions monothéistes : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. L’inviolabilité des Lieux Saints de toutes les religions est garantie par la loi.

Ainsi l’Alyah, pendant 1800 ans, n’a jamais cessé.  A la fin du XIX siècle, il restait environ 24 000 Juifs en Terre d’Israël et l’Alyah devint un fondement du sionisme qui apparait à cette époque. En effet, le mot sionisme a pour origine étymologique le Mont Sion qui surplombe Jérusalem et symbolise, depuis trois millénaires, les liens qui unissent le peuple juif et la Terre d’Israël. A la fin du XIX siècle les migrations juives vers la terre d’Israël augmentèrent. En effet, la recrudescence de l’antisémitisme en Russie et les pogroms qui l’accompagnaient poussent l’espérance messianique à s’affirmer sur un plan politique (soutenue en cela par des penseurs chrétiens tels qu’Henri Dunant qui apporta son soutien à Theodor Herzl). En Russie, les étudiants du groupe Bilu (syndicat d’étudiants), décidèrent d’aller fonder des colonies agricoles en Palestine qui était alors peu peuplée, en partie désertique et marécageuse (Selon André Chouraqui, L’Etat d’Israël. Que sais-je ? Presse universitaire de France, 1992, page 14). Lorsque l’immigration devint plus importante, l’Agence Juive consacra la majeure partie de ses activités à organiser l’Alyah : entre 1924 et 1931 l’Agence Juive prit en charge 82 000 immigrants, elle joua également un rôle important en matière d’éducation et de culture, en effet le nombre d’écoles permettant l’enseignement de l’hébreu quadrupla de 1929 à 1948. Claude Franck et Michel Herszlikowicz précisent qu’à côté de l’Agence juive, l’organisation Keren Kayemeth Le Israël (Fonds national juif) œuvra au rachat de terres et à leur mise en valeur.

Si l’Alyah est un choix lié à la motivation idéologique pour beaucoup d’immigrés venant de pays occidentaux, ceux qui arrivent d’Asie, d’Afrique ou d’Europe orientale fuient les conditions hostiles qu’ils subissent dans leur pays.  La pauvreté  et l’antisémitisme entrainent le fait qu’ils occupent le bas de l’échelle sociale, notamment dans certains pays arabes où ils ont un statut particulier (dhimmitude). Un grand nombre de juifs en sont partis depuis longtemps. Les persécutions sont une cause récurrente de l’immigration vers Israël depuis l’affaire Dreyfus jusqu’à la tuerie de Toulouse, en passant par les pogromes russes et la Shoa. L’immigration due aux persécutions ne concerne pas uniquement le peuple juif mais également d’autres minorités, par exemple, les réfugiés du Darfour qui ont fui le Soudan.

On a vu que le gouvernement israélien, avec l’aide de l’Agence Juive, se donne les moyens d’accueillir un grand nombre d’immigrés, qui représentent à l’heure actuelle 10% de la croissance du pays (et plus dans le passé). Cela constitue une partie de l’attractivité de l’Etat d’Israël.

Pour être attractif, l’Etat d’Israël doit également avoir une économie moderne. Et il est nécessaire que ce pays soit doté de technologie.L‘industrie israélienne est récente et s’est développée rapidement. Elle est devenue concurrentielle sur les marchés d’Europe et d’Amérique. L’industrie israélienne est moderne, notamment l’industrie électrique et électronique, ainsi que celle de l’aéronautique qui répond à la nécessité de défense du pays, en produisant des avions de combat et exportant des avions civils. (André Chouraqui, L’Etat d’Israël. Que sais-je ? Presse universitaire de France, 1992).

L’essentiel du commerce extérieur d’Israël se fait avec l’Union européenne, suivie des Etats-Unis et du Royaume-Unis. Les principaux secteurs qui rapportent de l’argent au pays, sont par ordre d’importance : les diamants, le tourisme, l’armement et l’aéronautique, l’agro-alimentaire, les télécommunications, l’électronique, les produits pharmaceutiques, la chimie et la pétrochimie, et enfin les industries de haute technologie. (D’après le Site www.terredisrael.com).

