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Les Enjeux de l’agriculture conventionnelle

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Los muertos crew, 17/05/2021, tracteur et pesticides, Pexels

L’agriculture dite conventionnelle est l’agriculture la plus présente dans le monde, celle-ci a subi une expansion importante à la suite de la Seconde Guerre mondiale à cause des pertes importantes en main d’œuvre qu’il y a eu. Cette agriculture regroupe tous les types d’agriculture excepté l’agriculture biologique. Aujourd’hui, l’agriculture conventionnelle peut être définie comme une agriculture pour laquelle l’utilisation de produits chimiques est autorisée pour traiter et prévenir des maladies mais aussi des insectes nuisibles aux cultures. Ce type d’agriculture induit beaucoup de débat au sein de la société, entre agriculteur et consommateur, la vision des choses est très différente, on peut alors se demander dans quelle mesure la consommation d’aliments issus d’une agriculture conventionnelle a-t-elle un impact sur la santé des populations mais aussi sur l’économie des pays occidentaux depuis les années 1960 ?

Notre santé en danger ?

L’agriculture conventionnelle peut avoir un impact sur la santé. En effet, cette dernière cherche à produire beaucoup sans se soucier de la qualité, en utilisant des pesticides comme le glyphosate qui sont des substances actives agissant sur des organismes vivants pour les détruire et les contrôler. Dans le cas du glyphosate, c’est un désherbant utilisé pour supprimer les mauvaises herbes, comme les plantes vivaces, invasives, allergènes ou toxiques des champs qui n’ont pas encore été semés. Or, cette molécule présente un danger pour la santé.  C’est pourquoi  les autorités européennes ont  décidé d’interdire sa commercialisation à partir du 15 décembre 2022. De plus, une étude de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et de l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) montrent que 35 molécules de pesticides sont retrouvées dans l’air ambiant à des teneurs très faibles, pour le glyphosate par exemple on en a trouvé dans 56% des mesures. Nous pouvons aussi prendre l’exemple des vignes françaises qui utilisent beaucoup de pesticides lors de la culture, les résidus de pesticides sont en parti éliminé lors du processus de vinifications, mais d’après une étude du ministère de l’Agriculture en 2005, sur 10 substances chimiques utilisé par le viticulteur 3 seraient encore présente dans le vin final. C’est pourquoi ces produits présentent des risques pour la santé car ces derniers sont suspectés d’être à l’origine de cancers, de mutations génétique, de toxicité de l’appareil reproductif et de perturbateurs endocriniens pour l’homme à des doses bien plus élevées que celle retrouvée dans l’atmosphère.

De plus, certains agriculteurs  utilisent des hormones de croissance qui présentent aussi des risques pour la santé. Ces derniers sont utilisés afin que l’animal produise plus de viande maigre qui est préférée par les consommateurs c’est-à-dire avec des filaments graisseux qui la rendent plus tendre… mais cette viande est moins bonne pour la santé humaine. Cette pratique va être interdite par l’Europe ce qui  provoque des conflits avec les Etats-Unis qui vont donc augmenter leurs taxes sur les produits européens tels que le roquefort pour riposter.

L’économie face à l’agriculture

L’économie des pays occidentaux est, elle aussi, impactée par l’agriculture,une dépendance à cette production intensive c’est créée, si par malheur une bactérie ou un produit chimique contamine une culture c’est tout une économie qui s’effondre, il existe en effet un équilibre fragile entre agriculture et économie. Malgré cette forte production, depuis les années 1970, le nombre de personnes souffrant de la faim est resté le même (environ 800 millions). Le système de la grande industrie alimentaire favorise la surproduction et ne parvient pas à nourrir l’humanité. Les petits exploitants contestent le système de ces géants de l’industrie, ils appellent à réinventer le système alimentaire. En effet, l’agriculture conventionnelle utilise des ressources fossiles, elle favorise l’érosion génétique à cause des techniques de monoculture et avec les changements climatiques, l’avenir de l’agriculture est bien sombre…Mais nous pouvons rester optimistes car tout ceci devrait finalement nous conduire à privilégier la résilience sur la performance.

La fin des années 1990 est marquée par une succession de crises sanitaires à forts retentissements médiatiques (comme la crise des lasagnes à la viande de cheval). La prise de paroles des médias sur ce sujet touche alors extrêmement les consommateurs et provoque une crise de confiance, les gens sont hantés par les appels anxiogène à “surveiller” leur assiette et les consommateur demande donc une plus grande transparence quant à la composition des aliments. On crée des organisations qui administrent des risques alimentaires comme l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) pour limiter le plus possible l’apparition de nouvelles crises.

De plus, comme les organisations essaient d’interdire la commercialisation de certains pesticides, les industries font tout leur possible pour convaincre les agriculteurs qu’ils ne peuvent pas avoir une meilleure culture qu’en utilisant des pesticides. Cela ralentit donc beaucoup les organisations dans leurs luttes contre les pesticides. Pour les grandes industries chimiques c’est la faillite assurée si ils ne peuvent plus vendre leurs produits, dans le cas de l’interdiction de commercialisation du glyphosate, cela peut mettre les entreprises qui le fabriquent dans des situations difficiles et leur faire mettre la clé sous la porte.

