L’innovation industrielle : facteur de mutations territoriales

L’Industrie donne un point de vue sur la mutation des territoires, glorieux passé, mutations actuelles et enjeux de demain. Quel est l’impact des innovations sur les territoires ?

Mutations des territoire : l’angle des cartes

En France, le territoire suit l’évolution du pays. A la fin du XVIIIe siècle, durant la première révolution industrielle les usines sortent de terre et transforment tant spatialement, économiquement et socialement les territoires où elles émergent. Des pôles d’activités se dégagent en fonction des ressources disponibles : le Bassin houiller de la Loire, le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais ou bien même la soierie à Lyon. Ce phénomène de croissance est appuyé au début du XXe siècle avec l’apparition de l’automobile comme pour Peugeot et la région Nord-Franche-Comté-Sud-Alsace. Cependant, par différents facteurs : numérisation, robotisation, crises économiques … Les territoires urbains doivent subir une mutation car nombre d’usines voire même secteurs d’activités cessent de fonctionner, de cette façon, l’économie industrielle ainsi que l’augmentation des personnes sans emplois demandent une transformation des activités et aussi des industries.

La représentation cartographique témoigne des rééquilibrages régionaux qui s’opèrent entre 1975 et 2012. La « frontière historique, suivant la diagonale Le Havre / Marseille, qui a organisé pendant longtemps la géographie industrielle française », n’existe plus.

Source : geoconflences.ens-lyon.fr

Source : geoconflences.ens-lyon.fr

En observant les bassins ex-industriels et tradi-industriels nous nous rendons compte que l’activité industrielle fut une propriété de l’Est de la France avec une ligne Grenoble-Caen. Cependant on note aussi la formation des territoires néo-industriels à l’Ouest. Autre fait marquant, le Sud ne semble presque pas affecté par l’industrialisation.

Cependant, toutes les industries ne sont pas crées mais peuvent être réorganisées à partir d’anciennes industries. Cependant, ce phénomène n’est pas beaucoup employé.

Source : geoconfluences.ens-lyon.fr

Source : geoconfluences.ens-lyon.fr

 

Comme noté auparavant, on se rend compte que la croissance industrielle s’est déplacée de l’Est à l’Ouest et que ces territoires ex-industriels peinent à se transformer pour garder une économie industrielle et sont donc obligés de s’orienter vers d’autres économies.

Ainsi, la France est un territoire en transformation où l’industrie représente une gloire passée dans certains territoires, transmise par les friches industrielles toujours présentes et un enjeux de demain pour d’autres.

Le prisme du football :

Alors que les innovations industrielles ont un impact direct sur les territoires et la société via la création et le développement d’usines, elles ont aussi eu un autre impact sur la société mais cette fois-ci indirectement par la création de clubs de football. Pour comprendre cela, plongeons au début du XXe siècle alors que les industries connaissent un âge d’or, une loi promulguant un repos de 24H après 6 jours de travail est accordée. Sous l’influence de plusieurs facteurs, comme pour éviter que les ouvriers tombent dans l’alcoolisme ou la dépendance aux jeux, sous le charme d’un nouveau sport qui s’étend depuis la Grande-Bretagne et pour permettre à ces ouvriers de pratiquer une activité physique collective, plusieurs usines décident de fonder leur propre club de football. Ces clubs deviennent ainsi l’emblème des ces usines voire même d’une industrie en général, par exemple : le Football Club Sochaux-Montbéliard et les usines Peugeot, l’Association Sportive de Saint-Étienne et le groupe de grande distribution Casino, le Stade de Reims fondé par la maison de Champagne Pommery & Greno ou bien le Racing Club de Lens et l’industrie minière. Ce processus de fondation de clubs par des entreprises est d’autant plus marqué dans des pays comme l’Angleterre ou les pays ex-communistes. Ces clubs sont aussi devenu l’emblèmes des territoires et de leur société. En effet, aujourd’hui ces villes comme Sochaux (Montbéliard dans une moindre mesure),  Lens, Saint-Étienne ou même Guingamp sont connues d’un grand nombre de personnes par leur équipe de foot. Au fur et à mesure que les clubs « ouvriers » ont grandi, c’est tout un territoire qui s’est développé autour du stade. L’activité des villes comme la vie des ouvriers étaient ainsi polarisées en trois pôles : la maison, l’usine et le stade de football. Ce-dernier représentait alors le lieu par excellence des rapports sociaux entre tous les individus. Quand-bien même les industries ferment, les clubs de football véhicules toujours ces identités locales. N’oublions pas, « The beautiful game » montre encore une fois qu’il est plus qu’un sport par son impact économique et social.

Les territoires de demain :

La mutation des territoires est donc omniprésente et toujours d’actualité. Après l’industrialisation, le développement quantitatif des logements, la conversion des usines en services et, plus tard, la transformation qualitatif cette fois des logements placent maintenant à la connectivité et à l’environnement. Pour certaines marques « Smart is the New Green », cela « témoigne pourtant d’une révolution dans la manière de concevoir les services urbains, à base de capteurs, de données relevées en temps réel et agrégées sur des plates-formes numériques de gestion. » pour Grégoire Allix, directeur adjoint de la rédaction du Monde. « De plus en plus de villes sont demandeuses : leurs ressources s’étiolent, obligeant à rechercher des économies, et leurs réseaux de transport ou d’énergie, saturés, explosent. Cette mutation oblige les acteurs industriels à repenser leur métier et à multiplier les partenariats, notamment avec des start-up innovantes. ». Notre époque veut que tout va vite dans l’innovation, ainsi, nombre d’entreprises ne sont plus capables de suivent ce rythme et sont obligées de se mettre en partenariat avec des start-ups où l’innovation est leur seule essence. La mutation des territoires urbains vers des villes intelligentes représente une nouvelle opportunité de marché croissante. En effet, d’après la Consumer Technology Association, organisatrice d’un salon de l’électronique grand public à Las Vegas, le marché mondial des villes connectées devrait passer de 12 milliards d’euros en 2015, à 29 milliards en 2020. C’est dire si l’effervescence autour des innovations urbaines va bien au-delà des 1 000 mètres carrés de la zone « smart cities ». Les enjeux sont double pour les entreprises : créer une ville intelligente connectée tout en minimisant son impact sur l’environnement mais qui continue encore à l’heure actuelle de questionner. Notamment pour Emmanuel Schneider, directeur de l’accélération numérique chez Cisco Systems France, pour qui nous sommes « dans une nouvelle phase de maturité de la ville intelligente, [nous ne pensons] plus que la technologie va tout solutionner : la smart city pose des questions de gouvernance, de financement. ». L’innovation continue mais son application est comme souvent, limitée par l’économie mise en place.


Bibliographie :

BELPOIS Mattéo

3 réflexions sur « L’innovation industrielle : facteur de mutations territoriales »

  1. Bonjour,
    Après avoir lu ton article j’ai constaté qu’il était très bien construit et que l’on voit que tu connais ton sujet sur le bouts des doigts.
    Bravo et continu comme ça !
    Alla GABRIELYAN

  2. Le choix du sujet est intéressent, nous ne connaissons souvent pas le coté géographique de l’innovation industrielle. Il l’est d’autant plus avec le liens avec le football. La lecture se fait plutôt facilement également. Bon article.
    BOURGOIN Delphine

  3. Bonjour,
    Je trouve que tu as très bien choisis ton sujet, car cela est un sujet d’actualité. On peut voir que tu connais très bien ce sujet et qu’il est construit de manière simple mais éfficace, l’ajout du Football dans ton article est d’autant plus remarquable !
    BRUILLARD Bastien

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