L’Etat d’Israël est également un grand exportateur en ingénierie de l’eau (le dessalement, l’irrigation, ainsi que le recyclage des eaux usées). L’agriculture israélienne est l’une des plus performantes au monde, cela s’explique en grande partie par l’application de technologies de pointes : le goutte à goutte et les plantes génétiquement modifiées pour lutter contre la salinité et la chaleur. Le pays est à 50% désertique, l’autosuffisance alimentaire est donc un impératif. (Selon Arielle Delest, La France Agricole 3445-33-27 Juillet 2012).

Il est important de préciser que l’Etat d’Israël est un pays démocratique et, étant tourné vers l’éducation et la recherche, l’IDH y est élevé : 0,9. En matière de développement, l’Etat d’Israël est donc placé dans la catégorie des pays du nord.

En somme, les causes de l’immigration vers Israël sont la motivation religieuse et sa vocation d’Etat refuge. Mais son économie moderne et sa démocratie contribue également  à son attractivité. Cependant l’émigration est présente en Israël et l’arrivée massive d’immigrés clandestins sont un frein pour l’immigration israélienne.

 

Difficultés

          Une des difficultés majeures de la démographie d’Israël est l’émigration. En effet beaucoup d’israéliens quittent Israël : on les appelle les « Yordim ». Le profil des personnes qui quittent Israël est différent de celui des personnes qui arrivent. La plus grande partie de ces émigrants sont d’origine juive même si des Israéliens non juifs quittent le pays également.  On comptait récemment environ 25 000 « Yordim » par an, selon le quotidien Yediot Aharonoth, depuis la création de l’Etat, 641 950 Israéliens ont quitté le pays ce qui représente un chiffre assez important pour le pays. En revanche on ne distingue pas de vagues d’émigration comparables à celle de la chute de l’URSS pour l’immigration. Il n’y a donc pas eu de crise majeure qui a fait partir les habitants d’Israël. Le taux d’émigration est d’environ de 3 à 5 pour 1000 habitants par an.

La deuxième difficulté est l’immigration illégale. Certains immigrés ne sont pas les bienvenus en Israël comme par exemple les immigrés illégaux sud-soudanais, érythréens ou ivoiriens. Israël a mis en place une politique de « retour à la maison » pour lutter contre cette immigration illégale. Cette politique vise principalement les immigrés africains arrivés illégalement. Le gouvernement a mis en place une  aide qui permettait aux immigrés, qui quittaient Israël avant une date, de toucher de l’argent (500 dollars par adulte et 100 dollars par enfant). Cette mesure encourageait donc les immigrés clandestins à rentrer dans leur pays. Les personnes qui sont trouvées sans papier sont renvoyées le plus souvent par avions dans leur pays d’origine. La politique du « retour à la maison » d’après Benyamin Nétanyahou le premier ministre israélien vise principalement les sud soudanais et les ivoiriens car leur pays n’est plus en guerre. Certaines personnes arrêtées sont envoyées en prison. Les immigrés illégaux africains posent donc un problème à l’Etat d’Israël. Mais celui-ci essaye de mettre en place des aménagements pour ces immigrés comme des parcs ou des écoles mais cela coûte cher à Israël ; L’Etat essaye donc de renvoyer ces immigrés dans leur pays d’origine, toutefois quelques familles, notamment avec des enfants, sont parfois régularisées.

Un autre problème à l’immigration vers Israël est que le nombre de personnes susceptibles de rejoindre Israël est de plus en plus bas. Depuis la « grande Alyah » d’URSS et son million de juifs arrivés vers Israël il n’y a plus eu de grande période d’immigration. On se demande donc si l’Etat est toujours aussi attractif pour les juifs. Israël cherche donc à attirer les juifs du monde entier. Pour cela l’Etat propose des aides au logement, prêts préférentiels, éducation et santé prises en charge, privilèges fiscaux. Israël encourage également le « retour au pays »  des personnes qui ont quitté Israël depuis plus de cinq ans. Enfin, L’Etat met en place des programmes permettant aux juifs étrangers de découvrir Israël.

Les « réservoirs d’immigration » ne sont pas totalement vides : selon le quotidien La Croix on compte par exemple 900 000 immigrants potentiels en Ex-URSS, la communauté juive de France s’élève à 500 000 et celle des Etats-Unis serait proche de 5 millions. Les « réservoirs » ne sont donc pas totalement vides, il suffit qu’Israël trouve comment attirer cette communauté juive.