Différentes alternatives à l’agriculture conventionnelle 

L’agroécologie est un courant de pensée qui repose sur trois notions, l’agroécosystème, la coévolution sociale, et la mise en avant de savoirs et pratiques des paysans. Il s’agit d’un outil de transformation qui ne se limite pas. Il met en avant l’agriculture biologique, et ce qu’on répond à ceux qui disent que cette agriculture ne peut pas nourrir la planète et bien c’est que la productivité de l’agroécologie est meilleure que l’agriculture conventionnelle d’après de nombreuses études, il faut seulement calculé le rendement différemment puisque l’agroécologie combine différentes cultures. Si on convertissait toutes les terres en agroécologie, il y aurait de quoi nourrir la planète. Si cette façon de cultiver est la bonne alors pourquoi est ce qu’elle ne se développe pas plus rapidement? Et bien l’agroécologie ne fait pas travailler l’industrie agroalimentaire, elle utilise seulement ce que la nature lui offre et valorise les circuits courts de distribution. Pour qu’elle se développe il faudrait que la totalité des aides donné aux agriculteurs soient pour l’agroécologie, actuellement c’est les agriculture intensive qui en bénéficie le plus. 

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Anna Shvets, 15/08/2020, agriculteurs dans un champs, Pexels

Pour revenir sur l’exemple du  glyphosate, l’alternative est de labourer le champ avant de semer. Or, cette pratique est désormais bien connue pour être néfaste pour les sols et le climat. Ce qui provoque un paradoxe entre l’utilisation de glyphosate ou la pratique du labourage des champs. 

Tout cela reste encore difficile il faut trouver un point d’équilibre pour que les agriculteurs et les géants de l’industrie agroalimentaire trouvent leur compte, mais comme nous l’avons vu cela n’est vraiment pas facile, cela mettra encore plusieurs années.

Pour aller plus loin

voici deux reportages de « c’est pas sorcier » sur les pesticides et un autre sur l’agriculture biologique

Lara Lecoultre et Lucie Mougin

  • Agriculture et alimentation, Problèmes économiques n°3135, 01/06/2016, p5-43. ISSN 0032-9304
  •  Alet, Claire. Le vin français va-t-il décrocher des pesticides ?. Les Dossiers d’Alternatives économiques n°011, 09/2017, p.76-79. ISSN 2426-8313
  • Chauveau, Loïc. Interdiction du glyphosate: les solutions alternatives sont dans l’ornière. Sciences et Avenir n°884, 10/2020, p.64-64. ISSN 0036-8636
  • Conseil national de l’alimentation. Frise chronologique d’une petite histoire de l’alimentation française [en ligne], le consumérisme. Conseil national de l’alimentation, 01/06/2017 [consulté le 05/03/2019]. Disponible à l’adresse : http://www.desk53.com.fr/TMP/QUAE_CNA/P01a.xhtml
  • Conseil national de l’alimentation. Frise chronologique d’une petite histoire de l’alimentation française [en ligne], Que voulons-nous manger. Conseil national de l’alimentation, 01/06/2017 [consulté le 05/03/2019]. Disponible à l’adresse : http://www.desk53.com.fr/TMP/QUAE_CNA/P01a.xhtml
  • Conseil national de l’alimentation. Frise chronologique d’une petite histoire de l’alimentation française [en ligne], Risque et Société. Conseil national de l’alimentation, 01/06/2017 [consulté le 05/03/2019]. Disponible à l’adresse : http://www.desk53.com.fr/TMP/QUAE_CNA/P01a.xhtml
  • Correspondance économique. L’Institut Montaigne présente un rapport intitulé « En campagne pour l’agriculture de demain”. 
  • Randimbivolona, Clio. Peut-on se fier à ce qu’il y a dans notre assiette ?. Les Dossiers d’Alternatives économiques n°011, 09/2017, p.73-75. ISSN 2426-8313
  • REVERET, J.-P., PELTIER, J. & BOUDIER, H. (1981). De l’agriculture conventionnelle à l’agriculture écologique, vers un nouveau paradigme. Sociologie et sociétés, 13(1), 49–62. https://doi.org/10.7202/001631ar
  •  Problèmes économiques Dila, Paris 2016, Sources: Aercke A. (2015), “baisse de la faim dans le monde”, Le Figaro, 27 mai; FAO, FIDA et PAM(2015), L’état alimentaire dans le monde 2015; ministère de l’Agroalimentaire et de la Forêt, www.agriculture.gouv.fr 

Une réponse sur « Les Enjeux de l’agriculture conventionnelle »

Le sujet est bien abordé sur un plan de sensibilisation au conditions de productions agricoles, ainsi que ses effets sur l’environnement. Les alternatives sont biens présentées et m’ont poussé à m’intéresser sur le sujet qui mérite une attention particulière en France à mon avis en vue de notre situation agricole.

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