 

Ainsi ce dossier documentaire répond à  la problématique : La migration israélienne et ses aléas. L’immigration vers Israël joue un rôle important sur la démographie du pays, comme le montre les données fournies par le Bureau Central des Statistiques. En effet, elle est la base de la diversité culturelle du pays et un moteur de sa croissance. L’immigration est permise par des organisations telles que l’Agence juive mais également par la politique du gouvernement israélien. L’attractivité de l’Etat d’Israël  est d’abord idéologique, mais surtout religieuse : le ministère des affaires étrangères de Jérusalem explique les liens qui existent entre le peuple juif et la terre d’Israël, liens qui n’ont pas disparu. André Chouraqui explique cette attractivité par le fait qu’Israël est tourné vers l’éducation et la culture, mais également par le fait qu’Israël est un pays démocratique, qui possède une économie moderne. La pauvreté et les persécutions sont également des causes de l’immigration. Toutefois l’émigration est présente dans l’Etat d’Israël, mais la principale difficulté est l’immigration illégale. Bien que depuis la chute de l’URSS il n’y a plus eu de grandes vagues migratoires vers Israël, David Jortner affirment que l’Etat d’Israël met en œuvre d‘importants moyens pour rester attractif aux yeux de la communauté juive.

Chevalier Jérémie

Simon Alexis

 

 Bibliographie

  • Bruguière, Peggy. France 24 [en ligne]. 25/07/2012, [consulté le 3 décembre 2012]. Témoignage d’un immigré Ivoirien rentré d’Israël : « J’ai quitté Tel Aviv avant l’ultimatum pour ne pas subir la honte ». Disponible sur http://observers.france24.com/fr/content/20120725-cote-ivoire-abidjan-israel-tel-aviv-immigrants-expulsion-ultimatum-refugies-visa-travail
  •  Cb. Altermedia France [en ligne]. 13/09/2005, [consulté le 7 décembre 2012]. Les “yordim” quittent le navire. Disponible sur http://fr.altermedia.info/general/les-yordim-quittent-le-navire_7706.html
  •  David, Joël. La-croix.com [en ligne]. 26/1/2010, [consulté le 3 décembre 2012]. Les réservoirs d’immigration vers Israël s’épuisent. Disponible sur http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Les-reservoirs-d-immigration-vers-Israel-s-epuisent-_NG_-2010-01-26-545777
  •  Frank, Claude et Herszlikowicz, Michel. LE SIONISME. Que sais-je ? Presse universitaire de France, 1992 page 11-12 sur 128 III Permanance de la présence juive en Terre d’israël malgré la dispersion
  •  Frank, Claude et Herszlikowicz, Michel. LE SIONISME. Que sais-je ? Presse universitaire de France, 1992 page 54-56 sur 128 2) L’agence juive a)
  •  Jortner, David. Hamodia [en ligne]. 5/01/2011, [consulté le 3 décembre 2012]. Olim et Yordim : Le peuple juif reste en mouvement. http://www.hamodia.fr/article.php?id=1737
  •  lemondepolitique.fr [en ligne]. [consulté le 5 décembre 2012]. La création de l’état d’Israël. http://www.lemondepolitique.fr/culture/creation-etat-israel
  •  Terredisrael [en ligne]. [consulté le 5 décembre 2012]. La population israélienne en 2010. http://www.terredisrael.com/ISRAEL_population.php
  • Zecchini, Laurent. Le monde International [en ligne].  21/06/2012 [consulté le 5 décembre 2012]. En Israël, les expulsions d’immigrés africains illégaux ont commencé. http://www.lemonde.fr/international/article/2012/06/21/en-israel-les-expulsions-d-immigres-africains-illegaux-ont-commence_1721712_3210.html
  •  André Chouraqui. L’Etat d’Israël. Que sais-je ? Presse universitaire de France, 1992, pages 71-72 sur 128, B) l’Intégration des immigrants.
  • André Chouraqui. L’Etat d’Israël. Que sais-je ? Presse universitaire de France, 1992, page 14 sur 128, B) l’Intégration des immigrants.
  • Della Pergola Sergio. Le système mondial de migration juive en perspective historique. Revue européenne des migrations internationales, 1996 page 21-22 sur 31.
  • Arielle Delest. La science sécurise la performance, La France agricole 3445, 27 Juillet 2012.Ministère des affaires étrangères de Jérusalem. Faits et chiffres Israël. 1973, page 31 sur 204.Central Bureau of Statistics